Philippot candidat en 2027 : un parrainage en 2022, et toujours moins de 1% aux européennes
L'ancien bras droit de Marine Le Pen se déclare sur France 2, mais s'effacerait pour Philippe de Villiers
Florian Philippot s'est déclaré candidat à la présidentielle de 2027 le 9 mai 2026 sur France 2. Bilan un parrainage en 2022, moins de 1% aux européennes 2024, et plus aucun mandat depuis cinq ans.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un seul parrainage en 2022, le mur électoral
Philippot n'a obtenu qu'un parrainage sur les 500 nécessaires en 2022, celui d'une maire de Seine-Maritime. La barrière demeure intacte.
Une candidature conditionnelle
Le président des Patriotes s'effacerait si Philippe de Villiers entrait en lice. La candidature est suspendue à une autre, non déclarée.
Moins de 1% aux européennes 2024
Sa liste 'L'Europe, ça suffit' n'a pas dépassé 1% des voix. En 2019, déjà 0,6%. Le socle électoral ne décolle pas.
L'embouteillage de 2027
Plus de seize candidats pourraient se présenter, dépassant le record de 2002. Les électeurs sanctionnent déjà cette multiplication.
Cinq ans sans mandat, sans réseau d'élus
Florian Philippot a perdu son dernier mandat aux régionales de 2021. Sans élu local, la mécanique de réciprocité qui fonde la collecte des parrainages est cassée.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Florian Philippot se déclare candidat à la présidentielle 2027 sur France 2 le 9 mai 2026.
- Il n'avait obtenu qu'un parrainage sur 500 lors de la précédente présidentielle, en 2022.
- Sa liste aux européennes 2024 a fait moins de 1% des voix.
- Il s'effacerait si Philippe de Villiers décidait de se présenter.
- Il n'a plus aucun mandat électif depuis sa défaite aux régionales de 2021, ce qui prive son parti de la base nécessaire pour collecter des parrainages.
Samedi 9 mai 2026 [1], plateau de France 2. Florian Philippot [2] lâche la formule: «Je suis candidat à l’élection présidentielle» [3] de 2027 [4]. Le président des Patriotes [5] et ancien vice-président du Front national [6] entre dans la course. Onzième, douzième, treizième candidat déclaré? Personne ne compte plus.
Sa ligne tient en deux phrases. Sortir la France de l’Union européenne et de l’Otan [7]. Rassembler la «mouvance souverainiste» [8]. Le programme n’a pas bougé depuis qu’il a quitté le FN après la présidentielle de 2017 [9] pour fonder Les Patriotes [10].
Le bilan électoral, version sans filtre
Reprenons. En 2022 [12], Florian Philippot voulait déjà être candidat [13]. Il a obtenu un parrainage [14]. Un seul. Celui de la maire de Yville-sur-Seine, en Seine-Maritime [15]. Sur les 500 [16] nécessaires, validés par le Conseil constitutionnel [17]. Il s’était finalement rangé derrière Nicolas Dupont-Aignan [18].
Aux européennes de 2024 [19], sa liste «L’Europe, ça suffit» [20] a recueilli moins de 1% des voix [21]. Aux européennes de 2019, sa liste avait obtenu 0,6% [11]. Aux régionales de 2021 [22], il a perdu son dernier mandat électif. Depuis, plus rien. Pas un siège, pas une mairie, pas un département.
Cinq ans sans mandat, et le mur des parrainages
C’est ici que l’arithmétique devient mécanique. La collecte des 500 parrainages [23] repose sur un principe simple: il faut des élus, maires en tête, qui acceptent d’apposer leur signature. Et pour convaincre des élus, il faut soi-même appartenir à un réseau d’élus. C’est une logique de réciprocité, de proximité, d’échanges d’invitations à des congrès, des inaugurations, des fédérations départementales. Un parti qui aligne des conseillers régionaux, des conseillers départementaux, des maires affiliés, peut activer ces canaux. Un parti qui n’en a plus, non.
