Pelleautier : l’empoisonnement écarté, l’enquête sur les chiens morts au lac classée
Le parquet de Gap conclut à l'absence d'empoisonnement volontaire après trois morts et cinq intoxications entre mars et avril 2026
Trois chiens sont morts et cinq ont été intoxiqués après passage au lac de Pelleautier (Hautes-Alpes) entre mars et avril 2026. Le parquet de Gap a rendu ses conclusions la piste de l'empoisonnement volontaire est écartée. L'enquête s'apprête à être classée sans suite.
L’essentiel
- Trois chiens morts : au moins trois animaux décédés, cinq intoxiqués, après passage au lac de Pelleautier entre le 2 mars et le 19 avril 2026.
- Empoisonnement écarté : les nécropsies n’ont pas détecté d’agent pathogène d’origine alimentaire ou volontaire ; le parquet de Gap classe l’affaire.
- Cyanobactéries détectées : analyses commandées par l’ASA du Canal de Gap révèlent la présence d’anatoxine-a dans le lac - une première dans les Hautes-Alpes selon l’ARS.
- Classement sans suite : la procureure Marion Lozac’hmeur a déclaré : « La procédure s’apprête donc à être classée. »
Ce qui s’est passé : trois morts en deux mois
Le 2 mars 2026, un premier chien meurt après une balade au bord du lac de Pelleautier, retenue agricole de 27 hectares et environ un million de mètres cubes, propriété de l’ASA du Canal de Gap. Les symptômes rapportés - vomissements, convulsions, hypersalivation - alertent rapidement les propriétaires et les autorités locales.
La situation s’aggrave autour du 19 avril : deux nouveaux chiens morts en moins d’une heure après une promenade sur les berges. Au total, selon BFM DICI et Le Dauphiné Libéré, au moins cinq animaux ont présenté des signes d’intoxication aiguë, trois n’ont pas survécu.
L’enquête du parquet : empoisonnement volontaire exclu
Face à ces décès en série, le parquet de Gap avait ouvert une enquête pour empoisonnement. Des nécropsies sont pratiquées. Leurs résultats confirment une intoxication, mais les analyses reviennent négatives pour tout agent d’origine alimentaire ou tout empoisonnement intentionnel - boulettes empoisonnées ou substances introduites volontairement.
La procureure de la République de Gap, Marion Lozac’hmeur, a tranché publiquement : « La procédure s’apprête donc à être classée. » L’enquête judiciaire ne portait pas sur la cause environnementale des décès, mais uniquement sur l’hypothèse d’un acte malveillant - désormais exclue.
La piste des cyanobactéries : inédite dans le département
Parallèlement à l’enquête pénale, l’ASA du Canal de Gap a commandé des analyses de l’eau. Résultat : présence de cyanobactéries benthiques toxinogènes, avec détection d’anatoxine-a. Selon RAM05, il s’agit d’une première détection de ce type dans les Hautes-Alpes.
L’anatoxine-a est une neurotoxine produite par certaines cyanobactéries de fond. Elle peut provoquer des symptômes neurologiques fulminants chez les animaux. Pour autant, aucun lien de causalité judiciaire n’a été établi entre cette présence et les décès des chiens : les deux procédures - sanitaire et pénale - sont distinctes.
L’ARS recommande des mesures de précaution : maintien de l’interdiction de baignade, éloignement des animaux des berges, renforcement de la signalétique et surveillance continue. Ces recommandations restent en vigueur, indépendamment du classement de l’enquête pénale. Pour des affaires similaires impliquant des enquêtes en cours dans le Sud de la France, les délais d’analyse peuvent s’étendre sur plusieurs semaines.
Contexte dans les Hautes-Alpes
Pelleautier est une commune d’environ 840 à 900 habitants (INSEE, données 2022-2023), située à une quinzaine de kilomètres au sud de Gap. Son maire, Christian Hubaud, a été réélu en mars 2026 à la tête d’une liste unique.
Le lac, créé en 1972 par le Canal de Gap, est une retenue à vocation agricole. Il est aussi fréquenté pour la randonnée et les promenades, ce qui explique l’exposition des animaux de compagnie. La détection de cyanobactéries toxinogènes y est, selon les autorités sanitaires, sans précédent dans le département. Les Hautes-Alpes ne disposaient pas, jusqu’ici, de signalement similaire dans leurs plans d’eau. Ce type d’événement sanitaire fait l’objet d’une vigilance croissante en France, à l’image des alertes environnementales et sanitaires signalées dans d’autres régions en 2026.
Prochaine étape
Le classement formel de l’enquête pénale reste à officialiser par le parquet de Gap. Sur le plan sanitaire, la surveillance du lac et les restrictions d’accès pour les animaux demeurent en place, sans calendrier de levée annoncé à ce stade.
Sources
- BFM DICI : Chiens intoxiqués au lac Pelleautier : vers un classement de l'enquête
- Le Dauphiné Libéré : Chiens morts après leur passage au lac de Pelleautier : cyanobactéries ou pas ?
- RAM05 : Cyanobactéries toxinogènes détectées au lac de Pelleautier : une première dans les Hautes-Alpes
- ASA Canal de Gap : Réserve de Pelleautier