Keir Starmer quitte Westminster après 64 sessions de questions au Parlement
Le Premier ministre britannique a fait ses adieux à la Chambre des Communes ce 15 juillet, laissant la place à Andy Burnham dès le 20 juillet
Keir Starmer a présidé ce mardi sa dernière séance de questions au Parlement britannique, marquant la fin d'un mandat de deux ans à Downing Street. Ovationné debout par les députés, il a déclaré que son parcours politique touchait à sa fin et quittera officiellement ses fonctions le 20 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Keir Starmer a présidé sa 64e et dernière session de questions au Parlement britannique le 15 juillet 2026.
- Il a reçu une ovation debout après avoir déclaré que son parcours politique touchait à sa fin.
- Andy Burnham, soutenu par 369 députés travaillistes, lui succédera le 20 juillet après investiture royale.
- Starmer avait annoncé sa démission le 22 juin à la suite de revers électoraux locaux.
- Burnham sera le septième Premier ministre britannique en dix ans.
Le rideau est tombé ce mercredi 15 juillet sur la carrière parlementaire de Keir Starmer. Lors de sa 64e et dernière session de questions à la Chambre des Communes, le Premier ministre britannique a reçu une ovation debout des députés après avoir déclaré : « C’est la fin de mon parcours politique. » Une scène rare à Westminster, où l’émotion a gagné jusqu’à la chancelière Rachel Reeves, filmée en larmes sur le banc du gouvernement.
Avant de quitter l’hémicycle, Starmer a adressé un message personnel à sa famille présente dans la tribune : « À mon épouse et mes enfants, je vous aime. Au revoir. » L’annonce de son départ avait été faite le 22 juin dernier, après des revers électoraux locaux et une contestation interne de son leadership au sein du Parti travailliste.
Un départ organisé dans les règles
Keir Starmer présentera officiellement sa démission au roi Charles III le lundi 20 juillet au palais de Buckingham, selon Courthouse News. Son successeur, Andy Burnham, ancien maire du Grand Manchester, sera formellement nommé dans la foulée. Burnham a obtenu le parrainage de 369 députés travaillistes, selon The Guardian, ce qui lui assure la direction du parti et du gouvernement.
Lors de sa dernière intervention à la Chambre, Starmer a affirmé laisser le Royaume-Uni dans un « meilleur état » que celui dans lequel il l’avait trouvé en 2024, selon l’Associated Press. Il a également promis son « soutien total » à son successeur, marquant une transition ordonnée au sommet de l’État britannique.
Deux ans de mandat sous pression
Arrivé à Downing Street en juillet 2024 après la victoire travailliste aux élections générales, Keir Starmer aura dirigé le gouvernement pendant deux ans. Son mandat a été marqué par des défis économiques et des divisions internes, qui ont culminé avec les pertes électorales locales du printemps dernier. L’annonce de son retrait le 22 juin avait surpris une partie de l’opinion, mais reflétait les tensions croissantes au sein du parti.
La séance de questions de ce mardi a offert un contraste saisissant avec les joutes habituelles de Westminster. Les échanges, généralement vifs entre le Premier ministre et l’opposition, ont cédé la place à des hommages appuyés de plusieurs députés, toutes formations confondues.
Andy Burnham, septième Premier ministre en dix ans
Le changement de pouvoir prévu le 20 juillet fera d’Andy Burnham le septième Premier ministre du Royaume-Uni en l’espace de dix ans, selon Al Jazeera. Une rotation qui illustre l’instabilité politique britannique depuis le référendum sur le Brexit en 2016. Burnham, figure de l’aile gauche du Parti travailliste, a construit sa réputation comme maire du Grand-Manchester du 8 mai 2017 au 19 juin 2026.
Son arrivée à Downing Street marque un tournant générationnel pour le parti. À 56 ans, il devra composer avec une majorité parlementaire travailliste solide mais un contexte économique tendu, hérité en partie des années de gouvernement conservateur précédentes.
Contexte au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni connaît depuis 2016 une période de turbulences politiques sans précédent dans son histoire récente. Le référendum sur le Brexit a ouvert une décennie de crises de leadership : David Cameron, Theresa May, Boris Johnson, Liz Truss, Rishi Sunak, puis Keir Starmer se sont succédé à la tête du gouvernement. Cette instabilité a fragilisé la confiance des investisseurs et compliqué la gestion des dossiers économiques et sociaux.
Le Parti travailliste, revenu au pouvoir en 2024 après quatorze ans d’opposition, devra démontrer sa capacité à offrir une stabilité durable. Les élections locales du printemps 2026, qui ont précipité le départ de Starmer, ont révélé une impatience croissante de l’électorat face aux promesses non tenues.
Réactions dans la presse britannique
Les médias britanniques ont largement couvert l’événement. La BBC a qualifié la scène d’« adieu historique », tandis que Sky News a souligné le caractère « rare et émouvant » de l’ovation debout. The Independent a noté que Starmer quittait Westminster « la tête haute, mais plus tôt que prévu ».
Certains commentateurs conservateurs ont ironisé sur la brièveté du mandat, rappelant que Starmer avait promis en 2024 de diriger le pays pendant au moins cinq ans. D’autres ont salué sa décision de partir avant de subir une éventuelle motion de censure interne, ce qui aurait été inédit pour un Premier ministre travailliste en exercice.
Prochaine étape
Le 20 juillet, Andy Burnham se rendra au palais de Buckingham pour recevoir l’investiture royale et former son gouvernement. Les premiers remaniements ministériels sont attendus dans la foulée, avec Rachel Reeves pressentie pour conserver le portefeuille de l’Échiquier. Le nouveau Premier ministre devrait prononcer son premier discours devant la Chambre des Communes dès le lendemain.