Or Florian Philippot n’a plus aucun mandat électif depuis sa défaite aux régionales du Grand Est en 2021 [22]. Cinq ans hors des assemblées. Aucun maire des Patriotes, aucun conseiller départemental, aucun parlementaire. Lui-même n’avait pas réussi à devenir député de la Moselle aux législatives de 2022 [24]. Cette absence n’est pas un détail logistique: c’est une impasse structurelle. Un parrainage en 2022 [25], il faudrait en multiplier la collecte par 500 sans la machine qui la rend possible. Le Conseil constitutionnel [17] valide les signatures, il ne les fournit pas.
Des candidats récurrents comme François Asselineau n’ont jamais dépassé 1% des voix [26] et continuent de buter sur le seuil ou de l’effleurer. Philippot s’inscrit dans cette catégorie: celle des candidatures qui se répètent sans se consolider.
De «système verrouillé» à «professionnel»: un retournement
En 2022 [12], Florian Philippot dénonçait un système «verrouillé et vicié» [27]. Le mot était fort. Il imputait l’échec à une mécanique conçue, selon lui, pour exclure les candidats hors des grands partis. Le problème était systémique, donc extérieur.
En 2026, le même candidat affirme: «Aujourd’hui, on s’y prend de manière très professionnelle pour ces 500 parrainages» [28]. La phrase déplace le centre de gravité. Si la professionnalisation est aujourd’hui la solution, c’est qu’en 2022 [12] le problème était au moins en partie organisationnel. C’est-à-dire interne. Le verrouillage dénoncé hier devient implicitement, aujourd’hui, un défaut de méthode. Philippot ne corrige pas le système, il corrige son équipe. L’aveu est discret mais réel: le mur n’était peut-être pas aussi institutionnel qu’il le disait. Il était aussi le mur de son propre isolement politique.
Une candidature à clause de retrait
Particularité de l’annonce: elle est conditionnelle. Philippot se retirerait si Philippe de Villiers [29] entrait en lice. «Aujourd’hui toute la mouvance souverainiste considère que c’est Philippe de Villiers qui incarne possiblement ce rassemblement anti-UE et anti-Otan» [8], explique-t-il. Début avril 2026 [30] puis fin avril 2026 [31], l’ancien ministre a multiplié les prises de parole [32].
Autrement dit: Philippot se déclare candidat pour ne pas l’être. Il occupe la place en attendant que quelqu’un d’autre vienne la prendre. C’est un aveu. La «mouvance souverainiste» qu’il revendique présider n’a pas de tête, et sa propre candidature n’est qu’un marqueur de territoire.
L’embouteillage de 2027
Le contexte joue contre lui. Le nombre de candidats pour 2027 pourrait dépasser les seize prétendants de 2002 [33]. Ils étaient dix en 2012 [34], onze en 2017 [35], douze en 2022 [36]. Emmanuel Macron [37] ne peut pas se présenter pour un troisième mandat consécutif [38]. Marine Le Pen [39], condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité et quatre ans de prison [40], attend la décision en appel le 7 juillet [41]. En cas de confirmation, Jordan Bardella [42] prendra le relais au RN.
Les électeurs n’aiment pas. À un an de l’élection [43], la cote de popularité d’Edouard Philippe, Gabriel Attal, Gérald Darmanin et Bruno Retailleau baisse de 5 points [44]. «Ils sanctionnent la multiplication des candidatures, perçue comme l’assurance d’une défaite à venir» [45], analyse Vincent Thibault, directeur d’études chez Elabe [46]. Philippot ajoute son nom à une liste qui agace.
Ce que personne ne dit
Philippot n’a pas vocation à gagner. Il a vocation à exister. Sa formule choc - «On ne peut pas se résoudre à un duel Jean-Luc Mélenchon-Jordan Bardella ou Edouard Philippe-Jordan Bardella» [47] - fonctionne en deux temps. D’abord, elle reconnaît que les trois noms qui comptent en 2027 sont Mélenchon [48], Bardella [49] et Philippe [50]. Ensuite, elle place Philippot en alternative. Sans dire à quelle alternative on parle quand on pèse 0,6% à 1% [11][51] depuis sept ans.
