Hantavirus : le maire de Marray (37) redoute un retour du couple cas contacts

Philippe Capon alerte sur la charge logistique pour sa commune de 496 habitants si Julia et Roland Seitre rentrent effectuer leur quarantaine à domicile

Hantavirus : le maire de Marray (37) redoute un retour du couple cas contacts
Illustration Camille Bodin / info.fr

Le maire de Marray (Indre-et-Loire) exprime ses inquiétudes face au souhait de Julia et Roland Seitre, cas contacts de l'hantavirus des Andes, de rentrer dans leur résidence secondaire. Pour cette commune rurale de 496 habitants, la perspective d'un confinement à domicile soulève des questions logistiques et sanitaires sans réponse claire de l'État.

Le maire de Marray (Indre-et-Loire) exprime ses inquiétudes face au souhait de Julia et Roland Seitre, cas contacts de l’hantavirus des Andes, de rentrer dans leur résidence secondaire. Pour cette commune rurale de 496 habitants, la perspective d’un confinement à domicile soulève des questions logistiques et sanitaires sans réponse claire de l’État.

L’essentiel

  • 22 cas contacts : hospitalisés en isolement en France, dont Julia (63 ans) et Roland Seitre (68 ans), résidents ponctuels de Marray, après leur présence sur le MV Hondius.
  • 3 décès : recensés depuis le début de l’épidémie d’hantavirus des Andes à bord du navire, parti d’Ushuaia le 1er avril 2026.
  • 496 habitants : c’est la taille de Marray (données INSEE 2023), commune que le maire Philippe Capon décrit comme incapable d’absorber seule les contraintes d’une quarantaine à domicile.
  • 14 jours minimum : durée de quarantaine hospitalière imposée aux cas contacts, avec tests négatifs requis avant tout retour à domicile, selon un décret du 11 mai 2026.
  • Aucune mesure locale n’est encore arrêtée à Marray pour organiser un éventuel retour du couple, selon La Nouvelle République.

Un couple connu au village, hospitalisé à Paris

Julia et Roland Seitre passent six à sept mois par an à Marray. Anciens vétérinaires, journalistes spécialisés en biodiversité et auteurs de reportages pour National Geographic et Paris Match, ils sont décrits comme bien intégrés dans la communauté locale. Fin mars 2026, ils embarquent sur le MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaia, en Argentine, le 1er avril.

Les premiers symptômes d’hantavirus des Andes apparaissent à bord le 6 avril chez un passager néerlandais. L’OMS confirme une transmission interhumaine, rare pour cette souche. Le bilan s’établit à sept cas confirmés au 4 mai et trois décès. Les Seitre, identifiés comme cas contacts, sont rapatriés et placés en isolement à l’hôpital Bichat, à Paris. Ils ne présentent pas de symptômes manifestes à ce stade, selon Franceinfo.

Le couple insiste sur le faible risque de contagion de l’hantavirus des Andes et exprime le souhait de rentrer à Marray pour y finir leur quarantaine. Leur propriété, isolée, leur semble adaptée, selon Le Parisien.

« Une charge hyper lourde » pour le maire

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Philippe Capon, maire de Marray depuis plusieurs années, ne conteste pas la légitimité du couple à rentrer. Il alerte sur la capacité réelle de sa commune à gérer les contraintes que cela implique. « Une situation hyper lourde », dit-il à Franceinfo, en l’absence de directives précises de l’État.

Pour une commune de 496 habitants sans moyens sanitaires propres, organiser un protocole de confinement à domicile - surveillance, accès restreint, coordination avec les autorités de santé - représente une charge hors norme. Capon est en contact régulier avec les autorités sanitaires et le couple pour anticiper les prochaines étapes, selon La Nouvelle République. Mais à la mi-mai 2026, aucune mesure concrète n’est encore arrêtée.

Parallèlement, le maire appelle à ne pas céder à la psychose. Il souligne la solidarité locale envers les Seitre, selon Actu.fr. Le couple est connu, respecté. La peur n’est pas absente pour autant.

