Lorient : le forum anti-éolien flottant clôture sur un appel à la solidarité Bretagne Sud et Nord
Pendant trois jours, associations et habitants ont dénoncé l'appel d'offres AO10 et ses projets de parcs éoliens flottants en Bretagne.
Le contre-forum « La mer est belle sans éoliennes » s'est achevé ce samedi 27 juin à Lorient. Organisé par quatre associations bretonnes, il a rassemblé opposants du Sud et du Nord de la région pour dire non aux parcs éoliens flottants.
L’essentiel
- Dates : contre-forum « La mer est belle (et vivante) sans éoliennes » du 25 au 27 juin 2026 à Lorient.
- Contexte : le cahier des charges de l’appel d’offres national AO10 (10 GW) a été publié le 12 juin 2026.
- Projets visés : Bretagne-Sud 2 (jusqu’à 550 MW) et Bretagne-Nord-Ouest (1,2 GW), tous deux en éolien flottant.
- Organisateurs : quatre associations bretonnes : Piebîem, Gardiens du Large, Gens de Bretagne et Enviro Veritas.
- Recours : les collectifs ont déposé un recours en annulation devant le Conseil d’État en février 2026 contre la PPE3.
Le contre-forum « La mer est belle (et vivante) sans éoliennes ! » s’est tenu du 25 au 27 juin 2026 à Lorient, en marge de la cinquième édition du festival Lorient Océans. Ce rassemblement contestataire, à l’initiative de quatre associations bretonnes (Piebîem, Gardiens du Large, Gens de Bretagne et Enviro Veritas), visait à dénoncer le développement de l’éolien flottant en Bretagne, en réaction directe à la publication du cahier des charges de l’appel d’offres gouvernemental AO10 le 18 juin dernier.
Selon Lorient Agglomération, le forum a réuni plusieurs centaines de participants venus du Morbihan, du Finistère et d’Ille-et-Vilaine. Les organisateurs dénoncent une « mascarade » et un « greenwashing » du festival, dont le consortium Pennavel est partenaire majeur. « Nous ne sommes pas contre l’énergie, mais contre un modèle industriel qui détruit nos paysages et nos emplois », a résumé un porte-parole de Piebîem.
Les messages clés : économie, emploi, biodiversité
Plusieurs tables rondes ont ponctué les trois jours. Les intervenants ont mis en avant une équation économique intenable : l’éolien flottant nécessite d’importantes subventions publiques sans garantie de rentabilité à long terme. Les promesses d’emplois locaux ont été jugées illusoires, les postes créés étant souvent externalisés vers des sites industriels extérieurs à la Bretagne.
Sur le plan environnemental, les opposants alertent sur les menaces pesant sur la biodiversité marine (oiseaux, mammifères marins) et sur les paysages littoraux, en particulier le patrimoine mégalithique de la région (alignements de Carnac, sites de Locmariaquer). « Les éoliennes flottantes modifieront la perception des sites classés », a affirmé un représentant de l’association Gens de Bretagne.
Sur son compte X, le témoin Eric Sartori a résumé les messages clés du forum, évoquant « une prise de conscience collective face à l’industrialisation de la mer ».
Solidarité Bretagne Sud / Bretagne Nord
L’un des temps forts du forum a été la table ronde intitulée « Bretagne Sud, Bretagne Nord, même combat contre le flottant ». Des représentants du collectif Piebîem (sud) et de Gardiens du Large (nord) ont affiché une solidarité totale contre les deux projets de parcs éoliens flottants : Bretagne-Sud 2 (jusqu’à 550 MW) et Bretagne-Nord-Ouest (1,2 GW).
« Nous ne laisserons pas diviser les Bretons. Les impacts sont les mêmes, que ce soit sur la côte sud ou nord », a déclaré une responsable de Gardiens du Large. Les participants ont insisté sur la nécessité d’une opposition unifiée pour peser dans les procédures de débat public qui s’annoncent.
Contexte dans le Morbihan
Le Morbihan est directement concerné par le projet Bretagne-Sud 2, qui s’étendrait au sud de l’île de Groix, à une vingtaine de kilomètres des côtes lorientaises. Le département compte déjà plusieurs zones de parcs éoliens en projet ou en développement (projets au large de Belle-Îleprojets au large de Belle-Île). Selon les chiffres de la préfecture, la pêche et la plaisance représentent plusieurs milliers d’emplois directs dans le Golfe du Morbihan, secteurs que les opposants estiment menacés par l’emprise des parcs.
D’autres mobilisations ont récemment marqué l’actualité régionale. À Brest, un hommage aux marins de Mers el-Kébir a rappelé l’attachement à la tradition maritime. À Paris, 4 000 manifestants se sont rassemblés contre l’euthanasie, illustrant d’autres formes de contestation citoyenne.
Les associations bretonnes ont déjà engagé un recours en annulation devant le Conseil d’État en février 2026, visant le décret de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). La décision est attendue dans les prochains mois, tandis que le débat public sur l’AO10 doit s’ouvrir à l’automne 2026.