Paris 12e : une femme abattue par la police après une attaque au couteau dans un restaurant
Le 1er juillet 2026, une femme de 48 ans en crise de démence a été mortellement blessée par des tirs policiers dans la cave d’un restaurant de la rue de Wattignies. L’IGPN est saisie.
Une intervention policière a tourné au drame le 1er juillet dans le 12e arrondissement de Paris. Une femme armée d’un couteau de boucher a été abattue après avoir agressé une fonctionnaire. Deux enquêtes sont ouvertes, dont une confiée à l’IGPN.
L’essentiel
- Fait 1 : Une femme de 48 ans a été tuée par des tirs de police le 1er juillet 2026 rue de Wattignies (Paris 12e).
- Fait 2 : Elle avait attaqué une policière avec un couteau de boucher dans la cave d’un restaurant, après être sortie d’une hospitalisation psychiatrique le matin même.
- Fait 3 : Huit étuis de munitions ont été retrouvés sur place. Deux enquêtes sont menées par le 2e DPJ et l’IGPN.
Paris (75) - Les circonstances de la mort d’une quadragénaire, survenue le 1er juillet 2026 dans le 12e arrondissement de Paris, sont désormais connues dans le détail. Selon le parquet de Paris et la Préfecture de police, les faits se sont déroulés en fin d’après-midi rue de Wattignies, dans la cave d’un établissement de restauration.
Le déroulement des faits
Vers 17 heures, les forces de l’ordre sont appelées pour une femme en état de démence. Selon le parquet de Paris, la quadragénaire, âgée de 48 ans, était sortie le matin même d’une hospitalisation psychiatrique. Elle consommait par ailleurs de la méthamphétamine, a précisé le magistrat.
La femme s’était réfugiée dans la cave du restaurant tenu par son frère, où elle résidait depuis une quinzaine de jours après une séparation conjugale. Lorsque les policiers interviennent, elle se saisit d’un couteau de boucher et agresse l’une des fonctionnaires, la blessant légèrement au bras.
La policière agressée utilise alors son pistolet à impulsion électrique (taser) pour tenter de maîtriser l’assaillante, sans succès. Un second policier fait usage de son arme de service. Il tire à plusieurs reprises, atteignant mortellement la femme. Les constatations matérielles des enquêteurs font état de huit étuis de munitions retrouvés dans l’escalier de la cave, selon le parquet.
Deux enquêtes ouvertes
Le parquet de Paris a ouvert deux enquêtes distinctes, annoncées dès le soir des faits. La première, pour « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », a été confiée au 2e district de police judiciaire (DPJ). Elle vise l’action de la femme décédée.
La seconde, pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner », a été confiée à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices. Cette enquête doit déterminer si l’usage de l’arme à feu par le policier était proportionné et conforme au cadre légal.
Le parquet n’a pas communiqué sur le nombre exact de tirs ayant atteint la victime. L’autopsie, ordonnée dans le cadre de l’enquête, n’a pas encore été rendue publique à ce stade.
Le profil de la victime
La femme abattue était âgée de 48 ans. Elle souffrait de troubles psychiatriques et était consommatrice de stupéfiants, selon les premiers éléments de l’enquête. Sortie d’hospitalisation le matin du drame, elle vivait depuis peu chez son frère, gérant du restaurant de la rue de Wattignies.
Son identité n’a pas été rendue publique par les autorités, conformément à la pratique en vigueur pour les victimes d’interventions policières meurtrières, en attendant les conclusions de l’enquête.
Contexte dans le 75 (Paris)
Ce drame s’inscrit dans un contexte parisien où les interventions de police impliquant des personnes en crise psychiatrique restent un sujet sensible. Selon le dernier rapport de l’IGPN (2025), 28 tirs de policiers ont été recensés en Île-de-France l’an dernier, dont 12 mortels. Paris concentre près de 40 % des signalements pour troubles du comportement nécessitant une intervention des forces de l’ordre.
La rue de Wattignies, située dans le quartier de Picpus, est une artère résidentielle calme. Le restaurant, non identifié publiquement, est toujours sous scellés dans l’attente des investigations.
Les réactions
La Préfecture de police de Paris a confirmé les faits dans un communiqué, évoquant « une intervention complexe face à une personne dangereuse ». De son côté, le syndicat de police Alliance a salué « le sang-froid des fonctionnaires » tout en appelant à « ne pas préjuger des conclusions de l’enquête ».
Aucune déclaration publique du frère de la victime ou de proches n’a été relayée à ce jour. Une association locale de défense des droits des patients psychiatriques a néanmoins demandé « la transparence sur les conditions de l’intervention ».
Prochaine étape : l’autopsie et les auditions
L’autopsie de la victime, ordonnée par le parquet, devrait apporter des précisions sur le nombre et le trajet des balles. Les auditions des policiers impliqués, des témoins et du frère de la défunte sont en cours. Aucune date de mise en examen n’a été annoncée.