Le paradoxe est là. Le trop-plein de candidatures fait caler les favoris, mais nourrit les marginaux qui cherchent juste une tribune télévisée. France 2 le 9 mai 2026 [52], c’est déjà gagné. Le reste - parrainages, suffrages - est secondaire.
Les voix absentes du débat
Aucune réaction nominative d’un opposant politique ou d’un expert n’a émergé dans les sources consultées à l’heure de l’annonce. Le RN [53], visé en creux, n’a pas répondu. Marine Le Pen [54], dont Philippot fut le bras droit avant 2017 [55], non plus. Cet unanimisme dans l’ignorance interroge moins sur Philippot que sur ce qu’il représente: un candidat dont les autres jugent qu’il ne mérite pas de réponse. C’est aussi une forme de verdict.
Reste l’arithmétique. Un parrainage en 2022 [56]. Sous 1% en 2024 [57]. Aucun mandat depuis 2021 [22]. Une candidature suspendue à celle de Philippe de Villiers, qui n’a rien annoncé. Promesse de plus.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (57)
« Ce samedi 9 mai 2026, le président des Patriotes a annoncé qu’il était candidat à l’élection présidentielle de 2027 »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Florian Philippot, président du parti Les Patriotes et ancien vice-président du Front national (FN), samedi 9 mai sur France 2 »
franceinfo.fr ↗ ↩
« «Je suis candidat à l'élection présidentielle», a déclaré sur France 2 l'ex-eurodéputé »
lefigaro.fr ↗ ↩
« "Je suis candidat à la présidentielle" de 2027 »
franceinfo.fr ↗ ↩
« le président des Patriotes a annoncé qu’il était candidat »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« L'ancien vice-président du Front national, Florian Philippot, a annoncé samedi 9 mai être candidat à la présidentielle de 2027 »
lefigaro.fr ↗ ↩
« faire sortir la France de l'Union européenne et de l'Otan »
franceinfo.fr ↗ ↩
« «Aujourd'hui toute la mouvance souverainiste considère que c'est Philippe de Villiers qui incarne possiblement ce rassemblement anti-UE et anti-Otan» »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Florian Philippot a quitté le Front national (devenu Rassemblement national) après la présidentielle de 2017 »
lefigaro.fr ↗ ↩
« il quitte la formation et fonde son propre parti politique, Les Patriotes (LP). »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« il n’est pas réélu au Parlement européen en 2019 (sa liste ayant obtenu 0,6 % des suffrages) »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« avait déjà voulu postuler en 2022 »
lesechos.fr ↗ ↩
« l’ancien bras droit de Marine Le Pen avait voulu candidater en 2022 »
lefigaro.fr ↗ ↩
« au cours de laquelle il n'en avait récolté qu'un seul »
franceinfo.fr ↗ ↩
« celui de la maire de Yville-sur-Seine, en Seine-Maritime »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« les 500 parrainages d'élus nécessaires »
franceinfo.fr ↗ ↩
« avant validation par le Conseil constitutionnel »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« il s’était finalement rangé derrière Nicolas Dupont-Aignan. »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Aux européennes de 2024 »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Sa liste « L’Europe, ça suffit » a obtenu moins de 1 % des voix. »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« La liste de l'ex-eurodéputé, baptisée « L'Europe ça suffit », avait recueilli moins de 1 % des voix aux dernières élections européennes, en 2024 »
lesechos.fr ↗ ↩
« puis perd son dernier mandat électif à l'occasion des élections régionales de 2021 dans le Grand Est. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« Il faut d’abord réunir 500 « présentations » d’élus »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Aux élections législatives qui suivent, il échoue à nouveau à devenir député de la Moselle. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« n'ayant reçu qu'un parrainage d'élus sur les 500 nécessaires. »
fr.wikipedia.org ↗ ↩
« il n’a ensuite pas réussi à dépasser 1% des voix. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« il avait dénoncé un système « verrouillé et vicié » »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« "Aujourd'hui, on s'y prend de manière très professionnelle pour ces 500 parrainages", assure-t-il »
franceinfo.fr ↗ ↩
