Petit-Bourg : un radar tourelle incendié route de Versailles, le préfet dénonce un « acte irresponsable »
Installé le 20 mai, réduit en cendres le 22 le préfet Thierry Devimeux réaffirme la fermeté de l'État sur la sécurité routière en Guadeloupe.
Un radar tourelle fraîchement posé sur la route de Versailles à Petit-Bourg a été incendié dans la nuit du 21 au 22 mai 2026. Il n'en reste qu'une carcasse. Le préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, a réagi en dénonçant un « acte irresponsable » et en maintenant sans réserve sa politique de sécurité routière.
Un radar tourelle fraîchement posé sur la route de Versailles à Petit-Bourg a été incendié dans la nuit du 21 au 22 mai 2026. Il n’en reste qu’une carcasse. Le préfet de la Guadeloupe, Thierry Devimeux, a réagi en dénonçant un « acte irresponsable » et en maintenant sans réserve sa politique de sécurité routière.
L’essentiel
- Nuit du 21 au 22 mai 2026 : un radar tourelle installé route de Versailles à Petit-Bourg est incendié, réduit à une carcasse et des cendres fumantes.
- Deux jours de vie : photos montrent l’appareil intact le 20 mai à 15h05, détruit le 22 mai à 8h30.
- 17 tués sur les routes de Guadeloupe depuis le début de l’année au 17 mai 2026, selon l’observatoire départemental de la sécurité routière (ODSR 971), avec une hausse de plus de 10 % des accidents et des blessés.
- 9 nouveaux radars tourelles annoncés par le préfet Devimeux le 5 mai 2026, s’ajoutant à la trentaine existante.
- Message laissé sur place : « Pas d’eau, pas de radar », selon RCI et Franceinfo La1ère.
Deux jours entre installation et destruction
Le radar tourelle était en place depuis le 20 mai 2026. Les images publiées par Franceinfo La1ère le montrent opérationnel à 15h05 ce jour-là, sur cette portion de la route de Versailles en descente, limitée à 70 km/h. Le 22 mai à 8h30, il n’en restait plus rien d’utilisable.
L’incendie s’est produit dans la nuit. Aucun auteur n’avait été identifié publiquement au moment de la publication de cet article. Une enquête est en cours. Des inscriptions « Pas d’eau, pas de radar » ont été relevées à proximité du site, selon RCI Guadeloupe et Franceinfo La1ère - un slogan qui renvoie aux tensions récurrentes sur l’accès à l’eau potable dans l’archipel.
Le préfet Devimeux : ni recul ni silence
Thierry Devimeux a pris la parole rapidement. Il a qualifié l’acte d’« acte irresponsable » et rappelé le bilan humain : 17 tués sur les routes de Guadeloupe depuis le 1er janvier, au 17 mai 2026. L’ODSR 971 recense 16 accidents mortels sur cette période, avec 76 % d’usagers vulnérables parmi les victimes et un âge médian de 36 ans (données provisoires, source : préfecture de Guadeloupe).
Le préfet a également cité une hausse de plus de 10 % des accidents et des blessés sur les routes guadeloupéennes. Il a réaffirmé son refus de toute concession sur la politique de sécurité routière et appelé à une tolérance zéro face aux destructions d’équipements publics.
Un radar parmi neuf annoncés début mai
Ce radar s’inscrit dans un déploiement plus large. Le 5 mai 2026, le préfet Devimeux avait annoncé l’installation de 9 nouveaux radars tourelles en Guadeloupe, portant le parc total à plus d’une quarantaine d’appareils, dont certains étaient alors en cours de remise en état. L’annonce visait explicitement à renforcer le contrôle de vitesse sur des axes identifiés comme accidentogènes.
Pour en savoir plus sur les mesures annoncées à cette occasion - sanctions alourdies, fourrière étendue à sept jours, suspension doublée - voir le détail de la politique de sécurité routière en Guadeloupe publiée sur info.fr.
Contexte dans la Guadeloupe (971)
Les destructions de radars tourelles ne sont pas nouvelles dans le département. Des précédents ont été documentés sur le même site de la route de Versailles, ainsi qu’à Petit-Bourg et ailleurs, en septembre 2024 et en 2020, selon Franceinfo La1ère et France-Antilles Guadeloupe. À chaque fois, les équipements ont été remis en service, avec des délais variables.
La Guadeloupe présente un bilan routier structurellement préoccupant. Les usagers vulnérables - deux-roues, piétons, cyclistes - représentent plus des trois quarts des victimes mortelles en 2026, selon l’ODSR. Le département cumule des difficultés spécifiques : réseau routier sinueux, forte densité de deux-roues motorisés, et tensions sociales récurrentes qui se greffent parfois sur les équipements de contrôle. Le contexte de pénurie d’eau - un sujet sensible en Guadeloupe depuis plusieurs années - semble avoir alimenté le slogan laissé sur place. La préfecture n’a pas établi de lien officiel entre crise de l’eau et destruction du radar.
Le préfet supervise par ailleurs d’autres dossiers sur le territoire : la gestion des sargasses a récemment mobilisé ses services, avec la mise en place de barrages flottants à Basse-Terre. La préfecture de Guadeloupe est également citée dans le déploiement de la fibre à Sainte-Rose, où Orange Caraïbe annonce de nouveaux quartiers connectés.
Des précédents qui n’ont pas infléchi la politique
À chaque destruction documentée depuis 2020, la réponse de l’État a suivi le même schéma : condamnation ferme, remplacement du matériel, maintien du dispositif. Le préfet Devimeux s’inscrit dans cette continuité. Les auteurs des précédents incendies n’ont pas tous été identifiés publiquement.
La question du coût de remplacement de l’appareil détruit n’avait pas été communiquée au moment de la publication. Les suites judiciaires de cet incendie dépendront de l’avancée de l’enquête en cours.
Sources
- Franceinfo La1ère Guadeloupe : Radar de la route de Versailles à Petit-Bourg : sitôt installé, sitôt détruit !
- RCI Guadeloupe : Radar brûlé à Petit-Bourg : le Préfet Thierry Devimeux dénonce « un acte irresponsable »
- Cap Infos : Sécurité routière en Guadeloupe : 9 nouveaux radars, suspension doublée, fourrière 7 jours
- Préfecture de Guadeloupe : Les chiffres de l'accidentalité au 19 mai 2026 – ODSR 971