Procès Perdriau en appel : Artigues témoigne, Rossary-Lenglet lâche « on s’est comporté comme des merdes »
Au 2e jour d'audience à Lyon, la victime a décrit une épreuve difficile tandis que l'un des prévenus s'est retourné contre ses co-accusés.
Le 9 juin 2026, deuxième journée du procès en appel de l'affaire du chantage à la sextape à Lyon. Gilles Artigues, ex-premier adjoint et victime, a témoigné. Co-prévenu et instigateur de la vidéo, Gilles Rossary-Lenglet a interpellé les accusés « Putain, on s'est comporté comme des merdes, assumez »
L’essentiel
- Dates du procès : la cour d’appel de Lyon examine l’affaire du 8 au 12 juin 2026.
- Prévenus : Gaël Perdriau (ex-maire de Saint-Étienne), Gilles Rossary-Lenglet et Samy Kéfi-Jérôme.
- 2e jour (9 juin) : audition de Gilles Artigues, victime et ex-premier adjoint, et déclaration fracassante de Rossary-Lenglet devant la cour.
- Citation directe : Rossary-Lenglet aux prévenus - « Putain, on s’est comporté comme des merdes, assumez ! »
Une journée marquée par le témoignage de la victime
Le 9 juin 2026, deuxième journée d’audience à la cour d’appel de Lyon. Gilles Artigues, ex-premier adjoint de Gaël Perdriau à la mairie de Saint-Étienne, a pris la parole en qualité de victime. Il a répondu aux questions de la présidente sur les faits de chantage à la sextape qui ont éclaboussé la ville depuis la révélation de l’affaire.
Son témoignage a été marqué par une franchise sur le coût personnel de cette procédure. « J’aurai souhaité que les vidéos ne soient pas montrées hier, même à huis clos. C’est difficile à vivre pour moi », a-t-il déclaré selon les journalistes présents en salle d’audience, dont la reporter couvrant l’actualité stéphanoise pour plusieurs médias. « Se replonger dans tout ça, c’est très dur », a-t-il ajouté, selon France Bleu Saint-Étienne Loire.
Les passes d’armes avec les anciens adjoints
L’audience a également donné lieu à des échanges tendus entre Artigues et les autres prévenus. Des enregistrements audio ont été évoqués, sources de vives tensions dans la salle. Des formules comme « Tu mens, tu es allé faire le coq » ont émergé au cours des confrontations, d’après les comptes rendus des journalistes présents.
Ces échanges illustrent la nature profondément politique et personnelle de l’affaire : plusieurs des protagonistes se connaissent de longue date, ayant siégé ensemble au sein de la majorité municipale stéphanoise.
Rossary-Lenglet interpelle ses co-prévenus
Le moment le plus saillant de la journée est venu de Gilles Rossary-Lenglet. Présenté comme l’instigateur de la vidéo à caractère sexuel utilisée à des fins de chantage, il s’est retourné vers le banc des prévenus - où siègent notamment Gaël Perdriau et Samy Kéfi-Jérôme - pour lancer : « Putain, on s’est comporté comme des merdes, assumez ! »
Il a également qualifié Gilles Artigues de victime, selon la journaliste présente en salle. Cette prise de parole spontanée a été relayée en direct sur le réseau X.
Contexte dans la Loire
L’affaire du chantage à la sextape est l’une des plus retentissantes qu’ait connues Saint-Étienne, préfecture de la Loire (environ 170 000 habitants). Elle a conduit à la démission de Gaël Perdriau de son poste de maire en 2022, après les révélations sur l’existence d’une vidéo intime utilisée pour exercer une pression sur Gilles Artigues. Le premier procès avait abouti à des condamnations, dont les prévenus ont fait appel. Le jugement en première instance avait déjà suscité une forte couverture médiatique locale, notamment par Le Progrès, quotidien régional de référence sur le département.
La cour d’appel de Lyon, compétente pour le ressort judiciaire qui inclut la Loire, examine cette semaine l’ensemble des éléments du dossier. Des affaires judiciaires à fort retentissement se succèdent ces derniers mois devant cette juridiction.
Prochaine étape
Les audiences se poursuivent jusqu’au 12 juin 2026. Les plaidoiries et réquisitions devraient intervenir en fin de semaine, avant un délibéré dont la date n’a pas encore été communiquée par la cour d’appel de Lyon.