Landos : le préfet au chevet de l’éleveur après 25 brebis tuées par le loup

Yvan Cordier s'est rendu à Ribains le 7 mai pour soutenir l'éleveur et annoncer tirs d'effarouchement et extension du zonage loup à 70 communes

Landos : le préfet au chevet de l'éleveur après 25 brebis tuées par le loup
Illustration Valérie Roche / info.fr

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2026, une attaque de loup a tué 25 brebis Noires du Velay à Ribains, sur la commune de Landos. Le préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, s'est déplacé dès le lendemain. Des mesures immédiates ont été annoncées.

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2026, un loup a tué 25 brebis Noires du Velay dans le hameau de Ribains, sur la commune de Landos, au sud du Puy-en-Velay. L’Office français de la biodiversité (OFB) a confirmé la prédation par analyse des carcasses. Le 7 mai, le préfet Yvan Cordier s’est rendu sur place pour rencontrer l’éleveur.

L’essentiel

  • 25 brebis tuées : attaque survenue dans la nuit du 5 au 6 mai 2026 à Ribains (Landos), confirmée par l’OFB.
  • Tirs d’effarouchement : engagés dès le 6 mai 2026 sur décision préfectorale.
  • 70 communes concernées : le zonage loup en Haute-Loire a été élargi, ouvrant droit aux tirs de défense et aux aides à la protection.
  • 11 attaques depuis mai 2025 : plus de 100 bêtes prédatées en Haute-Loire en un an, selon ICI Radio France.
  • 206 400 têtes ovines recensées en Haute-Loire fin 2024, selon l’INSEE.

Une nuit meurtrière à Ribains

C’est dans la nuit du 5 au 6 mai que le drame s’est produit. Vingt-cinq brebis Noires du Velay ont été tuées dans l’exploitation de Ribains. La race, rustique, est originaire des plateaux volcaniques du Velay. Menacée de disparition au début du XXe siècle, elle avait été relancée par un syndicat d’éleveurs en 1931. Elle est réputée pour la qualité de sa viande et son adaptation au milieu montagnard.

L’OFB a procédé à des analyses des blessures sur les carcasses. Résultat : attaque avérée par loup, rapporte L’Éveil de la Haute-Loire. Le bilan - 25 bêtes en une seule nuit - est l’un des plus lourds enregistrés dans le département ces derniers mois.

Le préfet sur le terrain le lendemain

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Yvan Cordier ne s’est pas contenté d’un communiqué. Le 7 mai, le préfet de Haute-Loire a fait le déplacement à Landos pour rencontrer directement l’éleveur touché. La préfecture a communiqué sur sa venue via son compte officiel :

L’Éveil de la Haute-Loire a également couvert le déplacement :

Ce type de déplacement préfectoral au domicile d’un éleveur reste rare. Il traduit une volonté de l’État de ne pas laisser la question sans réponse visible, dans un département où la tension monte entre éleveurs et pouvoirs publics sur la gestion du loup. La démarche rappelle d’autres mobilisations récentes de représentants de l’État en réponse à des crises locales, comme le déplacement du préfet Gourtay à Thaon-les-Vosges sur les enjeux industriels.

Mesures immédiates : effarouchement, indemnisation, zonage élargi

Trois séries de mesures ont été annoncées. D’abord, des tirs d’effarouchement ont été engagés dès le 6 mai 2026 - soit avant même la visite préfectorale - pour protéger le troupeau survivant. Ensuite, l’éleveur bénéficiera d’un accompagnement pour l’indemnisation et la mise en place de protections renforcées sur son exploitation.

Enfin, et c’est la mesure la plus structurante : le zonage loup en Haute-Loire a été adapté pour couvrir désormais 70 communes du département. Cette extension ouvre droit, pour les éleveurs concernés, à des tirs de défense légaux et à des subventions pour la protection des troupeaux (clôtures, chiens de protection, gardiennage), selon la préfecture et L’Éveil de la Haute-Loire. La liste des communes concernées a été publiée par La Commère 43.

Contexte dans la Haute-Loire

La Haute-Loire n’est plus une zone de passage pour le loup. Selon ICI Radio France, le préfet Cordier a lui-même qualifié le département de « zone de prédation établie ». Depuis mai 2025, le loup aurait causé au moins 11 attaques dans le département, avec plus de 100 bêtes prédatées. Une projection évoque l’installation de 24 à 30 loups dans les années à venir, toujours selon cette source.

Le cheptel ovin est exposé : la Haute-Loire comptait 206 400 têtes ovines fin 2024, selon l’INSEE. La filière ovine est structurante pour l’agriculture du Massif central, avec une forte densité d’exploitations sur les plateaux du sud du département, précisément là où le loup progresse.

Au niveau national, la population lupine est estimée à 1 082 individus en 2025 selon France 3 Auvergne-Rhône-Alpes. Le quota de prélèvement a été relevé à 21 % en 2026, soit 227 loups autorisés à l’abattage, contre 19 % l’année précédente.

L’extension du zonage en Haute-Loire s’inscrit dans cette logique nationale de durcissement progressif des conditions d’intervention, sans pour autant répondre à toutes les demandes des syndicats d’éleveurs, qui réclament des mesures plus radicales. Sur ce sujet, la gestion des ressources naturelles sensibles mobilise régulièrement des représentants de l’État dans les territoires ruraux.

Une race emblématique dans le viseur

La Noire du Velay n’est pas une race anodine. Relancée dans les années 1930 après avoir frôlé l’extinction, elle est aujourd’hui portée par un syndicat de race et représente une part de l’identité agricole du plateau vellave. Perdre 25 bêtes en une nuit représente un choc économique direct pour l’exploitation concernée, mais aussi un signal pour l’ensemble de la filière locale.

L’identité de l’éleveur n’a pas été rendue publique à ce stade.

Prochaines étapes

Le suivi de l’indemnisation et la mise en œuvre effective des protections sur les 70 communes du nouveau zonage seront déterminants. Des éleveurs des zones nouvellement incluses dans le périmètre pourront désormais solliciter les aides et, si nécessaire, engager des tirs de défense sans démarches supplémentaires.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Valérie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Loire (43), avec Le Puy-en-Velay pour chef-lieu. Spécialité du département : depart chemin de Compostelle et AOP lentille verte. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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