Perpignan : un collectif de gauche organise un forum place du Castillet face au Printemps de la liberté d’expression
Le Collectif réunissant Les Effronté.es, la CNT-SO et l'ANPNPA tient des tables rondes en réponse à l'événement organisé par la mairie RN de Louis Aliot.
Ce 30 mai 2026, à partir de 15h30, un collectif de gauche occupe la place du Castillet à Perpignan avec un forum en tables rondes. L'initiative répond directement au 3e « Printemps de la liberté d'expression » organisé par la mairie de Louis Aliot au Palais des Congrès jusqu'au 31 mai.
L’essentiel
- Forum : place du Castillet, Perpignan, le 30 mai 2026 à partir de 15h30, organisé par le Collectif « Pour un vrai printemps de la liberté d’expression et contre l’extrême droite ».
- Trois thèmes : liberté d’expression des militants pro-palestiniens, des facteurs de La Poste, et des soignants de la clinique Médipôle (grève de 32 jours terminée le 26 mai).
- Réponse à : le 3e « Printemps de la liberté d’expression » de la mairie RN (29-31 mai, Palais des Congrès), avec environ 40 invités et une cible de 4 000 spectateurs.
- Collectif : composé notamment de Les Effronté.es, du syndicat CNT-SO et de l’Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Ami.e.s (ANPNPA).
- Coût contesté : selon le collectif, l’événement municipal dépasse 300 000 € à la charge des contribuables - chiffre non corroboré par une source indépendante.
Place du Castillet en contrepoint du Palais des Congrès
Même jour, deux lieux, deux visions de la liberté d’expression. Pendant que le 3e « Printemps de la liberté d’expression » se déroule au Palais des Congrès sous l’égide de la mairie et du Centre Méditerranéen de Littérature, le Collectif « Pour un vrai printemps de la liberté d’expression et contre l’extrême droite » installe ses tables rondes sur la place du Castillet, en plein centre-ville.
Le rendez-vous est fixé à 15h30. Le collectif regroupe Les Effronté.es, le syndicat CNT-SO et l’Association Nationale des Pieds-Noirs Progressistes et leurs Ami.e.s (ANPNPA), selon le communiqué publié par la CNT-SO.
Trois cas concrets au cœur des débats
Le forum ne se présente pas comme une simple protestation. Il structure son propos autour de trois situations présentées comme des atteintes concrètes à la liberté d’expression.
Premier thème : la situation des militants pro-palestiniens. Deuxième : les conditions d’expression des facteurs à La Poste. Troisième : le cas des soignants de la clinique Médipôle, à Cabestany, près de Perpignan. Leur grève, qualifiée d’historique par France 3 Occitanie, a duré 32 jours avant de prendre fin le 26 mai 2026, selon L’Indépendant.
Ce dernier point s’inscrit dans une actualité sociale très récente dans le département. La mobilisation de Médipôle avait été l’une des plus longues du secteur médical privé en Pyrénées-Orientales ces dernières années.
Un événement municipal critiqué pour son manque de pluralité
Le « Printemps de la liberté d’expression » en est à sa 3e édition. Les deux premières se sont tenues en 2024 et 2025. Cette année, le programme de la mairie affiche une quarantaine d’invités, dont Boualem Sansal, Éric Naulleau, Gilbert Collard et Nicolas Dupont-Aignan, pour un événement gratuit visant près de 4 000 spectateurs sur trois jours, selon le site officiel de la mairie de Perpignan.
La gauche locale conteste le casting. ICI Roussillon / France Bleu rapporte que l’opposition juge la programmation très marquée à droite et à l’extrême droite, avec un déficit de pluralité. Ce débat sur la représentativité des invités est au cœur des critiques portées par le collectif. Dans un contexte de mobilisations similaires ailleurs en France - comme à Avignon ce même 30 mai avec une marche des fiertés à tonalité anti-extrême droite - la journée prend une dimension politique plus large.
Le collectif dénonce par ailleurs un coût supérieur à 300 000 € pour les contribuables perpignanais. Ce chiffre est avancé dans le seul communiqué de la CNT-SO ; il n’a pas été confirmé par une source indépendante à ce stade.
Contexte dans les Pyrénées-Orientales
Perpignan, environ 121 000 habitants selon l’INSEE (données 2022), est dirigée par Louis Aliot (Rassemblement National) depuis juillet 2020. Il a été réélu en 2026 et préside également Perpignan Méditerranée Métropole, selon Wikipedia et le site de la mairie.
La ville est l’un des rares exemples de grande ville française administrée par le RN. Cette particularité fait de chaque initiative municipale un terrain de confrontation politique régulière entre la majorité et une opposition structurée - syndicats, associations, partis de gauche. Le bras de fer autour du « Printemps de la liberté d’expression » s’inscrit dans cette dynamique récurrente.
Au niveau national, la semaine a été marquée par plusieurs épisodes de tensions entre ultradroite et mouvements antifascistes. À Paris, 46 gardes à vue ont suivi des manifestations interdites impliquant les deux bords, et 300 personnes ont défilé à Marseille sous des slogans antifascistes. Le forum perpignanais s’inscrit dans ce contexte national tendu.
Une troisième édition sous surveillance politique
L’événement de la mairie, organisé avec le Centre Méditerranéen de Littérature, revendique une mission culturelle autour de la liberté d’expression. Le collectif oppose à cette lecture une autre : celle d’une tribune publique financée sur fonds municipaux et réservée, selon lui, à un seul camp politique.
La confrontation entre les deux formats - forum citoyen en plein air et grand plateau au Palais des Congrès - résume une ligne de fracture politique durable à Perpignan. La mairie n’avait pas répondu publiquement aux critiques du collectif au moment de la publication de cet article.
Le programme détaillé des tables rondes du forum du Castillet doit être précisé sur place à partir de 15h30.
Sources
- CNT-SO : Communiqué du Collectif « Pour un vrai printemps de la liberté d'expression et contre l'extrême droite »
- Mairie de Perpignan : 3e Printemps de la Liberté d'Expression
- ICI Roussillon / France Bleu : À Perpignan, le « Printemps de la liberté d'expression » affole la gauche
- L'Indépendant : Fin de la grève à la clinique Médipôle près de Perpignan