Moissac : les maraîchers misent sur un fonds renforcé pour sécuriser l’irrigation

Face aux sécheresses répétées, les producteurs d'asperges et de melons du Tarn-et-Garonne peuvent compter sur des aides publiques renforcées.

Moissac : les maraîchers misent sur un fonds renforcé pour sécuriser l’irrigation
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Le fonds hydraulique agricole national a été triplé à 60 millions d'euros dans le budget 2026. À Moissac, les maraîchers spécialisés en asperges et melons sont directement concernés. La Région Occitanie abonde de son côté.

L’été 2025 a laissé des traces. En Tarn-et-Garonne, un arrêté préfectoral du 30 juin avait totalement interdit l’irrigation en zones de crise, limitant le maraîchage à une fenêtre de 8h à 20h. Selon le site Réussir, 45 départements français étaient alors concernés par des restrictions. Pour les producteurs de melons et d’asperges de la vallée de la Garonne, la saison avait tourné court.

Cette année, les pouvoirs publics ont décidé d’agir en amont. Le 11 janvier 2026, le Premier ministre Sébastien Lecornu annonçait le triplement du fonds hydraulique agricole dans le cadre du PLF 2026, porté à 60 millions d’euros.

La moitié des exploitations du 82 irriguées

Le Tarn-et-Garonne est l’un des départements les plus exposés. Selon la Chambre d’agriculture du 82, environ 50% des exploitations agricoles ont recours à l’irrigation, principalement pour sécuriser les cultures maraîchères et fruitières. Légumes frais, fraises et melons représentent 9% des surfaces irriguées en France, d’après les données du ministère de la Transition écologique. Le département figure parmi les plus concernés.

L’infrastructure d’irrigation dans le département est ancienne. Elle s’est construite entre 1960 et 1990 avec le soutien des pouvoirs publics, aboutissant à 47 réseaux collectifs et 1 900 retenues d’eau, selon la DDT82. Une partie de ces équipements arrive en fin de vie.

Des aides régionales et nationales cumulables

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La Région Occitanie complète le dispositif national. Dans le cadre de son plan 2023-2027, elle a mobilisé 58 millions d’euros pour l’hydraulique agricole, selon son site officiel. En 2025, 21 projets collectifs ont été retenus, permettant d’économiser 3,5 millions de m³ d’eau par an. Un appel à projets était ouvert du 13 janvier au 26 février 2026 pour de nouvelles candidatures.

Par ailleurs, le plan d’urgence agriculture 2026 prévoit 51 millions d’euros supplémentaires pour les filières fruits, légumes et agriculture méditerranéenne, selon la DRAAF Occitanie. L’aide FranceAgriMer pour les investissements en protection contre la sécheresse reste ouverte jusqu’au 31 décembre 2026.

La Chambre d’agriculture de Tarn-et-Garonne publie également des bulletins irrigation 2026 pour aider les exploitants à calibrer leurs apports d’eau au plus juste, en grandes cultures comme en arboriculture.

Prochaine étape

Un nouvel appel à projets régional pour l’hydraulique collective en Occitanie est prévu du 8 septembre au 15 octobre 2026, selon la Chambre d’agriculture du Tarn. Les exploitants souhaitant moderniser leurs équipements ont jusqu’à l’automne pour préparer leur dossier.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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