Procès Perdriau en appel : 5 ans dont 2 avec sursis et 10 ans d’inéligibilité requis

L'avocat général Olivier Nagabbo a formulé ses réquisitions le 12 juin à Lyon, au terme de cinq jours d'audience sur l'affaire du chantage à la sextape.

Procès Perdriau en appel : 5 ans dont 2 avec sursis et 10 ans d'inéligibilité requis
Illustration David Garnier / info.fr

Cinq ans de prison dont deux avec sursis probatoire et dix ans d'inéligibilité c'est ce qu'a requis l'avocat général Olivier Nagabbo contre Gaël Perdriau, ex-maire de Saint-Étienne, lors du procès en appel à Lyon le 12 juin 2026. L'arrêt sera rendu le 10 septembre.

L’essentiel

  • Réquisitions : 5 ans de prison dont 2 avec sursis probatoire (sans mandat de dépôt) et 10 ans d’inéligibilité requis contre Gaël Perdriau par l’avocat général Olivier Nagabbo.
  • Co-prévenus : 4 ans dont 1 avec sursis requis contre Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet ; 10 ans d’inéligibilité requis pour les ex-élus.
  • Première instance : Gaël Perdriau avait été condamné le 1er décembre 2025 à 5 ans de prison dont 1 avec sursis et 5 ans d’inéligibilité.
  • Procès : Cinq jours d’audience à la cour d’appel de Lyon, du 8 au 12 juin 2026.
  • Arrêt : La décision de la cour d’appel est attendue le 10 septembre 2026 à 9h.

Une peine alourdie par rapport à la première instance

Le 12 juin 2026, au terme de la cinquième et dernière journée d’audience à la cour d’appel de Lyon, l’avocat général Olivier Nagabbo a requis cinq ans de prison dont deux avec sursis probatoire contre Gaël Perdriau, 53 ans, ex-maire LR de Saint-Étienne. Aucun mandat de dépôt n’a été demandé. La peine d’inéligibilité requise est fixée à dix ans, soit le double de celle prononcée en première instance.

En décembre 2025, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Gaël Perdriau à cinq ans de prison dont un avec sursis et cinq ans d’inéligibilité. Il avait été incarcéré le 7 janvier 2026, puis remis en liberté sous contrôle judiciaire le 4 mars 2026. Il a toujours nié les faits.

Des réquisitions similaires pour les co-prévenus

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L’avocat général a formulé des réquisitions proches pour les deux autres prévenus. Quatre ans de prison dont un avec sursis ont été demandés contre Samy Kéfi-Jérôme, ancien adjoint à l’éducation de Saint-Étienne, et contre Gilles Rossary-Lenglet, son ancien compagnon. Dix ans d’inéligibilité ont également été requis pour les ex-élus, selon Le Progrès et Ouest-France.

Nagabbo a détaillé les motivations qu’il attribue à chacun : Rossary-Lenglet aurait agi pour l’argent et l’intrigue, Kéfi-Jérôme pour son intérêt propre, Perdriau pour « régner », selon BFMTV.

« Qu’avez-vous fait de vos valeurs ? »

Le ton des réquisitions a été sévère. L’avocat général a interpellé directement les prévenus : « Qu’avez-vous fait de vos valeurs, de votre honneur, de vos électeurs ? », selon BFMTV et Le Progrès. Il a reproché aux accusés d’avoir agi « dans leurs seuls intérêts » au détriment de la confiance publique.

Cette affaire, marquée notamment par les témoignages d’Artigues en début d’audience, a exposé des mécanismes de chantage au sein même d’une équipe municipale.

Rappel des faits : un piège filmé en 2015

L’affaire remonte à 2015. Gilles Artigues, alors premier adjoint de Saint-Étienne, a été filmé à son insu lors d’une scène intime à Paris, organisée par Samy Kéfi-Jérôme et Gilles Rossary-Lenglet. Les images auraient ensuite servi à exercer une pression sur l’élu, qui est partie civile dans ce procès. Des détournements de fonds publics sous forme de subventions municipales sont également reprochés aux prévenus.

L’affaire avait été révélée par Mediapart en août 2022. Au quatrième jour d’audience, d’autres témoins avaient été entendus côté défense. Parmi les parties civiles figurent Gilles Artigues, la ville de Saint-Étienne, l’association Anticor et l’ancien maire Michel Thiollière.

Contexte dans la Loire

Saint-Étienne est la préfecture de la Loire (département 42) et compte environ 170 000 habitants. Gaël Perdriau en avait été maire de 2014 à décembre 2025, cumulant la présidence de Saint-Étienne Métropole. Sa condamnation en première instance a entraîné sa démission. Jean-Pierre Berger lui a succédé à la mairie, selon Le Monde.

L’affaire a eu un retentissement bien au-delà du département : elle a alimenté le débat national sur l’éthique des élus locaux et les dispositifs anti-corruption. Des affaires judiciaires impliquant des élus locaux ont régulièrement mis sous tension la confiance dans les institutions municipales ces dernières années.

Prochaine étape : le 10 septembre 2026

La cour d’appel de Lyon rendra son arrêt le 10 septembre 2026 à 9h. Les plaidoiries de la défense ont eu lieu lors de cette dernière journée d’audience ; leur contenu n’a pas encore été détaillé par les médias consultés au moment de la publication.

David
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Sources

David Garnier

David Garnier

David est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire (42), avec Saint-Étienne pour chef-lieu. Spécialité du département : Cite du Design (UNESCO design) et heritage industriel. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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