Patrick Bruel mis en examen : la plainte de la masseuse de Perpignan retenue
Les faits survenus en juillet 2019 à l'hôtel Villa Duflot figurent parmi les quatre affaires retenues par les juges d'instruction de Nanterre.
Patrick Bruel a été mis en examen le 10 juin 2026 pour agression sexuelle et harcèlement sexuel. Parmi les quatre affaires retenues, celle impliquant une masseuse d'un hôtel-spa de Perpignan en 2019. Le chanteur, 67 ans, a été placé sous contrôle judiciaire.
L’essentiel
- Mise en examen le 10 juin 2026 : Patrick Bruel est mis en examen pour agression sexuelle et harcèlement sexuel, dont une affaire à Perpignan en juillet 2019.
- Plainte classée puis relancée : la plainte de la masseuse perpignanaise avait été classée sans suite en décembre 2020, avant d’être relancée en mai 2026.
- Quatre affaires retenues : le parquet de Nanterre avait requis la mise en examen sur neuf victimes présumées (2008-2019) ; quatre dossiers ont été retenus, quatre autres valent à Bruel le statut de témoin assisté.
- Contrôle judiciaire : interdiction de quitter la France, de contacter les victimes, de fréquenter les salons de massage, obligation de soins psychologiques, caution de 500 000 €.
Ce qui s’est passé à Perpignan en juillet 2019
Les faits se sont déroulés autour du 7 juillet 2019 à la Villa Duflot, hôtel-spa quatre étoiles de Perpignan. Patrick Bruel se produisait alors au festival Les Déferlantes à Argelès-sur-Mer, dont la programmation 2019 s’étendait du 5 au 8 juillet.
Selon L’Indépendant, qui a publié un récit détaillé de l’affaire, la plaignante - une manager de spa alors âgée de 29 ans - décrit des propos à caractère sexuel répétés durant une séance de massage, un geste déplacé et l’enregistrement de son numéro de téléphone sous un nom dégradant. Elle a porté plainte quelques mois après les faits.
En décembre 2020, le parquet avait classé cette plainte sans suite. Elle a été relancée en mai 2026, dans le cadre d’une procédure plus large instruite à Nanterre.
Une information judiciaire ouverte pour neuf victimes présumées
Le parquet de Nanterre avait requis l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits de viols, tentatives de viol, agressions sexuelles et harcèlement sexuel concernant neuf victimes présumées sur la période 2008-2019, selon Le Monde.
Les juges d’instruction ont finalement retenu quatre mises en examen :
- Viol à Neuilly-sur-Seine (2008)
- Tentative de viol à Bruxelles (2010)
- Agression sexuelle et harcèlement sexuel à Perpignan (2019)
- Harcèlement sexuel à Ajaccio (2019)
Pour quatre autres dossiers - tentative de viol à Neuilly-sur-Seine (2010-2011), viol à Dinard (2012), viol à L’Isle-sur-la-Sorgue (2015) et harcèlement à Nyon en Suisse (2019) - Patrick Bruel a été placé sous le statut de témoin assisté, selon le journaliste Nicolas Malaboeuf.
Contrôle judiciaire sans détention provisoire
Le parquet avait requis la détention provisoire. Les juges ne l’ont pas accordée. Patrick Bruel a été placé sous contrôle judiciaire, avec plusieurs obligations : ne pas quitter le territoire français, ne pas entrer en contact avec les victimes, ne pas fréquenter de salon de massage ou d’établissement proposant des soins corporels, justifier de soins psychologiques, et verser une caution de 500 000 €, selon BFMTV.
Le chanteur, 67 ans, conteste les accusations. Il reste présumé innocent.
Son avocat n’avait pas fait de déclaration publique détaillée au moment de la publication de cet article.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Les Pyrénées-Orientales (66) sont directement associées à deux éléments de ce dossier : le lieu des faits reprochés - Perpignan, préfecture du département - et le festival Les Déferlantes, rendez-vous estival installé à Argelès-sur-Mer depuis les années 2000, qui accueille chaque année des dizaines de milliers de spectateurs.
C’est L’Indépendant, quotidien régional basé à Perpignan, qui a fourni la couverture locale la plus précise, avec le récit de la plaignante et la confirmation que sa plainte - longtemps classée - figure bien parmi les mises en examen retenues. Le média rappelle que la Villa Duflot, établissement haut de gamme situé route de Thuir, est l’un des hôtels-spas de référence du département.
L’affaire est instruite à Nanterre, juridiction compétente en raison du domicile du mis en examen. La plainte initiale avait été déposée auprès des services de police de Perpignan. Sur les violences faites aux femmes, le dispositif national des bancs rouges continue d’être déployé dans plusieurs villes françaises, dont certaines en lien avec des structures d’accueil spécialisées.
Prochaine étape
L’information judiciaire est désormais ouverte. Les juges d’instruction de Nanterre sont chargés de poursuivre les investigations. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade. La question de la prescription - soulevée par la défense selon plusieurs médias - devra être tranchée dans le cadre de l’instruction. Pour les affaires de violences sexuelles impliquant des particuliers, l’issue judiciaire peut s’étaler sur plusieurs années.

