Mwali : 63 migrants abandonnés sans eau ni nourriture sur les îlots de Nyumashuwa
Partis de Tanzanie le 13 mai, 63 migrants dont un bébé de 9 mois sont bloqués depuis quatre jours sur des îlots isolés de Mohéli, trompés par leurs passeurs.
Soixante-trois migrants originaires des Grands Lacs et d'Afrique de l'Est, dont 17 mineurs et 14 femmes, ont été abandonnés le 16 mai 2026 sur les îlots de Nyumashuwa à Mwali (Mohéli). Trompés par leurs passeurs, ils croyaient arriver à Mayotte. Quatre jours plus tard, ils étaient toujours sur place, sans eau potable ni nourriture, les autorités insulaires n'ayant pas encore répondu.
Soixante-trois migrants originaires des Grands Lacs et d’Afrique de l’Est, dont 17 mineurs et 14 femmes, ont été abandonnés le 16 mai 2026 sur les îlots de Nyumashuwa à Mwali (Mohéli). Trompés par leurs passeurs, ils croyaient arriver à Mayotte. Quatre jours plus tard, ils étaient toujours sur place, sans eau potable ni nourriture, les autorités insulaires n’ayant pas encore répondu.
L’essentiel
- 63 migrants : 39 hommes, 14 femmes et 17 mineurs dont un bébé de 9 mois, de nationalité congolaise selon La Gazette des Comores.
- Départ le 13 mai 2026 de Tanzanie ; arrivée le 16 mai sur les îlots isolés de Nyumashuwa/Nioumachoi à Mwali après trois nuits en mer.
- Quatre jours sans assistance officielle : toujours bloqués le 19 mai, selon Al-Watwan et La Gazette des Comores.
- Aide partielle des habitants et volontaires locaux ; femmes et enfants décrits comme très affaiblis.
- Appel lancé aux autorités, ONG et organismes internationaux par des citoyens et volontaires de la région.
Trois nuits en mer, une destination trompeuse
Le groupe a quitté la Tanzanie le mercredi 13 mai. Après trois nuits de traversée dans le canal du Mozambique, les passeurs ont déposé les 63 personnes sur les îlots de Nyumashuwa - également connus sous le nom de Nioumachoi - avant de disparaître. Selon Al-Watwan et La Gazette des Comores, les migrants auraient été convaincus qu’ils atteignaient Mayotte.
La composition du groupe est précisée dans les deux sources : 39 hommes, 14 femmes, 17 mineurs. Parmi ces derniers, un nourrisson de 9 mois. La Gazette des Comores indique une nationalité congolaise pour la majorité du groupe.
Une urgence humanitaire sans réponse officielle
L’embarcation a été signalée le 16 mai. Dès lors, la situation est décrite comme précaire : pas d’eau potable, pas de vivres, pas de soins médicaux, pas d’électricité. Les femmes et les enfants apparaissent très affaiblis, selon les deux médias locaux.
Les habitants et volontaires de Nioumachoi ont apporté une aide avec leurs propres moyens. Mais jusqu’au mardi 19 mai - soit quatre jours après l’arrivée - les migrants étaient toujours bloqués sur les îlots. Les autorités insulaires compétentes n’avaient pas encore apporté l’assistance habituelle et n’avaient pas répondu aux sollicitations des journalistes, toujours selon Al-Watwan.
Un appel à l’aide a été lancé publiquement par des citoyens et volontaires de la région, adressé aux autorités, aux ONG et aux organismes internationaux, pour la fourniture d’eau potable, de vivres, de soins médicaux et d’une protection adaptée, selon La Gazette des Comores.
Craintes sanitaires parmi les habitants
Selon Al-Watwan (source unique sur ce point), des habitants locaux expriment des craintes sanitaires liées à l’origine géographique des migrants. La République démocratique du Congo est touchée par des foyers actifs du virus Ebola. Ces inquiétudes s’ajoutent à la pression sociale générée par l’arrivée de ces groupes dans des îlots isolés aux ressources limitées.
Contexte dans le département de Mayotte (976)
Mwali (Mohéli) est la plus petite des trois îles principales de l’Union des Comores. Elle est régulièrement traversée par des flux migratoires clandestins à destination de Mayotte, département français de l’océan Indien. Les îlots de Nioumachoi constituent un point d’arrivée récurrent sur ces routes, selon les deux médias locaux. Il s’agit, écrit Al-Watwan, de « la énième vague » de migrants en provenance des Grands Lacs et d’Afrique de l’Est enregistrée ces dernières années sur l’île.
À Mayotte même, les arrivées irrégulières par kwassa-kwassa ou embarcation de fortune font l’objet d’une surveillance permanente. Des tensions autour des structures d’hébergement pour migrants ont encore éclaté à Tsoundzou en mai 2026. La pression migratoire dans l’archipel génère des situations de crise récurrentes, dont ce blocage à Mwali est une illustration supplémentaire.
Le canal du Mozambique reste l’une des routes migratoires les plus actives de la zone, reliant l’Afrique continentale à l’archipel des Comores et à Mayotte. Aucun chiffre officiel actualisé sur le nombre d’arrivées en 2025-2026 à Mwali n’était disponible dans les sources consultées à la date de publication.
Aucune prise en charge institutionnelle confirmée
À la date de rédaction de cet article (21 mai 2026), aucune source officielle - mairie, préfecture ou autorités insulaires - n’a confirmé une prise en charge des 63 migrants. En métropole, des dispositifs comme le CPOM Asile 2026-2030 signé à Dijon encadrent l’hébergement des demandeurs d’asile, mais aucun mécanisme équivalent formalisé n’a été mentionné pour Mwali dans les sources disponibles.
Les autorités n’ont pas non plus répondu aux sollicitations des médias locaux. La situation des migrants sur les îlots - eau, nourriture, soins, statut - reste sans réponse institutionnelle publique à ce stade.
Les prochains jours diront si les autorités comoriennes ou des organisations humanitaires se déploient sur les îlots de Nioumachoi. Les habitants locaux, premiers à avoir secouru les migrants, attendent une réponse.
Sources
- Al-Watwan : Mwali : 63 migrants dont 17 mineurs abandonnés sur des îlots de Nyumashuwa
- La Gazette des Comores : Migration : 63 migrants congolais abandonnés aux îlots de Nioumachoi
- X / @comoros_ne : Tweet @comoros_ne sur les 63 migrants à Nyumashuwa
- X / @hafiamir : Tweet @hafiamir relayant Mohéli Matin sur les routes migratoires