Millau : les cheminots manifestent pour la réouverture de la ligne Rodez-Millau
Fermée depuis décembre 2017, la ligne Millau-Rodez concentre la colère syndicale lors de la grève nationale SNCF des 10 et 11 juin 2026.
Les cheminots aveyronnais se sont mobilisés les 10 et 11 juin 2026, dans le cadre de la grève nationale SNCF, pour exiger la réouverture immédiate de la ligne Millau-Rodez via Sévérac. Fermée depuis décembre 2017, la ligne reste remplacée par des cars et son projet de réhabilitation a été gelé par la Région Occitanie faute de financements.
L’essentiel
- Fermeture : la ligne Millau-Rodez (via Sévérac-le-Château, 44,7 km) est fermée aux voyageurs depuis décembre 2017 pour vétusté des voies.
- Mobilisation : rassemblement de cheminots et d’usagers devant la gare de Millau le 11 juin 2026, au lendemain d’une journée de grève nationale SNCF.
- Projet gelé : la réhabilitation, estimée entre 80 et 160 M€ selon les sources, était inscrite au Plan Rail Occitanie avec une cible 2025-2026 ; elle a été suspendue faute de financement.
- Remplacement actuel : les cars liO ligne 214 (Millau-Rodez via Sévérac) assurent la liaison, pour un trajet d’environ 1h30.
Deux jours de mobilisation devant la gare de Millau
Le 10 juin 2026, dans le cadre d’un appel unitaire CGT Cheminots, UNSA Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots, les agents SNCF du Sud-Aveyron ont participé à la journée de grève nationale. En Aveyron, la mobilisation a pris une teinte locale bien précise : la réouverture de la ligne Millau-Rodez. Le lendemain, 11 juin, un rassemblement s’est tenu directement devant la gare de Millau, réunissant cheminots et usagers, selon La Dépêche du Midi et Millavois.
Frédéric Laur, secrétaire CGT cheminots de Millau, a pris la parole pour dénoncer ce qu’il décrit comme la « casse du service public ferroviaire » : fermetures de guichets, absence de perspective de réouverture de la ligne et gel du projet de réhabilitation, selon Millavois. Midi Libre avait signalé dès le 5 juin que les cheminots du Sud-Aveyron entendaient « monter au créneau » sur ces deux sujets.
Une ligne à l’arrêt depuis près de neuf ans
La ligne de Sévérac-le-Château à Rodez, longue de 44,7 km, a été fermée au trafic voyageurs en décembre 2017. La décision avait été motivée par la vétusté des voies et des impératifs de sécurité, selon Wikipedia et Railpassion. Depuis, les usagers empruntent les cars liO ligne 214 (Millau-Rodez via Sévérac), opérés par la Région Occitanie. Le trajet dure environ 1h30, avec plusieurs départs quotidiens selon les jours, consultables sur l’application liO Occitanie.
La substitution par cars est critiquée par les syndicats et les associations d’usagers, qui pointent une dégradation des conditions de transport pour les habitants du Sud-Aveyron, notamment les actifs et les lycéens. Pour les habitants de la région, le territoire aveyronnais cumule les sujets de préoccupation économique et sociale ces derniers mois.
Un projet de réouverture suspendu faute de financements
La réhabilitation de la section Rodez-Sévérac avait été inscrite au Plan Rail Occitanie, avec une cible de réouverture initialement envisagée autour de 2025-2026. Le coût estimé varie selon les sources entre 80 et 160 M€, selon Wikipedia et le blog spécialisé Rail du Sud. Fin 2024 ou début 2025, la Région Occitanie a décidé de geler le projet, invoquant des contraintes de financement, toujours selon ces mêmes sources.
Cette suspension a suscité une réaction immédiate des cheminots. En décembre 2024, des agents avaient organisé une opération symbolique de débroussaillage à l’ancienne gare de Laissac pour protester contre le gel, selon Le Journal de Millau et La Dépêche. Le Comité Pluraliste, association créée en 1995 et active sur plusieurs lignes du Massif central dont Béziers-Neussargues et Rodez-Sévérac-Millau, organise régulièrement des actions similaires et a tenu une assemblée générale récente, selon 12actu.com.
Contexte dans l’Aveyron
L’Aveyron est un département rural de 280 000 habitants environ, où les liaisons ferroviaires jouent un rôle structurant pour le désenclavement. La ligne Millau-Rodez était l’une des rares connexions ferroviaires entre le chef-lieu aveyronnais et le sud du département. Sa fermeture a renforcé la dépendance à la voiture individuelle dans une zone où l’offre de transport reste limitée.
Le contexte national n’est pas anodin. La grève du 10 juin 2026 s’inscrit dans une séquence de conflits sociaux à la SNCF portant notamment sur la politique de fermeture de guichets et l’avenir des petites lignes. En Aveyron comme ailleurs en Occitanie, la question des lignes rurales dépasse le cadre syndical : élus locaux et associations d’usagers partagent largement le diagnostic. La mobilisation locale pour la ligne Rodez-Millau intervient par ailleurs dans un contexte de vitalité culturelle et touristique régionale - la F’Estivada de Rodez enregistre +40 % de réservations un mois avant son ouverture, signe d’un territoire qui entend peser sur sa visibilité.
Sur le plan sportif, le calendrier de Ligue 2 place Rodez en ouverture face au Stade Lavallois, rappelant l’ancrage du chef-lieu comme pôle d’attractivité du département. Des flux de supporters et visiteurs qui supposent, là aussi, des liaisons de transport fonctionnelles.
Prochaines étapes incertaines
Les syndicats n’ont pas annoncé de nouveau rendez-vous précis à ce stade. La pression se concentre sur la Région Occitanie et l’État, seuls financeurs capables de débloquer les 80 à 160 M€ nécessaires à la réhabilitation. Aucune réaction officielle de la Région ou de la préfecture de l’Aveyron n’avait été rendue publique au soir du 11 juin 2026.

