Marseille : 500 teufeurs manifestent au Vieux-Port contre la loi RIPOST

La « Manifestive » annuelle a réuni environ 500 personnes dimanche, cinq jours après l'adoption du projet de loi RIPOST au Sénat.

Marseille : 500 teufeurs manifestent au Vieux-Port contre la loi RIPOST
Illustration Alexandre Santini / info.fr

Cinq jours après le vote du Sénat sur le projet de loi RIPOST, quelque 500 personnes ont défilé dimanche au Vieux-Port de Marseille contre la répression des free parties. La mobilisation s'inscrit dans une série nationale de 30 villes organisée par le collectif Tekno Anti Rep.

L’essentiel

  • 500 participants : chiffre fourni par la police pour la Manifestive du 31 mai 2026 au Vieux-Port de Marseille.
  • RIPOST adopté au Sénat : 243 voix pour, 33 contre, le 26 mai 2026 - cinq jours avant le cortège marseillais.
  • Nouvelles sanctions prévues : jusqu’à 2 ans de prison et 30 000 € d’amende pour organisation d’une free party, 6 mois et 7 500 € pour participation.
  • 30 villes mobilisées : série nationale de manifestives entre le 30 mai et le 13 juin 2026, portée par le collectif Tekno Anti Rep.
  • Comparaison 2025 : lors de la manifestive du 12 avril 2025, environ 1 600 participants avaient été comptés à Marseille selon la police.

Une dizaine de camions sono au Vieux-Port

Dimanche 31 mai, le Vieux-Port de Marseille s’est transformé en cortège sonore. Selon La Provence et 20 Minutes, environ 500 personnes ont suivi le défilé baptisé « Manifestive », au rythme de la musique techno diffusée par des enceintes embarquées sur une dizaine de camions. Les slogans scandés - « Plus de son, moins de répression » - résument les revendications du rassemblement. Aucun incident n’a été signalé.

L’événement a été confirmé sur place par le compte X @vicdiethelm, témoin local ayant posté images et vidéos du cortège.

RIPOST : ce que le texte prévoit

Publicité

Le déclencheur immédiat : l’adoption du projet de loi RIPOST (Réponse aux Incivilités, aux Provocations et aux Situations de Trouble à l’Ordre public Sécurité) par le Sénat le 26 mai 2026, à 243 voix pour et 33 contre, selon Le Monde. Le texte crée un nouveau délit d’organisation de free party, passible de deux ans de prison et 30 000 € d’amende. La simple participation devient punissable de six mois d’emprisonnement et 7 500 € d’amende. Le seuil de déclaration obligatoire est abaissé à 250 personnes.

Le texte, déposé le 25 mars 2026 et examiné au Sénat du 18 au 26 mai, doit désormais être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, selon Vie-publique.fr - vraisemblablement avant la suspension estivale de mi-juillet.

Une seconde proposition de loi est également visée par les manifestants : la PPL 1133, déposée le 18 mars 2025 par la députée Laetitia Saint-Paul (Horizons) et adoptée en première lecture à l’Assemblée le 9 avril 2026. Elle renforce elle aussi la pénalisation des rave-parties, selon l’Assemblée nationale.

Tekno Anti Rep, un collectif né en 2022

La Manifestive est portée par le collectif Tekno Anti Rep, créé en 2022 en solidarité avec le mouvement free party italien, alors ciblé par un décret anti-rave, selon Tsugi et le compte Instagram du collectif. Depuis, le réseau organise des manifestations annuelles en France pour défendre ce qu’il présente comme une culture alternative.

Pour 2026, la série nationale couvre 30 villes entre le 30 mai et le 13 juin, selon Basta ! et ici.fr. La mobilisation est présentée par les organisateurs comme une réponse directe aux deux textes en cours d’examen parlementaire. La Région Sud soutient plus de 250 festivals cet été, de Marsatac aux Chorégies d’Orange - contexte dans lequel la question des libertés festives prend une résonance locale particulière.

Contexte dans les Bouches-du-Rhône

Marseille est régulièrement l’une des places fortes des manifestives. En avril 2025, lors du cortège du 12 avril sur la Canebière, la police avait comptabilisé environ 1 600 participants selon Le Figaro et mars-infos.org - trois fois le chiffre enregistré cette année au Vieux-Port. La baisse de fréquentation reste à expliquer : les organisateurs n’ont pas communiqué d’élément à ce stade.

Les Bouches-du-Rhône concentrent une partie importante de la scène tekno du sud de la France. La préfecture n’a pas fait de déclaration publique à l’issue du cortège du 31 mai. Marseille fait par ailleurs face à d’autres tensions dans l’espace public : SUD Santé a récemment interpellé le préfet sur l’asphyxie routière dans le nord de la ville, signe d’un agenda sécuritaire et urbain chargé pour les autorités locales.

Un précédent national qui se structure

En 2025, les manifestives avaient mobilisé dans plus de 25 villes, selon Le Figaro. La série 2026 dépasse ce chiffre avec 30 villes annoncées. Les collectifs ciblent désormais explicitement le calendrier parlementaire, cherchant à peser avant l’examen du texte RIPOST à l’Assemblée nationale. Des mobilisations similaires contre des restrictions aux rassemblements festifs ont eu lieu dans d’autres pays européens, notamment en Italie et au Royaume-Uni, mais Tekno Anti Rep n’a pas établi de coordination internationale documentée pour cette série.

Le débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi RIPOST constituera le prochain temps fort. Les organisateurs des manifestives ont annoncé la poursuite des actions jusqu’au 13 juin 2026, date de clôture de la série nationale.

Sources

Alexandre Santini

Alexandre Santini

Alexandre est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Bouches-du-Rhône (13), avec Marseille pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port français et métropole AMP (1,9M habitants). Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Publicité
Lien copié !
×