Justice Crack disparu à Abuja : son véhicule retrouvé devant une agence de renseignement militaire
Le critique social nigérian s'est volatilisé après un appel mystérieux. Sa voiture a été repérée devant la Defence Intelligence Agency.
Justice Mark Chidiebere, critique virulent de l'armée nigériane, a disparu le 28 avril 2026 à Abuja. Son véhicule a été localisé devant une installation militaire.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Disparition forcée présumée
Les circonstances de la disparition de Justice Crack, appel mystérieux, téléphones éteints, dernière localisation près d'une installation militaire, soulèvent des craintes de disparition forcée selon RULAAC.
Liberté d'expression menacée
Justice Crack avait publiquement contesté la version officielle de l'armée sur la mort d'Abdulsamad Jamiu. Son arrestation présumée interroge sur la protection des critiques publics au Nigeria.
Silence institutionnel
Police, DSS, DIA et armée n'ont produit aucune déclaration publique plus de 72h après la disparition. Seule la police du FCT a confirmé indirectement avoir lancé des recherches.
Schéma documenté de violations
De Saro-Wiwa à Sowore, en passant par les 150 morts du camp militaire de Yikpata documentés par Amnesty, le cas de Justice Crack s'inscrit dans une série historique d'arrestations et de disparitions de critiques au Nigeria.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Justice Mark Chidiebere, alias Justice Crack, a disparu le 28 avril 2026 à Abuja après un appel téléphonique mystérieux.
- Son véhicule a été aperçu devant les bureaux de la Defence Intelligence Agency, agence primaire de renseignement militaire du Nigeria.
- Sa dernière localisation téléphonique pointait vers le complexe de la Nigerian Army Officers Wives Association à Asokoro.
- Il avait récemment contesté la version officielle de l'armée sur la mort d'Abdulsamad Jamiu, jeune du NYSC tué le 26 avril 2026.
- Plus de 72h après la disparition, ni la DIA, ni le DSS, ni l'armée n'ont publiquement répondu aux interpellations de RULAAC.
Justice Mark Chidiebere [1], ‘Justice Crack’ pour ses abonnés, a quitté son domicile le mardi 28 avril 2026 [2] pour une réunion à Abuja [3]. Il n’est jamais rentré.
Sa femme l’avait vu partir après avoir déposé leurs enfants à l’école [4]. Il avait répondu à un appel téléphonique [5]. Il avait demandé à un ami de récupérer les enfants à la sortie des classes, signe qu’il comptait revenir rapidement [6]. À 12h38 [7], elle a vu plusieurs appels manqués de son mari. Ses téléphones ont ensuite été éteints. Ils le sont restés [8].
Selon des utilisateurs de réseaux sociaux, la dernière localisation connue de son téléphone était le Nigerian Army Officers Wives Association (NAOWA) Complex à Asokoro, Abuja [9]. L’organisation Rule of Law and Accountability Advocacy Centre (RULAAC) confirme cette traçabilité dans une déclaration signée par son directeur exécutif Okechukwu Nwanguma [10] [11].
Le véhicule retrouvé devant les bureaux du renseignement militaire
Quelques jours plus tard, le véhicule de Justice Crack a été aperçu devant les bureaux de la Defence Intelligence Agency [12]. La DIA est l’agence primaire de renseignement militaire du Nigeria [13], créée en 1986 [14] par le décret n°19 du président Ibrahim Babangida [15] [16]. Elle est dirigée par un Chief of Defence Intelligence nommé directement par le président [17] [18]. Son siège a été inauguré à Abuja le 30 mai 2024 [19] [20].
Aucune autorité n’a confirmé la présence de Justice Crack dans ses locaux. Aucune n’a démenti.
Ce qu’il avait écrit avant de disparaître
Justice Crack s’était récemment exprimé sur deux sujets sensibles: le sort des soldats nigérians déployés dans des zones de conflit [21] et la mort controversée d’Abdulsamad Jamiu [22], membre du National Youth Service Corps [23].
