Haute-Loire : dès le 1er août, le téléphone au volant vaudra 15 jours de suspension de permis

Le préfet Yvan Cordier active un outil administratif rarement utilisé pour durcir les sanctions contre la distraction au volant.

Haute-Loire : dès le 1er août, le téléphone au volant vaudra 15 jours de suspension de permis
Illustration Valérie Roche / info.fr

En Haute-Loire, utiliser son téléphone tenu en main au volant entraînera une suspension immédiate du permis de conduire d'au moins 15 jours à compter du 1er août 2026. Le préfet Yvan Cordier doit annoncer officiellement la mesure ce jeudi 4 juin à Brioude.

L’essentiel

  • 1er août 2026 : entrée en vigueur de la suspension administrative du permis (minimum 15 jours) pour téléphone tenu en main au volant en Haute-Loire.
  • 15 juin 2026 : début d’une phase de sensibilisation précédant l’application effective.
  • Sanctions cumulées : la suspension s’ajoute à l’amende forfaitaire de 135 € et au retrait de 3 points déjà prévus par le Code de la route.
  • Bilan routier 2026 : 10 morts et 111 blessés en Haute-Loire depuis le 1er janvier, selon La Commère 43 et RCF Haute-Loire.
  • Ardèche : département voisin, mesure identique en vigueur depuis le 1er juin 2026, avec 67 verbalisations dès le premier jour.

Ce que change la décision du préfet

Jusqu’ici, un conducteur contrôlé avec son téléphone en main risquait 135 € d’amende et 3 points retirés. C’est toujours le cas. Mais à partir du 1er août 2026, le préfet de Haute-Loire Yvan Cordier y ajoute une suspension administrative immédiate du permis, d’une durée minimale de 15 jours.

Cette décision s’appuie sur l’article L.224-7 du Code de la route, qui donne au préfet le pouvoir de suspendre un permis pour des raisons de sécurité publique, indépendamment de toute procédure judiciaire. L’infraction de base, elle, reste définie à l’article R.412-6-1.

L’annonce officielle est prévue ce jeudi 4 juin 2026 à Brioude, en marge d’une opération de sensibilisation organisée sur la piste d’éducation routière CRS/Assurance Prévention, selon Le Progrès et RCF Haute-Loire.

Un bilan routier qui justifie la mesure

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Les chiffres avancés par la préfecture sont préoccupants. Depuis le début de l’année 2026, la Haute-Loire a enregistré 10 morts et 111 blessés sur ses routes. À titre de comparaison, sur la même période en 2025, le département comptait 12 morts mais 306 blessés, selon La Commère 43.

À l’échelle régionale, l’inattention - dont l’usage du téléphone est une composante majeure - est responsable de 16 % des décès sur les routes d’Auvergne-Rhône-Alpes, toujours selon les données citées par la préfecture.

Des études relayées par RCF Haute-Loire précisent que tenir son téléphone en main multiplie par trois le risque d’accident. Lire un message le multiplie par 23.

Deux phases avant l’application effective

Le calendrier est en deux temps. À partir du 15 juin 2026, les forces de l’ordre mèneront une campagne de sensibilisation sur le territoire. Les conducteurs interceptés seront informés de la mesure à venir, sans suspension immédiate.

Le 1er août, le régime plein entre en vigueur. Tout conducteur contrôlé avec un téléphone tenu en main sera susceptible de se voir retirer son permis sur-le-champ pour au moins 15 jours, en plus de l’amende et du retrait de points.

La déléguée interministérielle à la sécurité routière, Estelle Balit, nommée en novembre 2025, se dit favorable à ces initiatives préfectorales locales, sans qu’une généralisation nationale soit prévue pour l’instant, selon RCF Haute-Loire.

Contexte dans la Haute-Loire

La Haute-Loire est un département de 235 000 habitants, largement rural, où le véhicule individuel reste le mode de déplacement dominant. Le réseau routier comprend de nombreuses routes départementales sinueuses, notamment dans les zones de moyenne montagne du Velay et du Livradois.

Le département enregistre régulièrement des accidents graves liés à la distraction ou à la vitesse. Un camion-citerne s’était renversé à Apinac début juin 2026, rappelant la vulnérabilité des routes locales. Dans ce contexte, la décision du préfet Cordier s’inscrit dans une politique de tolérance zéro sur les comportements à risque identifiés.

Yvan Cordier, nommé préfet de Haute-Loire le 21 août 2023 par décret du 13 juillet 2023, ancien élève de l’ENA (promotion Cyrano de Bergerac), a déjà multiplié les opérations de terrain depuis sa prise de poste.

Une tendance nationale portée par les préfets

La Haute-Loire n’est pas pionnière. Des mesures similaires sont déjà actives dans plusieurs départements. L’Ardèche a été l’un des plus récents à les appliquer, depuis le 1er juin 2026 : 67 verbalisations ont été enregistrées dès le premier jour, avec des suspensions pouvant aller jusqu’à six mois, selon Le Progrès. Les Landes, le Pas-de-Calais, le Lot-et-Garonne et la Charente-Maritime ont également adopté ce dispositif au printemps 2026.

Ce mouvement préfectoral s’appuie sur un arsenal juridique existant mais peu mobilisé jusqu’ici. Les accidents sur les axes structurants de la région, comme celui survenu sous le tunnel du Rond à Saint-Étienne, alimentent la pression des autorités pour agir sur les comportements dangereux.

Sans coordination nationale formelle, la dynamique s’accélère département par département. La Haute-Loire rejoint ainsi un groupe de territoires qui ont choisi de ne plus attendre une réforme législative pour durcir les sanctions.

Prochaine étape : conférence de presse du préfet Yvan Cordier à Brioude le 4 juin 2026, puis démarrage de la phase de sensibilisation le 15 juin. Les premières suspensions effectives interviendront à partir du 1er août 2026.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Valérie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Loire (43), avec Le Puy-en-Velay pour chef-lieu. Spécialité du département : depart chemin de Compostelle et AOP lentille verte. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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