Hugo, 13 ans, porte-drapeau dévoué en Vienne : un règlement lui refuse son diplôme

Engagé depuis ses 10 ans aux commémorations de Lhommaizé et Dienné, le jeune Hugo Reignault se heurte à l'âge minimum de 16 ans imposé par l'OnacVG.

Hugo, 13 ans, porte-drapeau dévoué en Vienne : un règlement lui refuse son diplôme
Illustration Cédric Robin / info.fr

Hugo Reignault a 13 ans et porte le drapeau aux cérémonies depuis quatre ans. En Vienne, ce jeune habitant de la section Lhommaizé-Dienné est privé de diplôme officiel un règlement de l'OnacVG exige 16 ans minimum. Son association crie à l'injustice.

Hugo Reignault a 13 ans et porte le drapeau aux cérémonies depuis quatre ans. En Vienne, ce jeune habitant de la section Lhommaizé-Dienné est privé de diplôme officiel : un règlement de l’OnacVG exige 16 ans minimum. Son association crie à l’injustice.

L’essentiel

  • 4 ans de service : Hugo Reignault est porte-drapeau de la section Lhommaizé-Dienné depuis ses 10 ans, soit depuis 2022.
  • 16 ans requis : le règlement de l’OnacVG fixe un âge minimum de 16 ans et trois ans d’expérience pour l’obtention du diplôme officiel.
  • 8 mai 2026 : Hugo a participé aux commémorations à Lhommaizé et Dienné, comme chaque année.
  • 2023 : il avait reçu un diplôme d’honneur local lors des commémorations du 8 mai à Lhommaizé, alors âgé de 11 ans.
  • Réaction : Mickaël Lecuyer, président de l’association, qualifie la situation de « réellement injuste ».

Quatre ans sous les drapeaux, sans reconnaissance officielle

Depuis 2022, Hugo Reignault se lève tôt les jours de commémoration. Il rejoint la section Lhommaizé-Dienné de l’Union fraternelle des victimes de guerre et des anciens combattants de la Vienne, drapeau en main. C’est Jacky Bellicault qui l’a initié à ce rôle. Hugo a suivi, par conviction personnelle, selon La Nouvelle République.

Le 8 mai 2026, il était encore présent aux cérémonies de Lhommaizé et Dienné. Immobile, attentif, quelle que soit la météo. Mickaël Lecuyer, président de l’association, souligne qu’il est « toujours présent et de bonne humeur ». Un engagement que beaucoup d’adultes n’ont pas, reconnaît-il.

Un règlement qui bloque à 16 ans

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Le diplôme officiel de porte-drapeau délivré par l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (OnacVG) impose deux conditions cumulatives : avoir au moins 16 ans et justifier de trois ans d’expérience. Hugo remplit la seconde condition depuis 2025. La première, il ne la remplira pas avant 2029.

Mickaël Lecuyer juge la règle « réellement injuste ». Il pointe une incohérence : d’autres distinctions peuvent être accordées à des jeunes en dessous de cet âge. La Nouvelle République rapporte cette comparaison sans en préciser les exemples exacts.

En 2023, Hugo avait tout de même reçu une forme de reconnaissance : un diplôme d’honneur de l’association locale, lors des commémorations du 8 mai à Lhommaizé. Il avait alors 11 ans. Mais ce diplôme n’a pas de valeur officielle nationale.

Un cas loin d’être isolé

La situation d’Hugo n’est pas unique en France. En Seine-Maritime, des jeunes sont formés au rôle de porte-drapeau dès l’âge de 11 ans. Pourtant, le diplôme officiel de l’OnacVG leur est lui aussi inaccessible avant 16 ans, selon Actu.fr. Le règlement s’applique uniformément, sans dérogation connue à ce jour.

Ce cas illustre une tension plus large : le vieillissement des rangs des anciens combattants pousse les associations à recruter des jeunes volontaires, mais le cadre réglementaire n’a pas évolué en conséquence. France Info avait déjà documenté cette réalité, évoquant un drapeau « de plus en plus lourd » pour les anciens.

Contexte dans la Vienne

L’Union fraternelle des victimes de guerre et des anciens combattants de la Vienne a été fondée le 5 novembre 1997, selon le répertoire national des associations (données.gouv.fr). La section Lhommaizé-Dienné en est une des composantes locales, active dans un secteur rural du sud du département.

Dans la Vienne, comme ailleurs, le maintien du devoir de mémoire repose de plus en plus sur des bénévoles non combattants, souvent jeunes. Les communes de Lhommaizé et Dienné sont de petites entités rurales du sud-est du département, où la mobilisation pour les commémorations nationales reste portée par un tissu associatif resserré. La préfecture du Jura avait elle aussi montré qu’un engagement symbolique local peut dépasser ses frontières, mais ici, c’est un règlement national qui prime sur la volonté locale.

La question du renouvellement des porte-drapeaux est documentée à l’échelle nationale. Des initiatives existent pour former des jeunes, mais elles buttent systématiquement sur ce même seuil d’âge fixé par l’OnacVG. D’autres dispositifs publics parviennent pourtant à adapter leurs règles pour valoriser l’engagement précoce des mineurs.

Ce qu’il se passe maintenant

Sauf réforme des textes réglementaires de l’OnacVG, Hugo Reignault devra attendre ses 16 ans pour prétendre au diplôme officiel, selon Nord Éclair. Aucune procédure de dérogation individuelle n’a été mentionnée à ce stade par l’association ou les médias locaux.

Mickaël Lecuyer n’a pas indiqué si une démarche formelle serait engagée auprès de l’OnacVG ou des services de l’État pour demander une évolution du règlement. Quand des élus locaux s’impliquent dans des causes civiques, leur poids peut parfois peser dans ce type de dossier administratif - mais aucun soutien élu n’a été signalé ici à ce jour.

Hugo, lui, continuera à porter le drapeau. La prochaine commémoration nationale sera le 11 novembre 2026. Il aura toujours 13 ans.

Sources

Cédric Robin

Cédric Robin

Cédric est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Vienne (86), avec Poitiers pour chef-lieu. Spécialité du département : Futuroscope (1er parc image français) et patrimoine roman. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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