Jamiu, ingénieur civil diplômé de la Federal University of Technology de Minna, 24 ans [24] [25], devait achever son service en mai 2026 [26]. Il a été tué dans sa chambre à 2h04 du matin [27] le samedi 26 avril 2026 [28], dans la zone de Dakwa, État du Niger, près de Dei-Dei à Abuja [29]. Sa sœur Farida Jimoh raconte avoir été réveillée par un coup de feu et avoir trouvé des hommes en uniforme militaire dans le couloir [30] [31].
L’armée nigériane affirme que Jamiu a été tué par une balle perdue lors d’un échange de tirs entre soldats et voleurs armés [32]. Justice Crack avait publiquement contesté cette version [32]. Le lieutenant Olawuyi Odunola, directeur adjoint par intérim des relations publiques de l’armée pour la Guards Brigade [33], a indiqué que l’enquête se poursuit [34].
Disparition ou arrestation: deux récits incompatibles
Deux versions coexistent, et leurs implications juridiques sont radicalement différentes. La première, défendue par la famille et reprise par RULAAC, parle d’une disparition: appel mystérieux, téléphones éteints, dernière trace au complexe NAOWA d’Asokoro [9] [35]. Cette version active le régime de la disparition forcée tel que défini par la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, lorsqu’une privation de liberté est suivie du refus de reconnaître la détention.
La seconde version, portée par Omoyele Sowore [36], affirme que Justice Crack a été arrêté par des soldats [37]. Sowore désigne nommément le brigadier général W.A. Adegoke comme responsable de l’interpellation [38]. Cette version, si elle est confirmée, fait basculer l’affaire sur le terrain de la détention sans mandat, encadrée par l’Administration of Criminal Justice Act de 2015, qui impose la présentation du détenu devant un juge dans les délais constitutionnels, ainsi que l’information immédiate de la famille.
Les deux récits ne s’excluent pas mécaniquement: une arrestation non reconnue par les autorités est, en droit international, une disparition forcée. Au 30 avril 2026, aucun grand quotidien national n’avait rapporté l’arrestation [39], et RULAAC retient à ce stade la qualification de « disparition forcée présumée » [35].
Cadre pénal: ce que dit le droit nigérian
L’article 39 de la Constitution de 1999 garantit la liberté d’expression [40]. Selon plusieurs sources, le code pénal nigérian réprime l’enlèvement et la détention illégale, y compris lorsqu’elle est le fait d’agents publics agissant hors de tout cadre légal.
Selon plusieurs sources, l’Administration of Criminal Justice Act de 2015 complète ce dispositif en encadrant la détention sans mandat, en obligeant les autorités à informer la famille du détenu et en imposant la tenue d’un registre des personnes arrêtées. Aucune de ces obligations n’a, à ce jour, été satisfaite dans le cas de Justice Crack.
Le silence des institutions
Plusieurs jours après la disparition, trois institutions n’ont produit aucune déclaration publique: la Defence Intelligence Agency, devant laquelle le véhicule a été aperçu [12]; le Department of State Services, sollicité par RULAAC [41]; et l’armée nigériane, mise en cause par Sowore [37] [38]. Seule la police du Federal Capital Territory a réagi, et de manière indirecte: Peter Akah, human rights activist [42], a déposé plainte au Federal Capital Territory Police Command [43] et indique que le commissaire de police du FCT lui aurait assuré que des recherches étaient lancées [44].
Cette assurance n’a fait l’objet d’aucune communication officielle écrite. Aucune conférence de presse n’a été tenue. Aucun numéro de référence d’enquête n’a été rendu public. RULAAC a interpellé conjointement la Nigeria Police Force, le DSS et les autorités militaires [45] [41] [46], leur demandant de divulguer le lieu de détention, de libérer Justice Crack si la détention est illégale, ou de garantir l’accès à des avocats, à des soins médicaux et à la famille si elle est légale [47]. L’organisation exige aussi une enquête indépendante [48], la protection de la famille [49] et des sanctions contre les responsables [50].
