Hautes-Alpes : 160 enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs, dont 70 suivies par le parquet de Gap
La police et la gendarmerie des Hautes-Alpes recensent actuellement 160 procédures pour violences sexuelles sur mineurs. 70 dossiers font l'objet d'un suivi prioritaire au tribunal de Gap.
Dans les Hautes-Alpes, 160 procédures pour violences sexuelles sur mineurs sont en cours. Soixante-dix d'entre elles sont suivies par le parquet de Gap. La procureure évoque une priorité absolue, tandis qu'une association dénonce des lacunes dans la protection des victimes pendant l'enquête.
L’essentiel
- 160 procédures ouvertes par la police et la gendarmerie dans les Hautes-Alpes pour violences sexuelles sur mineurs.
- 70 dossiers directement suivis et instruits par le parquet du tribunal judiciaire de Gap.
- 3 affaires jugées par la cour criminelle départementale lors de sa session de mi-juin 2026.
- L’association Enfants en danger dénonce des situations où l’enfant continue de côtoyer son agresseur présumé en attendant le procès.
160 dossiers ouverts dans le département
Selon les informations de BFM DICI, 160 procédures pour violences sexuelles sur mineurs sont actuellement en cours dans les Hautes-Alpes. Ces enquêtes sont réparties entre la gendarmerie et la police nationale. Un chiffre qui témoigne de l’ampleur du phénomène dans ce territoire de 140 000 habitants.
La procureure de la République de Gap, Marion Lozac’hmeur, a qualifié le traitement de ces procédures de « priorité absolue », indique la même source. Sur l’ensemble des dossiers, 70 font l’objet d’un suivi par le parquet gapençais.
70 affaires sous la main du parquet de Gap
Le tribunal judiciaire de Gap concentre donc près de la moitié des enquêtes du département. « Cela représente une charge de travail importante pour les magistrats et les enquêteurs », a souligné un membre du parquet. Les dossiers concernent des faits allant d’agressions sexuelles à des viols, et impliquent des victimes parfois très jeunes.
Malgré cette pression, le parquet de Gap affiche des délais de poursuite et d’audiencement relativement courts en comparaison avec d’autres juridictions françaises, selon les informations communiquées. La cour criminelle départementale a ainsi jugé trois affaires de violences sexuelles sur mineurs lors de sa session de la mi-juin 2026.
L’association Enfants en danger réclame plus de protection
Daphné Bichet, présidente de l’association gapençaise Enfants en danger, milite pour une meilleure protection des mineurs victimes durant la phase d’enquête. Elle dénonce des situations où « certains enfants sont encore contraints de côtoyer leur agresseur présumé en attendant le procès », rapporte BFM DICI. Une lacune qui, selon elle, aggrave le traumatisme des victimes.
L’association demande notamment le développement de dispositifs d’éloignement d’urgence et un meilleur accompagnement psychologique dès le dépôt de plainte. Elle appelle également à une augmentation des moyens alloués aux enquêteurs spécialisés.
Contexte dans le département des Hautes-Alpes
Avec environ 140 976 habitants (Insee 2021), les Hautes-Alpes sont le département le moins peuplé de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Gap, la préfecture, compte un peu plus de 40 000 habitants. Le département connaît également d’autres actualités judiciaires et de sécurité, comme les départs de feu récents à Gap et Briançon ou la préparation des Jeux Olympiques d’hiver 2030 dans le Briançonnais.
Sur le plan national, cette mise en lumière des pratiques judiciaires locales intervient en écho à l’affaire de la mort de la jeune Lyhanna dans le Gers, qui a suscité une vive défiance envers le traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs.
Une manifestation devant le tribunal
Lundi 22 juin 2026, une manifestation dénonçant les violences sexuelles et sexistes a été organisée devant le tribunal de Gap, comme l’a rapporté Alpes 1. Plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées pour réclamer une meilleure prise en charge des victimes et des sanctions plus lourdes pour les agresseurs.
Prochaine étape : la cour criminelle départementale des Hautes-Alpes doit continuer d’examiner les dossiers instruits par le parquet de Gap dans les mois à venir. Le rythme des audiences dépendra des moyens alloués à la juridiction.