Hantavirus à Paris : une Française en réanimation à Bichat, isolement renforcé pour 22 cas contacts
Rapatriée du MV Hondius le 10 mai, une patiente positive est stabilisée à l'hôpital Bichat (18e). Un décret impose 42 jours d'isolement pour les cas contacts.
Une Française rapatriée du navire de croisière MV Hondius est hospitalisée en réanimation à l'hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris, depuis le 10 mai 2026. Elle est le premier cas confirmé d'hantavirus Andes sur le territoire français. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés et placés en isolement.
Une Française rapatriée du navire de croisière MV Hondius est hospitalisée en réanimation à l’hôpital Bichat, dans le 18e arrondissement de Paris, depuis le 10 mai 2026. Elle est le premier cas confirmé d’hantavirus Andes sur le territoire français. Vingt-deux cas contacts ont été identifiés et placés en isolement.
L’essentiel
- Premier cas confirmé : une Française testée positive à l’hantavirus Andes, en réanimation stable à l’hôpital Bichat (Paris 18e) depuis le 10 mai 2026.
- Cinq rapatriés : cinq Français évacués de Tenerife par vol sanitaire le 10 mai ; les quatre autres testés négatifs mais maintenus en isolement à Bichat.
- 22 cas contacts identifiés : 8 sur un vol Sainte-Hélène - Johannesburg du 25 avril, 14 sur un vol Johannesburg - Amsterdam, tous en quarantaine renforcée.
- Décret n° 2026-364 du 10 mai 2026 : isolement obligatoire jusqu’à 42 jours, amende de 1 500 € en cas de non-respect.
- Foyer d’origine : le MV Hondius recense au moins 8 cas confirmés et 3 décès à bord depuis son départ d’Ushuaia le 1er avril 2026.
Le rapatriement du 10 mai : de Tenerife à Bichat en vol sanitaire
Les cinq Français concernés étaient passagers du MV Hondius, navire de croisière polaire parti d’Ushuaia (Argentine) le 1er avril 2026. Le bâtiment a fait escale à Tenerife après qu’un foyer d’hantavirus Andes a été détecté à bord, avec au moins 8 cas confirmés et 3 décès. L’OMS a précisé que la première infection aurait eu lieu avant l’embarquement.
Un vol sanitaire a acheminé les cinq ressortissants français depuis Tenerife jusqu’en région parisienne dans la journée du 10 mai. Selon Le Parisien, le rapatriement s’est effectué via l’aéroport du Bourget, en Seine-Saint-Denis. Les cinq patients ont été directement conduits à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard.
À l’arrivée, les cinq personnes ont subi des tests virologiques. Un seul résultat s’est révélé positif à l’hantavirus Andes. Les quatre autres tests sont revenus négatifs, mais l’isolement a été maintenu par précaution.
État de la patiente : stable en réanimation
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a confirmé le 11 mai 2026, selon 20 Minutes, que la patiente est « en état stable » en réanimation à Bichat. Aucune aggravation n’a été signalée depuis son admission. Les quatre autres rapatriés, négatifs au test, restent néanmoins en isolement dans l’établissement parisien.
L’hôpital Bichat-Claude-Bernard est le centre de référence national pour les risques infectieux émergents, selon Le Monde. Il fait partie d’un réseau de 18 établissements similaires en France. Les rapatriés y bénéficient de tests virologiques continus et d’un accompagnement psychologique.
22 cas contacts en isolement : la chaîne retracée
Au 11 mai 2026, 22 cas contacts français ont été identifiés par les autorités sanitaires, selon Le Parisien. Leur traçage remonte à deux vols commerciaux empruntés par la patiente positive avant son rapatriement :
- huit passagers d’un vol du 25 avril reliant Sainte-Hélène à Johannesburg ;
- quatorze passagers d’un vol Johannesburg - Amsterdam.
