Pontoise : les avocats du Val-d’Oise dans la rue contre la loi SURE

Le barreau du Val-d'Oise a rejoint l'opération nationale 'justice morte' le 13 avril contre la réforme de la justice criminelle portée par Gérald Darmanin.

Pontoise : les avocats du Val-d'Oise dans la rue contre la loi SURE
Illustration Sophie Lefebvre / info.fr

Le 13 avril 2026, des avocats de Pontoise ont participé à l'opération nationale 'justice morte'. En cause : la loi SURE, qui prévoit un plaider-coupable en matière criminelle. Le Sénat a adopté le texte le lendemain, 219 voix contre 111.

Le mouvement est national, mais il se décline aussi dans le Val-d’Oise. Le 13 avril 2026, le barreau de Pontoise a rejoint les rassemblements organisés dans plusieurs villes de France contre la loi SURE - pour Sanction Utile, Rapide et Effective - , selon Le Monde. Ce projet de loi, porté par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, instaure un mécanisme de plaider-coupable en matière criminelle pour raccourcir les délais de jugement.

Une grève totale depuis le 1er avril

Le Conseil de l’Ordre des Avocats du Val-d’Oise avait voté une grève totale et générale à compter du 1er avril 2026, selon son annonce officielle. Seuls les contentieux touchant à la liberté des personnes sont maintenus. Tous les autres procès sont renvoyés.

Le mouvement avait démarré le 31 mars dans une majorité de barreaux, après un vote à 87 % en faveur de la grève par la Conférence des bâtonniers, qui regroupe 163 barreaux et 45 000 avocats hors Paris, selon Libération. Le 16 avril, la grève a été reconduite à 74 % des voix, indique France Info.

Le reproche central : une justice expéditive qui priverait les victimes d’un procès aux assises. Christophe Bayle, président de la Conférence des bâtonniers, a déclaré au Monde : « C’est parce que la voix des victimes a été entendue que la société a su se mobiliser ces dernières années dans le cadre des violences faites aux femmes. »

Le Sénat a voté, l’Assemblée reste à convaincre

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Malgré la mobilisation, le Sénat a adopté le projet de loi dans la nuit du 14 avril par 219 voix contre 111, d’après Le Figaro. L’opposition des robes noires n’a pas suffi à bloquer le texte en chambre haute.

Le texte doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale avant la suspension estivale des travaux parlementaires, selon Public Sénat. Les avocats entendent maintenir la pression. La grève dans le Val-d’Oise reste en vigueur à ce stade.

Prochaine étape : examen du projet de loi à l’Assemblée nationale, calendrier non encore arrêté à la date de publication.

Sources

Sophie Lefebvre

Sophie Lefebvre

Installée à Cergy, elle couvre les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express, l'université et les débats sur la sécurité. Formée à Sciences Po Rennes, elle a commencé en radio. Ligne de travail : interroger les élus, les syndicalistes, les étudiants, vérifier les permis de construire avant de publier.

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