Polytechnyl reprise à minima : la Vallée de la Chimie lyonnaise sous pression
Le tribunal de commerce de Lyon a validé le rachat par le fonds américain Lone Star, sauvant 72 emplois sur 550.
Le 27 avril 2026, le tribunal de commerce de Lyon a accepté l'offre du fonds américain Lone Star pour reprendre Polytechnyl. Sur 550 salariés, 478 perdent leur poste. La présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, tire la sonnette d'alarme sur l'ensemble de la Vallée de la Chimie.
L’offre est à 10,1 millions d’euros. Elle couvre les brevets, la marque Technyl, la R&D et les stocks. Elle exclut les outils de production et le foncier. C’est le fonds américain Lone Star qui reprend Polytechnyl, dernier grand producteur français de polyamide 66, implanté à Saint-Fons depuis les années 1950. Le tribunal de commerce de Lyon a validé cette reprise le 27 avril 2026, selon Le Progrès.
Le résultat est brutal : sur 550 salariés, seuls 72 emplois sont conservés, selon Le Figaro. Environ 478 suppressions concernent les sites de Saint-Fons et de Valence. Les syndicats ont immédiatement dénoncé ce bilan, qualifiant l’opération de scandale social.
Une entreprise fragilisée de longue date
Polytechnyl n’était pas en bonne santé depuis plusieurs années. En 2025, un plan de sauvegarde de l’emploi avait déjà supprimé 130 postes, selon France 3. La société avait été placée en redressement judiciaire le 8 janvier 2026. La mise en faillite fin 2025 de trois filiales de sa maison mère, Domo Chemicals, en Allemagne, avait accéléré la crise, selon BFMTV. Initialement, huit acheteurs potentiels s’étaient manifestés. Une seule offre a abouti, validée par la Commission européenne et Bercy, selon Challenges.
Cette issue s’inscrit dans une série de reprises a minima dans la chimie régionale. Au printemps 2025, Vencorex près de Grenoble avait été cédée au chinois Wanhua dans des conditions comparables. En 2021, Kem One à Saint-Fons avait été rachetée par le fonds Apollo après une quasi-faillite.
14 500 emplois dans le viseur
La Vallée de la Chimie, corridor de 25 km au sud de Lyon, regroupe 425 entreprises et 14 500 emplois, dont 5 500 directs, selon Challenges. Le secteur souffre de coûts énergétiques élevés, de la concurrence asiatique et d’une désindustrialisation structurelle.
La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, ne mâche pas ses mots : « La situation est dramatique dans la Vallée de la Chimie où la réindustrialisation vacille sous les crises en chaîne », déclare-t-elle selon Challenges. Elle alerte sur la fragilité économique du secteur, selon Lyon Décideurs.
Le maire de Saint-Fons, Hadi Mebarki, est allé plus loin. Avant l’audience, il avait adressé une lettre ouverte au gouvernement, selon Le Progrès, alertant sur une crise qui menace l’ensemble des 14 500 emplois du territoire. Une étude récente estime que près de 20 000 postes pourraient disparaître dans la chimie française dans les prochaines années, selon TF1 Info. D’autres dossiers industriels en difficulté pèsent sur le même contexte national.
Prochaine étape : le projet DECLYC en novembre 2026
Un projet de décarbonation de la Vallée de la Chimie, baptisé DECLYC, vise une réduction de 80 % des émissions d’ici 2050. Son diagnostic et sa phase de préfiguration doivent être finalisés en novembre 2026, selon Mes Infos. Le dossier nécessite de nouveaux financements publics et privés, dont le montant n’a pas encore été précisé. Gérard Pignault, directeur de l’école d’ingénieurs CPE Lyon, résume : « La R&D et l’innovation fonctionnent, mais la situation est dramatique », selon Challenges.
Sources
- Le Progrès : Chimie : l'entreprise Polytechnyl sera reprise, mais perd la majeure partie de ses employés
- Le Figaro : Polytechnyl reprise par un fonds d'investissement, 72 emplois sauvés sur 550
- Challenges : « La situation est dramatique » : dans la vallée de la chimie lyonnaise, la réindustrialisation vacille
- Lyon Décideurs : Métropole de Lyon : Véronique Sarselli s'inquiète de la fragilité économique de la Vallée de la Chimie