Muguet à Saint-Julien-de-Concelles : 10 000 saisonniers cherchés avant le 1er mai
La région nantaise, qui fournit 90 % du muguet français, peine à recruter pour une récolte déjà entamée depuis mi-avril.
Saint-Julien-de-Concelles concentre l'essentiel de la production nationale de muguet. En 2026, les maraîchers nantais recherchent 10 000 saisonniers pour la récolte de muguet et de légumes primeurs. Le recrutement reste difficile, alors que la cueillette a démarré avec quinze jours d'avance sur le 1er mai.
Saint-Julien-de-Concelles concentre l’essentiel de la production nationale de muguet. En 2026, les maraîchers nantais recherchent 10 000 saisonniers pour la récolte de muguet et de légumes primeurs. Le recrutement reste difficile, alors que la cueillette a démarré avec quinze jours d’avance sur le 1er mai.
L’essentiel
- 90 % : part de la production française de muguet issue de la région nantaise, principalement autour de Saint-Julien-de-Concelles, selon Ouest-France et actu.fr.
- 10 000 saisonniers : nombre de travailleurs recherchés par les maraîchers nantais pour muguet et légumes primeurs en 2026, dont 5 000 pour la seule cueillette du muguet.
- 13 avril : date à laquelle la récolte 2026 a débuté, soit quinze jours avant le 1er mai, en raison d’une floraison précoce liée au réchauffement climatique.
- 12 exploitations : nombre actuel de producteurs de muguet dans la région, contre 120 il y a trente ans.
- 20-30 M€ : chiffre d’affaires annuel estimé de la filière muguet dans la région nantaise.
Une récolte déjà lancée, des bras qui manquent
La cueillette du muguet 2026 a débuté le 13 avril dans la région nantaise, quinze jours avant la date symbolique du 1er mai. En cause : une floraison précoce attribuée au réchauffement climatique, selon Ouest-France. Ludivine Bourbon, horticultrice, résume la situation sur RMC : « Chaque année, les ramasseurs peinent un peu plus à trouver. »
Pour cette saison, environ 5 000 salariés sont nécessaires pour la seule cueillette du muguet, selon France 3. Le profil recherché est large : étudiants, retraités, travailleurs étrangers. Près de 2 000 postes sont accessibles dès 16 ans, sans expérience préalable, d’après Infos-Média-Nantes. Mais les places restent difficiles à pourvoir.
Une filière concentrée, fragilisée
Il y a trente ans, 120 exploitations produisaient du muguet autour de Nantes. Aujourd’hui, elles ne sont plus que 12, selon actu.fr et France 3. La filière génère entre 20 et 30 millions d’euros par an dans la région nantaise. Une concentration qui fragilise le tissu productif : chaque exploitation doit mobiliser davantage de main-d’œuvre dans un délai serré.
La culture du muguet s’est implantée dans la région après la Première Guerre mondiale, à Saint-Sébastien-sur-Loire, par deux frères, avant de se développer fortement après 1945, rappelle actu.fr. Depuis, la métropole nantaise est devenue le cœur de cette production nationale.
Le préfet reçoit les maraîchers
Le 29 avril 2026, le préfet de Loire-Atlantique a reçu les représentants des maraîchers nantais, à la veille du 1er mai. La rencontre a mis en avant l’importance de la tradition et du savoir-faire local, selon le compte officiel de la préfecture sur X.
Ce type de réunion institutionnelle accompagne chaque année la période de récolte, sans que des mesures concrètes supplémentaires n’aient été annoncées à ce stade.
Contexte dans la Loire-Atlantique
La difficulté de recrutement s’inscrit dans un contexte national. Selon l’INSEE, le travail saisonnier représente 26 % des emplois en maraîchage et horticulture en France, dans un secteur où l’emploi agricole global ne représente plus que 2,7 % des actifs (données 2020). En Loire-Atlantique, la filière maraîchère prévoit 154 743 projets de recrutement en 2026, tous secteurs confondus, selon France Travail Pays de la Loire.
Le muguet reste une composante symbolique et économique forte du territoire. Mais la tension générale sur le marché du travail saisonnier pèse sur les producteurs locaux, qui peinent à stabiliser leurs effectifs d’une année sur l’autre. Saint-Julien-de-Concelles reste le cœur de cette production, sans que des solutions structurelles à la pénurie de main-d’œuvre n’aient été formalisées à ce jour.
Les prochaines semaines diront si la mobilisation suffira à couvrir les besoins de la récolte 2026 avant que les brins ne passent leur pic de floraison.
Sources
- actu.fr : Pourquoi 90 % de la production de muguet se fait autour de Nantes ?
- Ouest-France : Muguet, légumes primeurs : les maraîchers nantais recherchent 10 000 travailleurs saisonniers
- France 3 Pays de la Loire : Les producteurs de muguet du pays nantais approvisionnent 95 % du marché français
- Infos-Média-Nantes : Près de 2 000 emplois saisonniers pour la cueillette du muguet en Loire-Atlantique