Incendie dans les Pyrénées-Orientales : 800 sinistrés accueillis aux Voiles Rouges à Canet
Le préfet Pierre Regnault de la Mothe a coordonné l'accueil des sinistrés à l'espace Les Voiles Rouges de Canet-en-Roussillon, avec navettes, CUMP et aide administrative.
Ce vendredi 3 juillet, au lendemain du violent incendie qui a ravagé 30 hectares entre Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon, le préfet des Pyrénées-Orientales a mis en place un centre d'accueil unique aux Voiles Rouges. Jusqu'à 800 sinistrés y sont pris en charge avec un soutien médico-psychologique et administratif.
L’essentiel
- 800 sinistrés accueillis ce vendredi 3 juillet à l’espace Les Voiles Rouges de Canet-en-Roussillon.
- 281 bungalows de camping détruits ainsi qu’un bâtiment du fabricant Catana.
- 19 blessés légers (civils, pompiers, policiers) pris en charge.
- CUMP et guichet administratif déployés sur place.
À 10 heures ce vendredi 3 juillet 2026, l’espace Les Voiles Rouges de Canet-en-Roussillon s’est transformé en centre névralgique de la gestion de crise. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, y a installé un point d’accueil unique pour les sinistrés de l’incendie qui a dévasté 30 hectares de végétation et de zones d’habitat léger la veille. Jusqu’à 800 personnes ont été prises en charge au plus fort de la crise, selon la préfecture.
Une organisation d’urgence déployée dès l’aube
Dès 6 heures, des navettes de bus ont été mises en circulation pour acheminer les personnes évacuées des centres d’hébergement provisoires de Sainte-Marie-la-Mer, Rivesaltes et Le Barcarès vers les Voiles Rouges. « Tous nos services sont pleinement mobilisés », a tweeté le préfet dans la matinée.
Sur place, les sinistrés ont été enregistrés et orientés vers différents stands. Une cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP), composée d’un médecin, d’un infirmier et d’un psychologue, assure une permanence pour les personnes en état de choc. Un point d’accompagnement administratif a également été ouvert pour aider les victimes à contacter leurs assureurs, leurs consulats (certains sinistrés sont de nationalité étrangère) et pour trouver un hébergement hôtelier de courte durée.
Bilan humain et matériel
Le feu, parti jeudi 2 juillet en fin d’après-midi sur la commune de Sainte-Marie-la-Mer, a rapidement gagné les campings voisins. Selon le dernier bilan de la préfecture, 281 bungalows ont été détruits dans les établissements touchés. Dans la zone portuaire de Canet, un bâtiment du constructeur de catamarans Catana a également été ravagé par les flammes. Le bilan humain fait état de 19 blessés légers : six civils (dont un enfant), six pompiers volontaires et sept policiers municipaux, principalement intoxiqués par les fumées ou victimes de malaises.
« Près de 3 000 personnes ont été évacuées préventivement », rappelle la mairie de Canet-en-Roussillon sur son site. Aucun décès n’est à déplorer, un soulagement pour les autorités qui redoutaient un scénario plus dramatique.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Ce département méditerranéen, habitué aux feux de forêt estivaux, connaît une sécheresse persistante depuis le printemps. Le vent de tramontane, soufflant en rafales jusqu’à 80 km/h au moment du sinistre, a rendu la lutte contre l’incendie très difficile. Les pompiers, épaulés par des moyens aériens (Canadairs et hélicoptères bombardiers d’eau), ont réussi à fixer le feu en fin de soirée. La population de Canet-en-Roussillon (environ 12 000 habitants) et de Sainte-Marie-la-Mer (5 000) reste sous vigilance.
Dans la région, d’autres actualités ont marqué ce début juillet : la ligne ferroviaire entre Foix et Tarascon-sur-Ariège a rouvert après quatre mois de travaux, tandis qu’à Saint-Omer, la RD209 a été inaugurée avec une voie verte.
Accompagnement des sinistrés : prochaine étape
Le dispositif des Voiles Rouges doit rester opérationnel tout le week-end. Les équipes municipales et les bénévoles de la protection civile distribuent repas et boissons. La priorité est désormais au relogement d’urgence des familles, dont beaucoup ont perdu tous leurs biens. Le préfet a annoncé l’ouverture d’une cellule d’indemnisation accélérée avec les assureurs. Une enquête est en cours pour déterminer les causes du départ de feu, confiée à la gendarmerie.
Sur place, l’ambiance est pesante mais calme. « On a perdu la caravane et tout ce qu’on avait dedans, mais l’essentiel c’est qu’on soit vivants », confie un couple de vacanciers belges, sous couvert d’anonymat. Les bénévoles de la CUMP restent en alerte face au risque de stress post-traumatique, en particulier chez les enfants.