Un schéma documenté
Le Resource Centre for Human Rights and Civic Education évoque « un schéma persistant d’actions extrajudiciaires alléguées de la part des forces de sécurité » [51] [52] et appelle à une revue indépendante [53]. Ce schéma, le Nigeria le connaît de longue date. Selon plusieurs sources, on se souvient de l’exécution en 1995 de l’écrivain et militant ogoni Ken Saro-Wiwa, condamné par un tribunal militaire spécial après une procédure dénoncée par l’ensemble de la communauté internationale; on se souvient aussi de l’arrestation, en août 2019, du même Omoyele Sowore qui aujourd’hui réclame la libération de Justice Crack - Sowore avait alors été détenu plus de cent jours par le DSS au mépris d’ordonnances de remise en liberté de la haute cour fédérale d’Abuja.
À cette série s’ajoute le précédent qui pèse aujourd’hui directement sur l’affaire. Amnesty International a publié un rapport documentant la mort d’au moins 150 membres de la communauté Fulani [54] dans un camp militaire du National Youth Service Corps à Yikpata, État de Kwara [55] [56]. L’organisation a interrogé 60 personnes dans les zones touchées et 30 familles, détenus ou survivants entre le 5 et le 11 avril 2026 [57] [58] [59]. Un homme de 43 ans ayant fui le camp parle de 154 morts par faim et maladie [60] [61]. Au moins 100 femmes enceintes y seraient en danger [62].
Isa Sanusi, directeur d’Amnesty International Nigeria [63], résume: « Détenir des personnes sur la base de leur identité constitue un profilage discriminatoire et expose à la violence et à d’autres violations des droits humains » [64].
Ce que les sources ne disent pas
Aucune source consultée ne précise pourquoi le véhicule de Justice Crack se trouverait devant la Defence Intelligence Agency, alors que sa dernière localisation téléphonique pointait vers le complexe NAOWA d’Asokoro [9] [11]. Aucune n’explique le délai entre la disparition et la première intervention publique des autorités policières. La position officielle de la Defence Intelligence Agency [12], du Department of State Services [41] et de l’armée nigériane n’a pas été rendue publique à la date de publication de cet article.
RULAAC le formule ainsi: « Le silence continu des autorités face à cette situation est inacceptable. Chaque heure qui passe sans clarté augmente le risque pour sa vie et sa sécurité » [65].
► Lire aussi: Disparitions forcées en Afrique de l'Ouest: ce que documentent les ONG
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (65)
« The whereabouts of social media commentator and government critic Mr Justice Mark Chidiebere, popularly known as Justice Crack, remain unknown »
saharareporters.com ↗ ↩
« he reportedly left for a meeting in Abuja on Tuesday, April 28, 2026, and failed to return »
saharareporters.com ↗ ↩
« he reportedly left for a meeting in Abuja on Tuesday, April 28, 2026 »
saharareporters.com ↗ ↩
« Chidiebere’s wife explained that her husband had earlier dropped her at church and taken their children to school before leaving for the meeting »
saharareporters.com ↗ ↩
« Chidiebere informed his wife that he was heading to an undisclosed meeting after receiving a phone call »
saharareporters.com ↗ ↩
« he had earlier called a friend to help pick up his children from school, suggesting he expected to return shortly »
saharareporters.com ↗ ↩
« He added that around 12:38pm, she noticed missed calls from him »
saharareporters.com ↗ ↩
« His phones have since been switched off, and repeated attempts to reach him have been unsuccessful »
saharareporters.com ↗ ↩
« Social media users claimed his last known phone location was traced to the Nigerian Army Officers Wives Association (NAOWA) Complex in Asokoro, Abuja »
saharareporters.com ↗ ↩
« RULAAC in a statement issued on Thursday and signed by its Executive Director, Okechukwu Nwanguma »
saharareporters.com ↗ ↩
« his last tracked location was the Nigerian Army Officers Wives Association (NAOWA) Shopping Complex, Asokoro, Abuja. »
saharareporters.com ↗ ↩
