Albi et Castres : plusieurs centaines de personnes pour « plus jamais ça » après la mort de Lyhanna
Le 8 juin 2026, plus de 300 personnes devant le tribunal d'Albi et 250 à Castres pour dénoncer les violences faites aux enfants et les failles judiciaires.
Plus de 300 personnes se sont rassemblées lundi soir devant le tribunal d'Albi, environ 250 à Castres. Un hommage à Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, et un appel à changer la loi.
L’essentiel
- 8 juin 2026, 19h : plus de 300 personnes devant le tribunal d’Albi, environ 250 devant la cité judiciaire de Castres.
- Mobilisation nationale : rassemblements simultanés devant plus de 150 tribunaux dans plus de 160 villes françaises, à l’appel de collectifs dont Mouv’Enfants et la Fondation des Femmes.
- Lyhanna, 11 ans : disparue le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers), retrouvée morte le 4 juin ; le suspect principal Jérôme Barella, 41 ans, était visé par des plaintes antérieures non traitées, dont une pour viols en août 2025.
- Pétition : plus de 170 000 signatures le 8 juin pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants.
- Réponse gouvernementale : Gérald Darmanin a ordonné la revue de quelque 70 000 plaintes concernant des enfants d’ici le 14 juillet.
Devant les tribunaux du Tarn
Lundi 8 juin 2026 à 19h, les abords du tribunal d’Albi se sont remplis rapidement. Selon La Dépêche du Midi, plus de 300 personnes s’y sont rassemblées. À Castres, la cité judiciaire a accueilli près de 250 participants au même moment.
Pancartes et slogans ont structuré le rassemblement : « Paix et justice pour Lyhanna », « Plus jamais ça », « Nos enfants méritent mieux ». Selon actu.fr, des appels isolés à la peine de mort ont été entendus dans la foule - ils ont été sifflés par les participants.
Les manifestants ont dénoncé deux choses distinctes : les violences faites aux enfants, et les dysfonctionnements de l’appareil judiciaire, jugé trop lent face aux signalements.
Qui était Lyhanna
Lyhanna avait 11 ans. Elle a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers, après avoir quitté son collège. Son corps a été retrouvé le 4 juin. Les obsèques civiles sont prévues le vendredi 12 juin à 14h30 au cimetière de Fleurance, dans l’intimité familiale, selon TF1 Info.
Le suspect principal, Jérôme Barella, 41 ans, était connu des services judiciaires. Selon La Dépêche du Midi, il avait fait l’objet de plusieurs signalements et plaintes antérieures, dont une pour viols déposée en août 2025, sans qu’aucune de ces procédures n’ait abouti à une mise à l’écart. C’est ce point qui a cristallisé la colère lors des rassemblements.
Une mobilisation nationale simultanée
Les deux rassemblements tarnais s’inscrivaient dans un mouvement coordonné à l’échelle nationale. Selon France 3 Régions et le site de l’association Mouv’Enfants, des collectifs féministes et de protection de l’enfance - dont la Fondation des Femmes et une coalition d’environ 150 structures - avaient appelé à se réunir le même soir devant plus de 150 tribunaux dans plus de 160 villes.
À Toulouse, Auch et Agen, des rassemblements similaires ont eu lieu dans le même créneau horaire. La veille, à Fleurance même, une marche blanche avait réuni environ 6 000 personnes - l’équivalent de la population de la commune - selon Le Journal du Gers.
La « loi intégrale » au cœur des revendications
La principale revendication portée lors des rassemblements dépasse le cas Lyhanna. Les organisateurs réclament l’adoption d’une « loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants », déposée fin 2025 par la députée PS Céline Thiébault-Martinez et cosignée par plus de 100 parlementaires. La pétition associée a dépassé 170 000 signatures le 8 juin, selon France 3 Régions.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a publiquement soutenu le texte et demandé son inscription rapide au calendrier parlementaire - en juillet ou en septembre. La date d’examen n’avait pas encore été arrêtée au moment du rassemblement.
Du côté du gouvernement, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a réuni les procureurs généraux le 8 juin même et ordonné la revue de l’intégralité des quelque 70 000 plaintes concernant des enfants, avec une échéance fixée au 14 juillet, selon Le Monde et France 24. Cette décision a été présentée comme une réponse directe aux dysfonctionnements révélés par l’affaire Lyhanna. Elle a suscité des réserves dans les milieux judiciaires, placés devant une contrainte de délai jugée très serrée.
Contexte dans le Tarn
Albi et Castres constituent les deux principales villes du Tarn (81), département d’environ 390 000 habitants. Leurs tribunaux judiciaires couvrent des bassins de population distincts - le Nord-Tarn pour Albi, le Castrais et la Montagne Noire pour Castres.
Le drame de Lyhanna s’est produit à Fleurance, dans le Gers voisin (32), mais la mobilisation a traversé les frontières départementales. Le Tarn fait partie de la région Occitanie, où la coordination des rassemblements du 8 juin a été particulièrement dense : outre Albi et Castres, Toulouse, Auch et Agen figuraient parmi les villes mobilisées, selon Centre Presse Aveyron. Dans le Tarn, le sujet des violences intrafamiliales et de la mobilisation citoyenne en Occitanie résonne dans un contexte régional où les collectifs féministes sont actifs depuis plusieurs années.
Aucun incident n’a été signalé lors des rassemblements tarnais du 8 juin. Les rassemblements se sont tenus dans le calme, à l’exception des quelques cris pour la peine de mort rapidement recadrés par la foule elle-même.
Prochaine étape
Les obsèques de Lyhanna se tiennent ce vendredi 12 juin à Fleurance. Au plan législatif, l’inscription de la proposition de loi intégrale au calendrier parlementaire reste en suspens : Yaël Braun-Pivet évoque juillet ou septembre, sans date précisée à ce stade.
Sources
- La Dépêche du Midi : Mort de Lyhanna : "C'est l'affaire de trop"... Plusieurs centaines de personnes rassemblées devant les tribunaux d'Albi et de Castres
- Actu.fr : "Paix et justice pour Lyhanna" : plusieurs centaines de personnes réunies à Albi pour rendre hommage
- France 3 Régions : "Nos enfants ont besoin de protection, pas d'hommage" : après la mort de Lyhanna, des rassemblements pour dire "plus jamais ça"
- Le Monde : Affaire Lyhanna : Gérald Darmanin sur une ligne de crête entre opinion et magistrats