Mads Pedersen remporte le maillot vert du Tour de France 2026
Le Danois de Lidl-Trek devient le sixième coureur de l'histoire à remporter le classement par points sur les trois Grands Tours
Le Danois de Lidl-Trek rejoint un cercle très fermé en complétant le triplé Giro-Vuelta-Tour sur le classement par points.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
La victoire scellée dans les Alpes
L'étape décisive, c'est la 20e - dans les Alpes. Pedersen prend les 25 points du sprint intermédiaire à Saint-Julien-Mont-Denis. Philipsen est lo…
Philipsen et Girmay ont poussé
La bataille n'a pas été simple. Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck) et Biniam Girmay (Intermarché-Wanty) ont poussé le Danois dans ses retranch…
La machine collective Lidl-Trek
Lidl-Trek a construit un train efficace pour son leader, le protégeant dans les moments de tension et appliquant un plan tracé dès le Grand Dépar…
Ce que personne ne dit
Le triplé Giro-Vuelta-Tour concentré sur deux saisons révèle une réalité que les palmarès masquent : Pedersen n'a jamais été le sprinteur le plus…
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
-
2019
Champion du monde
Mads Pedersen remporte le titre mondial sur route à Harrogate
-
2023
Maillot ciclamino
Premier classement par points d'un Grand Tour, sur le Giro d'Italia
-
2024
Maillot vert Vuelta
Deuxième classement par points d'un Grand Tour, sur la Vuelta a España
-
26 juil. 2026
Maillot vert Tour
Triplé historique bouclé sur les Champs-Élysées, rejoint le club des six
Le maillot vert flotte sur les épaules de Mads Pedersen. Les Champs-Élysées - le 26 juillet 2026. Le Danois lève le bras, pas de cri, juste un sourire fatigué. Trois semaines de course dans les jambes. 527 points au compteur. 82 d’avance sur Jasper Philipsen. Le calcul est simple: c’est plié.
Pedersen devient le sixième coureur de l’histoire à remporter le classement par points sur les trois Grands Tours. Un triplé que seuls cinq autres ont réussi avant lui: Eddy Merckx - Djamolidine Abdoujaparov dans les années 90 - Laurent Jalabert. À 30 ans - le champion du monde 2019 inscrit son nom dans un club quasi mythique.
La victoire scellée dans les Alpes
L’étape décisive, c’est la 20e - dans les Alpes. Pedersen prend les 25 points du sprint intermédiaire à Saint-Julien-Mont-Denis. Philipsen est loin derrière. Le maillot vert ne lui échappera plus.
« C’est l’aboutissement d’un travail de fond, d’une constance que nous avons cherchée dès le premier jour » - dit Pedersen à l’arrivée. Pas d’envolée lyrique. Le Danois parle de régularité, de stratégie, d’équipe. Lidl-Trek a construit un train efficace - protégé son leader dans les moments de tension - appliqué un plan tracé dès le Grand Départ.
Luca Guercilena - salue « le meilleur finisseur de sa génération ». « Sa capacité à enchaîner les efforts et à rester concentré pendant 21 jours est admirable ». Le maillot vert, c’est ça: garder de la fraîcheur après 200 kilomètres de course - sprinter quand les jambes brûlent, accumuler les points quand les autres craquent.
Philipsen et Girmay ont poussé
La bataille n’a pas été simple. Jasper Philipsen (Alpecin-Deceuninck) et Biniam Girmay (Intermarché-Wanty) ont poussé le Danois dans ses retranchements tout au long des trois semaines. À un moment, l’avance de Pedersen sur Philipsen est tombée à sept points. Rien n’était joué.
La machine collective Lidl-Trek
Lidl-Trek a construit un train pour son leader, le protégeant dans les moments de tension et appliquant un plan tracé dès le Grand Départ. Pas de place à l’improvisation: chaque sprint intermédiaire, chaque finale d’étape est anticipé, les coéquipiers se relaient pour amener Pedersen dans les meilleures conditions. Cette mécanique collective transforme la formation en référence sur les sprints du Tour, une domination qui tranche avec l’individualisme habituel des sprinteurs.
Luca Guercilena a bâti une machine où la constance prime sur les coups d’éclat. Le maillot vert devient une affaire d’équipe, pas seulement de jambes.
Ce que personne ne dit
Le triplé Giro-Vuelta-Tour concentré sur deux saisons révèle une réalité que les palmarès masquent: Pedersen n’a jamais été le sprinteur le plus rapide du peloton. Mais il est celui qui gagne autrement. En attaquant dans les cols pour prendre des points d’intermédiaire. En finissant les étapes de montagne quand les purs sprinters abandonnent. En accumulant quand les autres chassent la victoire d’étape à tout prix.
Sur ce Tour 2026, Pedersen a su gérer sa course avec intelligence. La régularité bat la vitesse pure. C’est une leçon que peu de sprinters acceptent d’apprendre.
Le cercle fermé
Eddy Merckx - le Cannibale, premier de la liste. Djamolidine Abdoujaparov - l’épouvantail de Tachkent, dans les années 90. Laurent Jalabert - par sa polyvalence exceptionnelle. L’histoire du cyclisme compte ses légendes avec parcimonie.
Jalabert avait mis plusieurs années pour compléter son triplé, étalant ses victoires entre le milieu et la fin des années 90. Depuis, aucun coureur n’avait réussi à reproduire cet exploit. La rareté du triplé tient à un paradoxe simple: les sprinteurs purs, capables de gagner sur le Tour, abandonnent souvent au Giro et à la Vuelta quand la montagne se durcit. Les puncheurs polyvalents, eux, manquent de vitesse pure pour rivaliser sur les sprints massifs. Pedersen résout cette équation: assez rapide pour gagner des étapes, assez résistant pour finir les Grands Tours, assez intelligent pour accumuler là où les autres ne peuvent pas le suivre.
« C’est un rêve qui devient réalité. Gagner sur le Giro, la Vuelta, et maintenant ici, sur le Tour. C’est difficile à réaliser » - dit Pedersen. « Ce maillot vert n’est pas seulement le mien, c’est celui de toute l’équipe Lidl-Trek qui a cru en moi chaque jour, même dans les étapes les plus difficiles. J’ai couru intelligemment, en visant la régularité plutôt que la victoire à tout prix ».
Le maillot vert sur les épaules. Les Champs. Le soleil de juillet. Pedersen regarde la foule. Il ne crie pas. Il sourit.