McLaren dans la tempête : Silverstone expose les faiblesses de la MCL40
L'écurie papaye accuse 40 secondes de retard à Silverstone et arrive à Spa avec une voiture qui ne supporte ni le vent, ni le froid, ni la pluie
Oscar Piastri termine 11e à Silverstone, Lando Norris 4e avec plus de 40 secondes de retard sur le vainqueur. McLaren glisse au quatrième rang mondial et accuse trois mois de retard sur Mercedes en développement.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fenêtre d'exploitation trop étroite
La MCL40 ne fonctionne que dans des conditions idéales d'adhérence et de température. Dès que le vent se lève, que les pneus refroidissent ou que la météo change, la voiture perd du temps.
Retard de développement critique
McLaren accuse trois mois de retard sur Mercedes en développement, un écart qui se traduit directement dans les chronos.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
-
2021
Faiblesse à l'avant déjà présente
La MCL35M présentait déjà une faiblesse à l'avant nécessitant un style de pilotage agressif. Daniel Ricciardo a payé le prix fort. [^f34][^f31][^f41]
-
2026
Accumulation de problèmes
Canada, Monaco, Silverstone : à chaque changement de conditions, la MCL40 s'effondre. Cinq abandons sur douze GP. [^f36][^f1]
-
5 juil. 2026
Silverstone fait office de juge de paix
Piastri 11e, Norris 4e avec 40 secondes de retard. McLaren glisse au 4e rang mondial. [^f14][^f20][^f16][^f17][^f12]
-
17-19 juil. 2026
GP de Belgique à Spa
Circuit le plus exigeant en gestion d'énergie, pluie annoncée. McLaren arrive sur son pire terrain avec un nouvel aileron et une 3e unité de puissance. [^f11][^f6][^f22][^f29]
Oscar Piastri sort de sa McLaren à Silverstone et lâche une phrase qui résume tout: « Les conditions ont clairement exposé nos points faibles ». Il vient de terminer 11e. Son coéquipier Lando Norris, 4e - accusait plus de 40 secondes de retard sur le vainqueur Charles Leclerc avant que la voiture de sécurité ne vienne sauver les apparences. Le 5 juillet 2026 - le Grand Prix de Grande-Bretagne a fait office de juge de paix.
McLaren a glissé au quatrième rang de la hiérarchie mondiale - derrière Ferrari, Mercedes et Red Bull. L’écurie de Woking arrive à Spa-Francorchamps (du 17 au 19 juillet ) avec une voiture qui ne supporte ni le vent, ni le froid des pneus, ni les changements de météo. « Quand l’adhérence est bonne et constante, nous pouvons nous mêler à la lutte et masquer nos problèmes », poursuit Piastri. « Mais dès que la météo devient difficile, il n’y a nulle part où se cacher. »
Une fenêtre d’exploitation mesurée au degré près
La MCL40 souffre dès que les conditions « sortent légèrement de notre zone de confort » - dit Piastri. Le Canada, Monaco, Silverstone: à chaque fois que la température des pneus devient « difficile et délicate à obtenir » - la voiture s’enfonce. Les virages à haute vitesse de Maggots, Becketts et Chapel à Silverstone ont exposé « une faiblesse connue » en stabilité. Le vent aggrave tout: chaque rafale latérale déstabilise l’équilibre aérodynamique, rendant l’arrière « plus nerveux ». L’adhérence fluctuante fait le reste.
« Notre voiture, quand on la compare à Ferrari et Mercedes, souffre d’un déficit de grip » - reconnaît l’équipe. Un choix de conception explique une partie du problème: McLaren a adopté un empattement beaucoup plus court que ses rivaux. Cette décision « a prouvé être un choix avec des implications complexes pour la performance constante sur différents circuits » - analyse Paolo Filisetti. Les ingénieurs « manquent encore d’une compréhension précise du comportement de la voiture qui permettrait des évolutions ciblées et efficaces ».
Les MCL39 et MCL40 deviennent « plus incisives à l’avant et plus nerveuses à l’arrière » dès que l’adhérence baisse. Ce n’est pas nouveau: la MCL35M de 2021 présentait déjà une faiblesse à l’avant qui nécessitait un style de pilotage agressif et un freinage tardif pour être atténuée. Daniel Ricciardo a payé le prix fort cette année-là, incapable de s’adapter aux « caractéristiques particulières » de la voiture, notamment dans les virages à vitesse faible et moyenne. Andreas Seidl avait attribué ces difficultés aux surfaces de piste à faible adhérence.
Trois mois d’évolutions envolées
McLaren a pris trois mois de retard sur la courbe de développement de l’équipe d’usine Mercedes. L’écurie papaye « est passée de la voiture de référence en F1 à un retard de trois mois » - note The Race. Andrea Stella - le directeur d’équipe, a indiqué après Silverstone 2026 que « le déficit de performance ne peut pas être attribué uniquement à la voiture elle-même ».
Des abandons qui ont plombé le championnat
La fiabilité aggrave le tableau. McLaren a accumulé 5 abandons sur 12 Grands Prix cette saison. Deux ont eu lieu en Chine avec des « problèmes de batterie Mercedes avant la course » qui ont empêché les deux monoplaces de prendre le départ. Aucune source consultée ne précise le rôle exact de Mercedes dans la fourniture et la fiabilité des batteries. L’écurie introduit à Spa la troisième unité de puissance Mercedes (ICE) de la saison - ainsi qu’un nouvel aileron arrière à faible traînée. Neil Houldey - tempère les attentes: ils ne s’attendent pas à un « grand changement en termes de compétitivité ».
Spa, le toboggan de tous les dangers
Le circuit belge est « l’un des tracés les plus exigeants en gestion d’énergie du calendrier » - prévient McLaren. Spa cumule des caractéristiques qui exposent directement les faiblesses de la MCL40. Les prévisions annoncent des averses intermittentes tout le week-end. Houldey y voit une « opportunité précieuse de potentiellement faire rouler cette voiture sous la pluie et de comprendre son comportement dans des conditions de faible adhérence », une façon élégante de dire que l’équipe ne comprend toujours pas sa propre monoplace. Le circuit est exposé aux rafales latérales. Or la stabilité haute vitesse de la McLaren est déjà fragile en air calme. Avec du vent de travers dans Blanchimont ou Pouhon, la voiture devient ingérable.
McLaren devra faire le dos rond en Belgique en attendant le Grand Prix de Hongrie - où un package d’évolutions majeur est censé « corriger définitivement ces faiblesses chroniques ». En attendant, Piastri résume: « Nous avons clairement des zones sur lesquelles nous voulons travailler, mais pour le moment, nous semblons clairement avoir du mal quand les choses sont un peu plus difficiles ». Canada, Monaco, Silverstone: à chaque fois que « la température des pneus est difficile et délicate à obtenir, nous avons eu du mal. Quand le vent est fort, nous avons eu du mal. Et nous avons eu du mal quand tout est juste un peu en dehors de notre zone de confort ».
Le souvenir du Grand Prix de Russie 2021 plane: Lando Norris y avait manqué la victoire à cause d’une mauvaise décision de pneus sous la pluie. Cinq ans plus tard, McLaren souffre toujours des mêmes maux dès que le ciel se couvre. À Spa, il pleut souvent.
Sources
- The Race - McLaren technical problems 2026
- Road & Track - Can McLaren turn 2026 season around
- RacingNews365 - Key Red Bull and McLaren problems
- McLaren.com - Belgian Grand Prix preview
- MotorsportWeek - Piastri pinpoints McLaren struggles
- Formula1.com - McLaren half-term report
- Motorsport.com - Factory teams advantage F1 2026