Le village entre prudence et solidarité

La couverture médiatique nationale a amplifié les tensions. Le maire lui-même confie à La Nouvelle République qu’il « subit comme tout le monde » l’emballement médiatique autour de l’affaire. Marray, village discret du nord de la Touraine, s’est retrouvé en quelques jours sous les projecteurs.

Certains habitants craignent un retour du virus dans la commune, comme le rapporte BFMTV. D’autres, plus proches du couple, estiment que leur propriété constitue un cadre idéal pour une quarantaine sereine, loin de l’hôpital parisien.

Cette situation n’est pas sans rappeler d’autres crises sanitaires locales récentes. En Indre-et-Loire comme ailleurs, les petites communes se retrouvent en première ligne sans toujours disposer des outils pour y répondre. À titre de comparaison, un cas isolé d’hantavirus Puumala dans les Ardennes avait récemment mobilisé les autorités hospitalières départementales, ou encore une suspicion d’hantavirus dans les Alpes-Maritimes qui avait conduit à un transfert vers Marseille.

Contexte dans l’Indre-et-Loire

Marray est une commune rurale du nord du département, à une vingtaine de kilomètres de Tours. Avec 496 habitants (INSEE 2023), elle fait partie des petites communes tourangelles dont les ressources administratives et sanitaires locales sont limitées. Elle ne dispose pas de cabinet médical en propre.

L’Indre-et-Loire compte plusieurs communes de taille comparable confrontées, en cas de crise, à la même problématique : absence de relais sanitaire de proximité, dépendance aux instructions préfectorales, isolement géographique relatif.

Au plan national, les hantavirus sont présents en France depuis les années 1980. Santé publique France recense environ 100 cas annuels en moyenne, principalement le virus Puumala dans le quart nord-est du pays (2 046 cas de 2005 à 2024). L’hantavirus des Andes, lui, n’avait jamais été rapporté en France avant l’épidémie du MV Hondius. Sa particularité : une transmission interhumaine confirmée par l’OMS, contrairement aux souches européennes habituellement transmises par les rongeurs.

Cette dimension inédite explique en partie les inquiétudes de Philippe Capon : il n’existe pas de précédent local pour guider la gestion d’un tel cas à l’échelle d’un village. La gestion des alertes sanitaires en milieu peu dense pose des questions similaires dans d’autres territoires français, avec des réponses institutionnelles souvent fragmentées.

Un décret du 11 mai, mais peu de visibilité locale

Le cadre réglementaire a évolué. Un décret du 11 mai 2026 renforce les mesures d’isolement applicables aux cas contacts de l’hantavirus des Andes, selon Libération et RFI. Les 22 cas contacts français hospitalisés doivent observer une quarantaine d’au moins 14 jours et présenter des tests négatifs avant tout retour à domicile.

Ces règles s’appliquent au couple Seitre. Mais leur traduction concrète à l’échelle de Marray - protocole de surveillance, périmètre de sécurité, coordination avec l’ARS Centre-Val de Loire - n’a pas encore été précisée publiquement. Le maire attend des instructions claires, selon Franceinfo et Actu.fr.

Le Figaro précise par ailleurs qu’une femme parmi les cas français rapatriés a été testée positive à l’hantavirus des Andes. Les Seitre ne sont pas dans ce cas à ce stade.

Prochaine étape

Un retour à Marray pourrait intervenir d’ici deux semaines selon les informations disponibles, sous réserve de tests négatifs et d’un protocole validé par les autorités sanitaires. Philippe Capon attend une réunion de coordination avec l’ARS avant de se prononcer sur les mesures locales à mettre en place, selon La Nouvelle République.

Sources

Camille Bodin

Camille Bodin

Camille est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Indre-et-Loire (37), avec Tours pour chef-lieu. Spécialité du département : châteaux de la Loire UNESCO et viticulture. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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