Lyon : les Soieries Saint-Georges sanctionnées pour présentation trompeuse de l’origine de leurs produits

La DDPP du Rhône a infligé une amende transactionnelle de 15 000 € à la SARL du Vieux-Lyon, dont les gérants invoquent un « sujet d'interprétation ».

Lyon : les Soieries Saint-Georges sanctionnées pour présentation trompeuse de l'origine de leurs produits
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Les deux boutiques de soierie du Vieux-Lyon ont été épinglées par la Direction départementale de la protection des populations du Rhône pour avoir présenté des articles fabriqués en Italie et en Chine de manière à laisser supposer une origine française. La société a accepté une amende transactionnelle de 15 000 euros.

L’essentiel

  • Sanction : amende transactionnelle de 15 000 € acceptée par la SARL Soieries Saint-Georges, confirmée par la DDPP du Rhône (DGCCRF).
  • Périmètre : plusieurs centaines d’articles (soieries fabriquées en Italie et en Chine) présentés de manière à laisser supposer une origine française dans deux boutiques du Vieux-Lyon.
  • Enquête : menée par la DDPP du Rhône entre 2024 et 2025 ; procédure transactionnelle close.
  • Réponse des gérants : Romain et Virgile de la Calle nient toute fausse étiquette et parlent d’un « sujet d’interprétation » sur la mise en avant de la provenance.

Ce que la DDPP a constaté

La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Rhône, rattachée à la DGCCRF, a conclu à des pratiques commerciales trompeuses dans les deux boutiques de la SARL Soieries Saint-Georges : au 11 rue Mourguet et au 68 rue Saint-Jean, dans le 5e arrondissement de Lyon. Selon la publication officielle de la DGCCRF sur ses réseaux sociaux, plusieurs centaines d’articles - foulards, carrés, châles - fabriqués ou tissés en Italie et en Chine étaient présentés de manière à laisser supposer une origine française aux clients.

L’enquête a été conduite entre 2024 et 2025. La procédure choisie est transactionnelle : administrative, elle ne vaut pas reconnaissance de culpabilité pénale. La SARL a accepté de régler 15 000 euros pour solder le litige, selon les informations de la Tribune de Lyon et du Progrès, confirmées par la DGCCRF.

La version des gérants : ambiguïté, pas falsification

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Romain et Virgile de la Calle, qui gèrent l’enseigne familiale fondée par leur père Ludovic, ont répondu au Progrès le 14 juin 2026. Leur ligne de défense est claire : aucun produit n’a fait l’objet de fausses étiquettes francisant les articles. En revanche, ils reconnaissent que la provenance des soieries n’était pas systématiquement mise en avant en boutique, créant selon eux une « possible ambiguïté ».

« C’est un sujet d’interprétation », ont-ils déclaré, selon le Progrès. Ils soulignent que la procédure transactionnelle - par nature non judiciaire - ne constitue pas une reconnaissance de culpabilité. L’amende a néanmoins été payée.

Un contexte de tensions entre soyeux lyonnais

L’affaire ne surgit pas dans le vide. Selon la Tribune de Lyon, un conflit préexistait depuis 2024 entre plusieurs commerçants spécialisés dans la soierie du quartier Saint-Jean. Des dénonciations par mails, des commentaires négatifs en ligne et des tensions directes - dont une altercation évitée de justesse impliquant la boutique Brochier - avaient déjà fragilisé les relations dans ce secteur étroit du Vieux-Lyon. C’est dans ce contexte que les signalements auraient conduit à l’enquête de la DDPP, sans que les sources consultées ne précisent formellement qui a alerté les services de l’État.

Cette dimension met en lumière la fragilité des équilibres dans un secteur patrimonial où la réputation constitue un actif central. Dans le Rhône, des pratiques similaires ont fait l’objet d’une attention accrue : la DGCCRF multiplie les contrôles sur les allégations d’origine dans le textile, notamment sur l’usage du label « Made in France » et des mentions assimilées, comme le rappelle l’administration sur son site Signal.conso.

Contexte dans le Rhône

La soierie lyonnaise est indissociable de l’identité économique et patrimoniale de Lyon, régulièrement présentée comme « capitale mondiale de la soie ». Les Soieries Saint-Georges s’inscrivent dans cette tradition : l’enseigne perpétue le tissage sur métiers Jacquard du XIXe siècle et propose une gamme haut de gamme dans un atelier visible du public. Cette image de savoir-faire local rend d’autant plus sensible toute question sur l’origine réelle des produits vendus.

Dans le Rhône, la DGCCRF peut s’appuyer sur la DDPP pour mener des enquêtes sectorielles. La procédure transactionnelle, distincte d’une poursuite pénale, permet de sanctionner rapidement sans passer par un tribunal. C’est la voie qui a été retenue ici. Par ailleurs, dans un département où le commerce de détail patrimonial attire une clientèle touristique internationale, la question de la transparence sur l’origine des produits dépasse le simple cadre réglementaire : elle touche à la confiance des consommateurs dans une appellation géographique forte. Sur un dossier voisin - celui des fermetures de commerces prononcées en Ardèche par le préfet - on voit que les services de l’État de la région Auvergne-Rhône-Alpes n’hésitent plus à afficher publiquement leurs décisions administratives.

Ce que dit la réglementation

La DGCCRF rappelle que toute présentation susceptible de créer une confusion sur l’origine géographique d’un produit peut être qualifiée de pratique commerciale trompeuse, même en l’absence de fausse étiquette explicite. Il suffit que la mise en scène globale - décoration, discours vendeur, contexte - induise le consommateur en erreur. Cette interprétation large est précisément ce que contestent les gérants des Soieries Saint-Georges. Les commerces spécialisés dans les produits à forte valeur symbolique sont particulièrement exposés à ce type de contrôle, dès lors qu’ils jouent sur une identité territoriale pour justifier leurs prix.

La procédure transactionnelle étant close, aucune audience judiciaire n’est prévue. Les Soieries Saint-Georges restent ouvertes. Les gérants n’ont pas précisé si des modifications de présentation en boutique avaient été apportées à la suite du contrôle.

Margaux
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Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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