Maillot vert : Philipsen mise tout sur les étapes 11 et 12 pour revenir sur Pedersen
Le Belge accuse 88 points de retard avant l'étape 11 et mise tout sur les deux sprints à venir
Jasper Philipsen accuse 88 points de retard sur Mads Pedersen au classement du maillot vert avant l'étape 11 du Tour de France 2026.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Course au maillot vert
Philipsen accuse 88 points de retard sur Pedersen avec deux étapes de sprint restantes. Le nouveau barème 2026 offre 70 points au vainqueur, soit un tiers de l'écart à combler en une victoire.
Règlement modifié
Le barème 2026 augmente la récompense de 50 à 70 points sur cinq étapes désignées, amplifiant les écarts et les possibilités de retour.
Domination de Pedersen
Le Danois mène depuis la 4ème étape et vise son premier maillot vert au Tour après 21 jours en vert au Giro et 32 sur la Vuelta.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Jasper Philipsen accuse 88 points de retard sur Mads Pedersen au classement du maillot vert avant l'étape 11
- Le Belge reconnaît un « déficit significatif » et mise sur les étapes 11 et 12 pour revenir
- Philipsen n'a obtenu que deux cinquièmes places sur les premières étapes de sprint, loin de son niveau 2023
- Le nouveau barème 2026 offre 70 points au vainqueur d'étape désignée, contre 50 auparavant
- Pedersen mène avec 293 points, devant Girmay (239), Merlier (213) et Philipsen (205)
Jasper Philipsen n’a pas pris de gants. Avant le départ de l’étape 11 du Tour de France 2026 - le 15 juillet - le Belge a admis son retard pour le maillot vert: « Tout dépend d’aujourd’hui et de demain ». Il pointe à 88 points derrière le leader danois Mads Pedersen - qui totalise 293 points contre 205 pour le coureur d’Alpecin-Deceuninck.
Le sprinteur reconnaît un « déficit significatif » - formulé lors du point presse matinal à Vichy, face aux journalistes néerlandais et flamands. Un aveu rare pour le champion 2023 - qui mise désormais tout sur les deux étapes plates restantes, la liaison Vichy-Nevers et l’étape du lendemain. Sur le sprint intermédiaire de l’étape 11, Philipsen grappille 10 points - contre 8 pour Pedersen. Insuffisant pour inverser la tendance.
Un début de Tour manqué
Philipsen arrive sur ce Tour avec le statut de favori. Champion du maillot vert en 2023 - il a enchaîné les victoires d’étape ces dernières années. Mais l’édition 2026 tourne au cauchemar: deux cinquièmes places sur les premières opportunités de sprint, dont une cinquième place à Bordeaux lors de l’étape 7 - malgré le travail de son équipe Alpecin-Deceuninck.
Le Belge s’est dit « assez optimiste » après le jour de repos, estimant que ses jambes répondaient mieux. Mais l’optimisme ne suffit plus: il doit convertir, et vite.
Pedersen, la régularité comme arme
Face à lui, Mads Pedersen domine depuis le début. Le coureur de Lidl-Trek a pris la tête du classement dès la 4ème étape - remportée le 7 juillet. Son secret: la constance. Pedersen ne gagne pas toutes les étapes, mais il marque à chaque fois. Deuxième, troisième, quatrième, il accumule les points intermédiaires et les places d’honneur, là où Philipsen ne finit que cinquième ou disparaît du top 10.
Le coureur excelle aussi dans les sprints intermédiaires, où il devance régulièrement ses rivaux. Cette capacité à marquer sur tous les tableaux lui offre une marge de sécurité: même sans gagner d’étape supplémentaire, il peut défendre son maillot. Pedersen a déjà enfilé le maillot vert 21 jours sur le Giro et 32 fois sur la Vuelta - mais jamais sur le Tour. Il joue sa chance. Biniam Girmay occupe la deuxième place avec 239 points - devant Tim Merlier et ses 213 unités.
Un barème réformé qui change tout
Le règlement 2026 amplifie les écarts. Les organisateurs ont relevé la récompense du vainqueur sur cinq étapes de sprint désignées - dont l’étape 11, passant de 50 à 70 points. Une victoire rapporterait donc 70 points au lieu de 50. De quoi creuser l’écart, ou permettre un retour.
Ce nouveau barème bouleverse la stratégie. Pour Philipsen, cela signifie qu’une seule victoire sur l’étape 11 ou 12 effacerait plus d’un tiers de son retard. Deux victoires le remettraient dans la course. Mais ce barème profite aussi à Pedersen: s’il gagne une étape, il enfonce définitivement le Belge. Les équipes adaptent leur tactique en conséquence. Lidl-Trek peut se permettre de laisser partir des échappées matinales et de contrôler sans s’épuiser, sachant qu’une seule place d’honneur maintiendra l’écart. Alpecin-Deceuninck - au contraire, doit tout miser sur le placement final et accepter de brûler ses cartouches pour amener Philipsen en position de gagner.
Ce que l’écart ne dit pas
Pedersen mène avec 88 points d’avance - mais ce chiffre masque une réalité: le coureur n’a gagné qu’une seule étape, la 4ème. Philipsen, malgré ses deux cinquièmes places - reste dans le coup à chaque sprint. Son problème n’est pas la régularité, c’est la victoire. Il finit devant, jamais premier.
Le nouveau barème change la donne: une victoire rapporte désormais 70 points sur certaines étapes, contre 50 auparavant. Autrement dit, Philipsen peut effacer plus d’un tiers de son retard en une seule journée s’il gagne l’étape 11. Mais il doit gagner, pas finir cinquième.
Le poids de l’histoire
Le maillot vert a été créé en 1953 pour le 50e anniversaire du Tour. Peter Sagan en détient le record avec sept victoires - remportées en 2012-2016 et 2018-2019. Erik Zabel en avait remporté six d’affilée entre 1996 et 2001. Philipsen l’a décroché une fois, en 2023. Pedersen, jamais.
Les luttes pour le maillot vert sont rarement tranchées tôt. En 2003 - Baden Cooke et Robbie McEwen se sont battus jusqu’aux Champs-Élysées. On se souvient aussi de remontées spectaculaires dans les dernières étapes de plaine. Cette édition 2026 suit le même schéma: quatre sprinteurs en moins de 90 points, deux étapes plates à disputer, un nouveau barème qui amplifie chaque résultat.
Philipsen mise tout sur les étapes 11 et 12. Pedersen défend. Girmay et Merlier guettent. Le maillot vert se joue dans les 48 heures.