Tsoundzou : caillassages sur le camp Coallia, deux blessés et des automobilistes agressés
Le 14 mai 2026, des jets de pierres sur le camp de migrants Coallia ont fait deux blessés et piégé des automobilistes à Tsoundzou, Mayotte.
Le 14 mai 2026 en fin d'après-midi, des jeunes ont lancé des pierres sur le camp de migrants Coallia à Tsoundzou. Deux migrants africains ont été blessés et évacués par les pompiers. Des automobilistes pris dans les embouteillages ont également subi des agressions.
Le 14 mai 2026 en fin d’après-midi, des jets de pierres ont visé le camp de migrants Coallia à Tsoundzou. Deux migrants africains ont été blessés et évacués par les pompiers. Des automobilistes pris dans les embouteillages aux abords du site ont également été agressés, dont une personnalité locale atteinte à l’épaule, selon Gazeti et L’Info Kwezi.
L’essentiel
- 14 mai 2026 : jets de pierres sur le camp Coallia à Tsoundzou en fin d’après-midi, panique parmi les occupants
- Deux migrants blessés : évacués par les pompiers, pronostic vital non engagé
- Deux mineurs interpellés : retenus par des migrants, remis aux forces de l’ordre
- Automobilistes ciblés : caillassages et agressions dans les embouteillages, une personnalité locale blessée à l’épaule
- Plus de 800 migrants : installés dans le camp de fortune depuis le démantèlement d’octobre 2025
Ce qui s’est passé le 14 mai
En fin d’après-midi, des jeunes du secteur ont lancé des pierres en direction du camp Coallia de Tsoundzou. L’attaque a provoqué la panique parmi les occupants, selon Gazeti. Deux migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont été touchés. Les pompiers les ont évacués. Leur pronostic vital n’est pas engagé, d’après L’Info Kwezi.
Deux mineurs impliqués dans les jets de pierres ont été interpellés par des migrants du camp, puis remis aux forces de l’ordre, selon les deux médias locaux.
Des automobilistes également ciblés
Les violences ne se sont pas limitées au camp. Des automobilistes coincés dans les embouteillages à proximité ont été la cible de caillassages et d’agressions. Une personnalité locale a été blessée à l’épaule, selon Gazeti. Les circonstances exactes de cette agression n’ont pas été précisées davantage par les sources disponibles.
Ce type d’incident aux abords du camp s’inscrit dans une série de tensions sécuritaires récurrentes à Mayotte, où les axes routiers deviennent régulièrement des zones de friction.
Un camp sous tension depuis plusieurs semaines
Les riverains de Tsoundzou expriment une exaspération croissante, selon L’Info Kwezi et Le Journal de Mayotte. Les incidents se multiplient autour du site depuis plusieurs semaines. Des collectifs citoyens se sont mobilisés pour demander une intervention des autorités.
Le Collectif des Citoyens 2018 a interpellé le préfet sur la situation du camp de Tsoundzou. La question du devenir du site reste posée sans réponse définitive à ce stade.
Historique : un camp démantelé, un autre reconstitué
Le 22 octobre 2025, la préfecture de Mayotte avait démantelé le camp de Tsoundzou dans le cadre de la loi ELAN contre l’habitat insalubre, relogeant 402 personnes, selon Le Monde et France 24. Mais plus de 800 migrants originaires des Grands Lacs d’Afrique se sont depuis installés dans un nouveau camp de fortune à Tsoundzou I, en conditions précaires, selon Le Monde et InfoMigrants.
L’État a dénoncé une instrumentalisation politique du camp de Tsoundzou 2. La préfecture a par ailleurs annoncé plus de 30 interpellations suite à des incidents similaires en avril 2026. Trois majeurs ont été incarcérés pour barrages et vols violents, selon Mayotte la 1ère.
Depuis septembre 2025, 241 incidents de caillassages sur des bus ont été recensés à Mayotte, selon une source vidéo consultée par L’Info Kwezi.
Contexte dans le département de Mayotte
Mayotte compte 329 282 habitants au 1er janvier 2025, selon l’INSEE. La population croît de 2,8 % par an, portée en partie par un solde migratoire estimé à +35 000 habitants par an depuis 2017. En 2024, environ 55,8 % de la population mahoraise serait immigrée, dont près de la moitié en situation irrégulière, selon l’IFRAP et un rapport sénatorial.
Ces chiffres font de Mayotte le territoire français avec la part d’immigrés la plus élevée. La pression sur les services publics - logement, santé, sécurité - est documentée de longue date. La question des camps de migrants concentre une part importante des tensions locales, entre exaspération des riverains, réponse pénale de l’État et situation humanitaire des occupants.
Les violences autour de Tsoundzou s’inscrivent dans ce contexte structurel. La réponse judiciaire s’est durcie depuis début 2026, avec plusieurs incarcérations. Mais les incidents se poursuivent, ce qui interroge sur l’efficacité des mesures en place.
Réaction des autorités
La préfecture n’a pas communiqué publiquement sur les événements du 14 mai à l’heure de publication de cet article. Sa position générale, exprimée après les incidents d’avril 2026, est celle d’une réponse pénale ferme : interpellations systématiques, déferrement et incarcération des auteurs majeurs, selon Mayotte la 1ère.
Les suites judiciaires des interpellations du 14 mai - notamment le sort des deux mineurs remis aux forces de l’ordre - n’avaient pas été précisées par les sources disponibles au moment de la rédaction de cet article.
Sources
- Gazeti : Tsoundzou sous tension : violences, caillassages et automobilistes piégés autour du camp de migrants
- L'Info Kwezi : Agressions en cascade devant le camp de migrants de Coallia
- L'Info Kwezi : La tension monte autour du camp de migrants et de Coallia
- Le Monde : À Mayotte, des migrants africains déplacés de camp en camp