« Justice’s vehicle was later sighted at the Defence Intelligence Agency offices »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« The Defence Intelligence Agency (DIA), is the primary military intelligence agency of Nigeria. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« The DIA was established in 1986 to provide an efficient system of obtaining military intelligence for the Nigerian Armed Forces and Ministry of Defence. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« In June 1986, then president, general Ibrahim Babangida issued Decree Number 19. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« In June 1986, then president, general Ibrahim Babangida issued Decree Number 19, dissolving the National Security Organization (NSO) and restructuring Nigeria's security services into three separate entities. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« The DIA is headed by the Chief of Defence Intelligence (CDI) who is appointed by the President of Nigeria. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« The DIA is headed by the Chief of Defence Intelligence (CDI) who is appointed by the President of Nigeria. »
en.wikipedia.org ↗ ↩
« THE COMMISSIONING OF THE HEADQUARTERS OF DEFENCE INTELLIGENCE AGENCY ON THURSDAY, 30TH MAY 2024 IN ABUJA. »
defence.gov.ng ↗ ↩
« THE COMMISSIONING OF THE HEADQUARTERS OF DEFENCE INTELLIGENCE AGENCY ON THURSDAY, 30TH MAY 2024 IN ABUJA. »
defence.gov.ng ↗ ↩
« Chidiebere had recently become increasingly vocal on two sensitive national issues: the welfare of Nigerian soldiers deployed to dangerous conflict zones »
saharareporters.com ↗ ↩
« and the controversial killing of NYSC member Abdulsamad Jamiu in Abuja »
saharareporters.com ↗ ↩
« the controversial killing of NYSC member Abdulsamad Jamiu in Abuja »
saharareporters.com ↗ ↩
« 24-year-old Abdulsamad Jamiu on April 26, 2026 »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Abdulsamad Jamiu, known as 'Kesh,' was a civil engineering graduate of the Federal University of Technology, Minna. He was serving with the NYSC »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« He was serving with the NYSC and was due to complete his service in May 2026 »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Jamiu was killed in his bedroom around 2:04 a.m. On Saturday, April 26 »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« reported extrajudicial killing of 24-year-old Abdulsamad Jamiu on April 26, 2026 »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« in the Dakwa area of Niger State, near Dei-Dei, Abuja »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Farida Jimoh, the victim’s sister, said she woke to a gunshot and found three men in army uniforms in the corridor »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« “They quickly flashed their flashlight in my eye,” she said. “I asked who is here. They said I should calm down, my attention is needed.” »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Justice Crack also questioned the Nigerian Army's claim that the serving member of the National Youth Service Corps (NYSC), Abdulsamad Jamiu, who was shot dead in Abuja, was killed by a stray bullet during a cross-fire between the soldiers and armed robbers. »
saharareporters.com ↗ ↩
« Lt. Olawuyi Odunola, Acting Assistant Director of Army Public Relations for the Guards Brigade, addressed the probe »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« “Our press release said that the investigation is still going on,” Odunola stated. “Once the investigation is over, you will be updated.” »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« “The absence of information, combined with the circumstances of his disappearance, raises serious fears of enforced disappearance, arbitrary detention, or abduction,” RULAAC said. »
saharareporters.com ↗ ↩
« according to human rights advocate Omoyele Sowore and civil society sources »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Social media activist Chidiebere Justice, popularly known as Justice Cracks, has been arrested by soldiers »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Sowore alleged that Brigadier General W.A. Adegoke was responsible for picking up Justice »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« As of April 30, 2026, mainstream national newspapers have not reported Justice Cracks’ arrest »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« Legal practitioners point to Section 39 of the 1999 Constitution, which guarantees freedom of expression »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« RULAAC therefore called on the Nigeria Police Force, the Department of State Services (DSS), and military authorities »
