PFAS à Saint-Martin-de-Crau : l’eau des forages privés interdite par arrêté municipal
La maire a signé un arrêté interdisant la consommation de l'eau des puits privés dans le sud de la commune, après des analyses révélant des taux de PFAS proches du seuil.
Face à la présence de polluants éternels (PFAS) dans plusieurs forages privés, la maire de Saint-Martin-de-Crau a pris un arrêté d'interdiction temporaire. L'eau du réseau public reste conforme.
L’essentiel
- Arrêté signé le 26 juin 2026 : la maire Séverine Dellanegra a interdit la consommation de l’eau des forages et puits privés dans le sud de la commune.
- Seuil dépassé : les analyses du Symcrau et de l’ARS montrent des concentrations en PFAS (notamment PFOS) proches ou supérieures à 0,1 µg/L.
- Réseau public épargné : l’eau potable distribuée par la ville reste conforme et sans danger.
La Ville de Saint-Martin-de-Crau a annoncé ce vendredi 26 juin la signature d’un arrêté municipal restreignant l’usage de l’eau issue des forages et puits privés. La mesure, prise par la maire Séverine Dellanegra, concerne plusieurs zones du sud de la commune, où des analyses ont mis en évidence une pollution aux PFAS, ces composés chimiques persistants surnommés « polluants éternels ».
Ce que dit l’arrêté
L’arrêté n° ARR-DGS-49_2026 interdit temporairement l’utilisation de l’eau des forages privés pour la boisson et la préparation des aliments. Les habitants concernés sont invités à utiliser l’eau du réseau public pour ces usages. La mairie précise que l’eau distribuée par le réseau public est « parfaitement conforme aux normes sanitaires » et n’est pas concernée par cette interdiction.
Cette décision fait suite à des prélèvements réalisés par le Syndicat mixte des communes riveraines de l’étang de Berre (Symcrau) sous l’égide de l’Agence régionale de santé (ARS). Les résultats ont révélé des concentrations en PFAS, notamment du PFOS (sulfonate de perfluorooctane), proches ou supérieures au seuil de conformité fixé à 0,1 microgramme par litre.
L’origine de la pollution
Selon les informations communiquées par la mairie, la pollution proviendrait de l’utilisation ancienne de mousses anti-incendie contenant du PFOS. Ces produits, interdits pour les usages civils depuis 2008, sont encore présents dans les sols et les nappes phréatiques de certains secteurs industriels ou de formation des pompiers. Le sud de Saint-Martin-de-Crau, proche de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, est particulièrement exposé.
Une réunion publique d’information s’est tenue le mercredi 24 juin à Fos-sur-Mer pour expliquer la situation aux riverains. La Ville de Saint-Martin-de-Crau a également mis en place une permanence téléphonique pour répondre aux questions des habitants concernés par l’arrêté.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Cette interdiction s’inscrit dans une série d’alertes aux PFAS dans le département. En 2025, deux captages publics situés à Fos-sur-Mer - Ventillon et Fanfarigoule - présentaient déjà des taux de PFAS supérieurs aux normes. Le captage de Fanfarigoule a bénéficié de travaux d’interconnexion pour près d’un million d’euros, permettant de sécuriser son approvisionnement depuis février 2026. Saint-Martin-de-Crau, commune de 14 530 habitants située dans la plaine de la Crau, dépend en partie des mêmes nappes phréatiques que Fos-sur-Mer. Ce précédent a conduit les autorités à renforcer la surveillance des forages privés dans le secteur.
Dans le même département, des mesures sanitaires avaient déjà été prises lors de récents épisodes caniculaires, comme l’interdiction d’alcool sur la voie publique à Alfortville. Plus largement, la question des polluants éternels préoccupe les élus locaux, qui réclament un plan national de dépollution. Ailleurs en France, des affaires judiciaires peinent à aboutir, comme le classement sans suite d’une plainte pour agression sexuelle à Valenciennes.
Prochaine étape
La mairie indique que des analyses complémentaires sont en cours pour cartographier précisément l’étendue de la contamination. Une nouvelle réunion publique devrait être organisée à Saint-Martin-de-Crau dans les prochaines semaines pour faire le point sur les résultats et les mesures à long terme. En attendant, les habitants concernés doivent continuer à utiliser l’eau du réseau public pour la consommation.