Marseille : ‘Le H’, recruteur d’ados via Snapchat pour la DZ Mafia, condamné à 12 ans

Depuis sa cellule, Hacène Larbi avait mandaté un mineur des Yvelines pour exécuter une cible dans les quartiers nord de Marseille en juin 2023.

Marseille : 'Le H', recruteur d'ados via Snapchat pour la DZ Mafia, condamné à 12 ans
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Hacène Larbi, alias 'Le H', 24 ans, a été condamné le 13 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Paris à 12 ans de prison. Membre présumé de la DZ Mafia, il avait recruté un adolescent de 17 ans via Snapchat, depuis sa cellule de la prison de Réau, pour commettre un assassinat à Marseille. La mission a échoué.

Hacène Larbi, alias ‘Le H’, 24 ans, a été condamné le 13 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Paris à 12 ans de prison pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime. Membre présumé de la DZ Mafia, il avait orchestré depuis sa cellule de la prison de Réau, en Seine-et-Marne, le recrutement d’un mineur chargé d’exécuter une cible dans les quartiers nord de Marseille.

L’essentiel

  • Condamnation : 12 ans de prison prononcés le 13 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue d’un crime.
  • Le recrutement : Un adolescent de 17 ans, originaire des Yvelines, contacté via Snapchat depuis la cellule de Larbi à la prison de Réau, contre plusieurs milliers d’euros.
  • L’échec : Le mineur a manqué sa cible en juin 2023 dans les quartiers nord de Marseille, blessant un passant de 20 ans à l’arme blanche. Il a été dénoncé par un appel anonyme passé depuis le téléphone de Larbi en prison.
  • Casier : Larbi cumule 19 condamnations antérieures à 24 ans.
  • Suite judiciaire : L’adolescent recruté sera jugé séparément en juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Paris.

Une exécution commanditée depuis une cellule

Les faits remontent à juin 2023. Incarcéré à la maison d’arrêt de Réau, Hacène Larbi prend contact, via Snapchat, avec un adolescent de 17 ans vivant dans les Yvelines. La mission : localiser et tuer une cible dans les quartiers nord de Marseille. La rémunération promise se chiffre en plusieurs milliers d’euros, selon Le Parisien et France 3 Régions.

Le jeune recruté se rend à Marseille. Il échoue à atteindre sa cible, blesse à l’arme blanche un passant de 20 ans dans une impasse, et repart sans accomplir le contrat. L’enquête aboutit rapidement : un appel anonyme est passé depuis le téléphone même de Larbi, en prison, pour dénoncer le mineur. Selon 20 Minutes et BFMTV, c’est cette piste téléphonique qui permet aux enquêteurs de remonter jusqu’au commanditaire.

Un profil judiciaire hors norme à 24 ans

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Au moment de sa condamnation, Hacène Larbi totalisait déjà 19 condamnations judiciaires. La procureure l’a décrit devant le tribunal comme une « personnalité inquiétante » présentant un « défaut total d’empathie », selon France 3 Régions.

Lors des audiences, Larbi a revendiqué son rôle avec une forme de cynisme. Il se décrit lui-même, selon Europe 1 et BFMTV, comme un « auto-entrepreneur » du recrutement criminel. Il affirme agir pour la DZ Mafia depuis 2021 et avoir démarché des jeunes à Grenoble, Lyon ou Paris pour des contrats similaires.

Des mineurs au cœur du narcotrafic marseillais

Le cas de Hacène Larbi n’est pas isolé. Dans les affaires de meurtres et tentatives liées au narcotrafic à Marseille, un suspect sur quatre a moins de 20 ans et un sur dix est mineur, selon des enquêtes policières citées par Franceinfo. Le recrutement de très jeunes exécutants via les réseaux sociaux s’est imposé comme une méthode rodée des réseaux criminels.

Un précédent marquant : Matéo, 18 ans, soupçonné de sept assassinats en 2023 pour la DZ Mafia, avait lui aussi été repéré et recruté en ligne avant son arrestation. Le phénomène dépasse Marseille : à Nantes, un adolescent de 15 ans a été tué en mai 2026 dans une fusillade liée au narcotrafic. Ces jeunes recrues, souvent sans casier, sont présentées comme des profils difficiles à repérer pour les services d’enquête.

Concernant l’adolescent des Yvelines impliqué dans cette affaire, sa procédure se poursuit séparément. Il comparaîtra en juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Paris, selon 20 Minutes et La Provence.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Marseille reste au centre des tensions liées aux réseaux du narcotrafic en France. En 2025, la préfecture des Bouches-du-Rhône faisait état d’une baisse de 4,1 % de la délinquance générale dans la ville par rapport à 2024. Mais dans le même bilan, les atteintes aux personnes progressaient de 3,9 %, selon les données préfectorales relayées par France Bleu Provence.

La DZ Mafia est au cœur de plusieurs procédures judiciaires en cours. En avril 2026, un procès distinct avait abouti à des condamnations allant jusqu’à 25 ans de réclusion pour double assassinat, le parquet ayant depuis fait appel, selon 20 Minutes et BFMTV. Les violences liées au narcotrafic touchent également d’autres villes de la région : à Nice, une fusillade mortelle aux Moulins a abouti à l’interpellation de quatre suspects, dont le tireur présumé.

Dans ce contexte, la condamnation de Larbi illustre une réalité documentée : la capacité des réseaux à fonctionner même depuis les établissements pénitentiaires, via des téléphones illicitement introduits en cellule. La question du contrôle des communications en détention est posée depuis plusieurs années sans solution définitive.

Un profil qui interpelle la justice

Lors du procès, Larbi a déclaré, toujours selon Le Parisien : « Moi, la criminalité, je ne l’ai pas subie, je l’ai choisie. » Cette formule a marqué les audiences. À 24 ans, avec 19 condamnations au compteur, son parcours interroge sur les filières de recrutement précoce au sein des réseaux criminels et sur les outils de prévention disponibles. Au niveau national, le gouvernement a engagé des déploiements renforcés de forces de l’ordre dans plusieurs grandes villes, sans que les résultats soient encore mesurables sur ce type de criminalité organisée.

La procureure a requis et obtenu la peine maximale dans le cadre des qualifications retenues. La défense n’a pas annoncé de recours à ce stade, selon les informations disponibles au 15 mai 2026.

Prochaine étape

L’adolescent recruté des Yvelines sera jugé en juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Paris. Le département des Yvelines est ainsi, pour la deuxième fois en quelques semaines, au cœur d’une affaire judiciaire majeure jugée à Paris.

Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

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