saharareporters.com ↗ ↩
« Human rights activist Peter Akah also disclosed in a video recorded at the Federal Capital Territory Police Command »
saharareporters.com ↗ ↩
« he and others have gone there to lodge complaints and demand urgent action »
saharareporters.com ↗ ↩
« Akah said the Commissioner of Police in the FCT assured them that the police had commenced efforts to locate Chidiebere and secure his release »
saharareporters.com ↗ ↩
« RULAAC therefore called on the Nigeria Police Force, the Department of State Services (DSS), and military authorities »
saharareporters.com ↗ ↩
« RULAAC therefore called on the Nigeria Police Force, the Department of State Services (DSS), and military authorities to immediately state whether the missing social critic is in their custody. »
saharareporters.com ↗ ↩
« The group also demanded the public disclosure of his whereabouts, his immediate release if unlawfully detained, or access to lawyers, medical care and family if he is legally in custody. »
saharareporters.com ↗ ↩
« The group further urged authorities to launch an independent and transparent investigation into the circumstances of his disappearance »
saharareporters.com ↗ ↩
« protect his family and supporters from harassment »
saharareporters.com ↗ ↩
« and punish anyone found responsible. »
saharareporters.com ↗ ↩
« The Resource Centre for Human Rights and Civic Education said the incident reflects what it described as a persistent pattern of alleged extrajudicial actions by security operatives »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« The Resource Centre for Human Rights and Civic Education said the incident reflects what it described as a persistent pattern of alleged extrajudicial actions by security operatives »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« The group called for an independent review and for the protection of citizens who comment on public interest matters »
pixelpulse.com.ng ↗ ↩
« the reported deaths of least 150 members of the Fulani community »
amnesty.org ↗ ↩
« detained at the National Youth Service Corps (NYSC) Orientation Camp in Yikpata »
amnesty.org ↗ ↩
« north-central state of Kwara »
amnesty.org ↗ ↩
« Between 5-11 April 2026, Amnesty International researchers visited the camp »
amnesty.org ↗ ↩
« engaged 60 people in affected and interviewed 30 family members, detainees and survivors of the camp »
amnesty.org ↗ ↩
« interviewed 30 family members, detainees and survivors of the camp »
amnesty.org ↗ ↩
« A total of 154 people have died from hunger and disease since we were brought and detained there »
amnesty.org ↗ ↩
« A 43-year-old man who escaped the camp told Amnesty International »
amnesty.org ↗ ↩
« At least 100 pregnant women at the camp are at risk of life-threatening complications »
amnesty.org ↗ ↩
« said Isa Sanusi, Director of Amnesty International Nigeria »
amnesty.org ↗ ↩
« Detaining people based on their identity constitutes discriminatory profiling, and exposes people to violence and other human rights violations »
amnesty.org ↗ ↩
« “The continued silence of authorities in the face of this situation is unacceptable. Every passing hour without clarity increases the risk to his life and safety and deepens public anxiety,” RULAAC added. »
saharareporters.com ↗ ↩
Sources
- Social Media Critic 'Justice Crack' Goes Missing In Abuja After Criticising Nigerian Army, Receiving Mysterious Call
- ‘Nothing Must Happen To Him’ — RULAAC Warns Over Enforced Disappearance Of Social Media Critic 'Justice Crack', Demands Whereabouts From DSS, Police
- Justice Cracks Arrested Over NYSC Killed by Soldier
- Nigeria: Authorities must investigate deaths of at least 150 Fulani people in military camp
- Defence Intelligence Agency (Nigeria)
- THE COMMISSIONING OF THE HEADQUARTERS OF DEFENCE INTELLIGENCE AGENCY IN ABUJA ON 30TH MAY 2024