Tous ont été contactés et placés en quarantaine renforcée. Des cas contacts ont également été identifiés hors de Paris, notamment en Indre-et-Loire, à Marray, où deux résidents exposés ont été rapatriés.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a déclaré le 11 mai : « Nous prenons des mesures très strictes pour protéger les Français. » Elle a annoncé une quarantaine renforcée en milieu hospitalier pour l’ensemble des cas contacts, selon TV5 Monde.
Le décret du 10 mai : 42 jours d’isolement, 1 500 € d’amende
Le décret n° 2026-364, publié au Journal officiel le 10 mai 2026, encadre juridiquement le dispositif. Il prévoit une quarantaine hospitalière initiale, suivie d’un isolement pouvant aller jusqu’à 42 jours pour toute personne ayant séjourné sur le MV Hondius ou identifiée comme cas contact.
Le non-respect de cette obligation expose à une amende de 1 500 euros. TF1 Info précise que le texte s’applique aussi bien aux passagers du navire qu’aux personnes ayant partagé un vol avec un cas confirmé.
Selon franceinfo, la France revendique les mesures d’isolement parmi les plus strictes d’Europe dans ce dossier, même si la comparaison avec le protocole espagnol fait débat.
L’hantavirus Andes : une souche à part
L’hantavirus Andes est la seule souche connue à ce jour transmissible d’humain à humain. Son taux de létalité peut atteindre 40 % dans les formes pulmonaires sévères, selon CNews et Le Monde. C’est très supérieur aux souches circulant habituellement en Europe.
La souche européenne dominante, Puumala, est responsable de la fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR). Sa létalité est de l’ordre de 0,4 %. Elle se transmet exclusivement par contact avec des rongeurs ou leurs déjections, sans transmission interhumaine documentée.
L’OMS a rappelé, selon France 24, que la première infection du foyer du MV Hondius aurait précédé l’embarquement - ce qui exclut une contamination d’origine marine exclusive et complique le traçage.
Contexte dans le département de Paris (75)
L’hôpital Bichat-Claude-Bernard, situé rue Henri-Huchard dans le 18e arrondissement, est l’un des établissements de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris). Il abrite le centre de référence national pour les maladies infectieuses à potentiel épidémique, ce qui explique son désignation dans ce dossier.
Paris n’est pas un territoire historiquement touché par les hantavirus autochtones. La FHSR due à Puumala est une maladie ruralo-forestière : ses foyers sont concentrés dans les massifs des Ardennes, du Jura et des Vosges. La capitale n’a donc pas de précédent local comparable. Ce cas est entièrement lié à une contamination à l’étranger, lors d’un voyage en zone australe.
En France métropolitaine, Santé publique France recense 2 199 cas de FHSR entre 2005 et 2024, avec un pic à 320 cas en 2021. Au premier trimestre 2026, seuls 19 cas avaient été confirmés avant cet épisode - tous dus à Puumala, sans lien avec le MV Hondius.
L’OMS a qualifié le risque global de faible tout en redoutant l’apparition de nouveaux cas liés au navire, dont les passagers étaient issus de plusieurs pays européens.
Prochaines étapes : surveillance jusqu’à fin juin
La surveillance des 22 cas contacts doit se poursuivre jusqu’à fin juin 2026, date à laquelle s’achèveront les 42 jours d’isolement pour les derniers identifiés. Des tests continus sont réalisés à Bichat pour la patiente en réanimation et les quatre rapatriés négatifs. Une réunion gouvernementale s’est tenue le 11 mai pour évaluer les protocoles en place et leur éventuel élargissement à d’autres passagers du navire de nationalités étrangères ayant transité par la France.
Sources
- Le Parisien : Hantavirus : une première Française testée positive, 22 cas contacts identifiés dans le pays
- Le Parisien : Hantavirus : de Tenerife à l'hôpital Bichat, le retour sous haute surveillance des 5 Français rapatriés
- Légifrance : Décret n° 2026-364 du 10 mai 2026 relatif à la quarantaine et à l'isolement des personnes exposées à l'hantavirus
- 20 Minutes : Hantavirus : 'Vaut mieux faire trop qu'assez', la France serre la vis face au virus