« si Philippe de Villiers se lançait à son tour »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Début avril puis fin avril 2026, l’ancien ministre a multiplié les prises de parole »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Début avril puis fin avril 2026, l’ancien ministre a multiplié les prises de parole »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Début avril puis fin avril 2026, l’ancien ministre a multiplié les prises de parole sur la présidentielle de 2027 »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« Le nombre de candidats pourrait être record et dépasser les seize prétendants de 2002. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Ils étaient dix en 2012, onze en 2017 et douze en 2022. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Ils étaient dix en 2012, onze en 2017 et douze en 2022. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Ils étaient dix en 2012, onze en 2017 et douze en 2022. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Ce recul est particulièrement marqué auprès des électeurs du président de la République. »
lesechos.fr ↗ ↩
« le président de la République sortant, Emmanuel Macron, ne peut pas se présenter pour un troisième mandat consécutif »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Marine Le Pen (57 ans) doit attendre la décision en appel de l’affaire des assistants parlementaires européens dans laquelle elle a été condamnée en première instance »
lefigaro.fr ↗ ↩
« condamnée en première instance à cinq ans d’inéligibilité et quatre ans de prison »
lefigaro.fr ↗ ↩
« en cas de condamnation en appel de Marine Le Pen le 7 juillet dans l’affaire des assistants parlementaires européens »
lefigaro.fr ↗ ↩
« Jordan Bardella deviendra le nouveau prétendant à l’Élysée du Rassemblement national. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« A un an de l'élection présidentielle, le trop-plein de candidatures au centre et à droite semble agacer les électeurs. »
lesechos.fr ↗ ↩
« C'est notamment le cas d'Edouard Philippe, de Gabriel Attal, de Gérald Darmanin ou encore de Bruno Retailleau, dont la cote de popularité baisse de 5 points, sans distinction, auprès de l'ensemble des Français. »
lesechos.fr ↗ ↩
« « Ils sanctionnent la multiplication des candidatures, perçue comme l'assurance d'une défaite à venir », analyse Vincent Thibault, directeur d'études de l'institut de sondage. »
lesechos.fr ↗ ↩
« « Ils sanctionnent la multiplication des candidatures, perçue comme l'assurance d'une défaite à venir », analyse Vincent Thibault, directeur d'études de l'institut de sondage. »
lesechos.fr ↗ ↩
« "On ne peut pas se résoudre à un duel Jean-Luc Mélenchon-Jordan Bardella ou Edouard Philippe-Jordan Bardella", estime l'ancien bras droit de Marine Le Pen »
franceinfo.fr ↗ ↩
« un duel Jean-Luc Mélenchon-Jordan Bardella »
franceinfo.fr ↗ ↩
« un duel Jean-Luc Mélenchon-Jordan Bardella ou Edouard Philippe-Jordan Bardella »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Edouard Philippe-Jordan Bardella »
franceinfo.fr ↗ ↩
« Sa liste « L’Europe, ça suffit » a obtenu moins de 1 % des voix. »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« samedi 9 mai sur France 2 »
franceinfo.fr ↗ ↩
« le Rassemblement national et les candidatures de centre droit »
parlons-politique.fr ↗ ↩
« L'ancien bras droit de Marine Le Pen »
lesechos.fr ↗ ↩
« l’ancien bras droit de Marine Le Pen »
lefigaro.fr ↗ ↩
« il n'avait obtenu qu'un parrainage sur les 500 signatures nécessaires pour se présenter. »
lefigaro.fr ↗ ↩
« la liste menée par Les Patriotes est restée sous 1 % des voix »
parlons-politique.fr ↗ ↩
Sources
- Le souverainiste Florian Philippot annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2027
- Présidentielle 2027 : Florian Philippot annonce sa candidature, mais s’effacerait pour Philippe de Villiers
- SONDAGE EXCLUSIF - Présidentielle 2027 : l'embouteillage de candidatures fait caler Philippe, Attal et Retailleau
- Présidentielle 2027 : qui sont les candidats potentiels et déclarés ?
- Présidentielle 2027 : Florian Philippot déclare sa candidature, tout en n'excluant pas de la retirer
- Candidature souverainiste : Philippot vise 2027
- Présidentielle 2027 : Philippot vise le camp souverainiste
- Florian Philippot
