Procès Jalton aux Abymes : 18 mois de prison requis, 5 ans d’inéligibilité demandés

Le ministère public a requis des peines sévères contre le maire des Abymes pour trafic d'influence lié à la campagne de 2014.

Procès Jalton aux Abymes : 18 mois de prison requis, 5 ans d'inéligibilité demandés
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a examiné le 21 avril 2026 le dossier Eric Jalton, maire réélu des Abymes. Le parquet a requis 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité. Le délibéré est attendu le 30 juin.

L’audience a duré près de sept heures. Le 21 avril 2026, Eric Jalton, maire des Abymes depuis plusieurs mandats, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre pour trafic d’influence passive. Les faits remontent à la campagne municipale de 2014. La salle était comble, selon France-Antilles Guadeloupe.

Un marché public au cœur des accusations

Selon La1ère, il est reproché à Eric Jalton d’avoir attribué et renouvelé un marché public d’entretien des routes à la société STGC, dirigée par Sylvère Fifi, en échange d’un financement occulte de sa campagne. Environ 35 000 euros auraient ainsi été réglés pour des dépenses électorales - impression, tee-shirts, matériel - par le chef d’entreprise. Les accusations incluent également des surfacturations estimées à plus de 1,2 million d’euros sur ce marché, toujours selon La1ère.

Sylvère Fifi est lui poursuivi pour corruption active et faux en écriture. Frantz Velayoudom, mandataire financier de la campagne, encourt 10 mois de prison avec sursis, selon les réquisitions rapportées par La1ère.

Lors de l’audience, Eric Jalton a opposé son droit au silence, comme l’a rapporté RCI Guadeloupe. Le parquet a qualifié les faits de « grave atteinte à la probité », selon France-Antilles Guadeloupe.

Des réquisitions lourdes, un mois après la réélection

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Le ministère public a requis 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité contre Eric Jalton, selon La1ère et France-Antilles. Ce procès survient un mois à peine après la réélection du maire pour un quatrième mandat consécutif lors des municipales de mars 2026. L’association Anticor a réagi sur X :

Une inéligibilité, si elle était prononcée, remettrait en cause l’exercice de ce mandat tout juste renouvelé. Une situation qui rappelle d’autres dossiers judiciaires impliquant des élus locaux, comme la recomposition d’équipes municipales observée ailleurs en France ou encore des procès longs et complexes devant les tribunaux correctionnels.

Douze ans de procédure

L’affaire a été déclenchée par une plainte déposée le 7 mars 2014 par Olivier Serva, selon La1ère. La procédure judiciaire s’est ensuite étirée sur plus de douze ans, avec plusieurs renvois : le procès, initialement prévu en avril 2025, avait été reporté à octobre 2025, puis au 21 avril 2026, selon France-Antilles Guadeloupe.

Le tribunal a refusé un nouveau renvoi lors de cette audience, permettant à l’affaire d’être enfin jugée, même en l’absence de l’un des prévenus, précise France-Antilles.

Prochaine étape : le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre rendra son délibéré le 30 juin 2026, selon France-Antilles Guadeloupe. Eric Jalton saura ce jour-là s’il est condamné - et s’il peut conserver son mandat de maire des Abymes.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Correspondante à Basse-Terre, elle suit les tensions sur le chlordécone, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les restructurations hospitalières. Issue de l'ESJ Lille, elle a grandi en Guadeloupe. Méthode : interroger les agriculteurs, les militants indépendantistes, les élus, croiser les rapports sanitaires avant de publier.

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