Quimper : le Canon français défie l’annulation du banquet breton imposée par la mairie PS
L'agglomération Quimper Bretagne Occidentale a fait annuler la réservation du parc des expositions. Les organisateurs maintiennent la date du 5 décembre et annoncent des recours juridiques.
Le banquet breton du Canon français, prévu le 5 décembre 2026 au parc des expositions de Quimper, a été déprogrammé à la demande de l'agglomération présidée par la maire PS Isabelle Assih. Les organisateurs, menés par Géraud de la Tour, refusent l'annulation et dénoncent une « volonté de censure injustifiée ».
Le banquet breton du Canon français, prévu le 5 décembre 2026 au parc des expositions de Quimper, a été déprogrammé à la demande de l’agglomération présidée par la maire PS Isabelle Assih. Les organisateurs, menés par Géraud de la Tour, refusent l’annulation et dénoncent une « volonté de censure injustifiée ».
L’essentiel
- Date maintenue : le banquet breton est toujours fixé au 5 décembre 2026 selon les organisateurs, malgré l’annulation de la réservation au parc des expositions de Quimper.
- Annulation de la salle : la société Quimper Événements, gestionnaire du parc, a résilié la réservation à la demande de l’agglomération Quimper Bretagne Occidentale (présidée par Isabelle Assih, PS).
- Plus de 1 000 places vendues avant l’annonce de l’annulation, selon le compte X @Resistance_SM.
- Financement contesté : le milliardaire Pierre-Édouard Stérin a rejoint le capital du Canon français via Odyssée Impact en avril 2025 - un investissement au cœur des accusations de l’opposition locale.
- Précédent breton : trois banquets du Canon français en Bretagne avaient déjà été annulés en octobre-novembre 2025 sous pression militante.
Une réservation résiliée sur demande de l’agglomération
La société Quimper Événements, qui gère le parc des expositions, a annulé la réservation après que l’agglomération Quimper Bretagne Occidentale lui a demandé de le faire. L’agglomération justifie sa position par des risques pour la sécurité, l’ordre public et les conditions d’accueil, selon Le Télégramme et Le Parisien.
La maire Isabelle Assih, interrogée sur ce dossier, s’est positionnée contre la tenue de l’événement. Des élus locaux ont évoqué une demande d’interdiction. À ce stade, aucun arrêté préfectoral d’interdiction n’a été signalé dans les sources disponibles.
Les organisateurs maintiennent et annoncent des recours
Géraud de la Tour, cofondateur du Canon français, a réagi fermement. « Il n’est pas question d’annuler », a-t-il déclaré au Figaro. Les organisateurs qualifient la démarche de l’agglomération de « censure injustifiée » et affirment que l’événement n’est « ni de droite ni de gauche ».
Selon le JDD, ils dénoncent des « luttes politiques qu’on leur impose ». Des recours juridiques sont envisagés pour contester l’annulation de la réservation. À la date de publication, les organisateurs n’auraient reçu aucune notification officielle d’interdiction.
Le Canon français indique que plus de 1 000 places avaient déjà été vendues avant l’annonce de la déprogrammation. La situation rappelle celle de Colmar, où un député LFI avait également demandé l’interdiction du banquet.
L’accusation centrale : le financement par Pierre-Édouard Stérin
La mairie PS, LFI et l’extrême gauche locale pointent le financement du Canon français par le milliardaire Pierre-Édouard Stérin, entré au capital via son fonds Odyssée Impact en avril 2025. Selon Ouest-France et France 3 Bretagne, cet investissement s’inscrirait dans un « plan Périclès » visant à promouvoir des structures proches de la droite et de l’extrême droite.
Les organisateurs contestent cette lecture. Fondé en 2021 pendant la crise Covid par Géraud de la Tour et Pierre-Alexandre de Boisse, le Canon français se présente comme un projet festif de valorisation du terroir. Un menu local à 79,99 euros incluant plus d’un kilogramme de nourriture par personne est proposé dans des lieux patrimoniaux. Depuis sa création, l’association revendique près de 100 banquets organisés en France et environ 100 000 participants au total, selon RMC-BFMTV.
Malgré la polémique, le banquet de Troyes s’est tenu sans incident avec 4 500 participants, ce qui alimente l’argumentaire des défenseurs de l’événement.
L’incident de Caen comme déclencheur
L’annulation à Quimper fait suite aux incidents signalés lors du banquet normand à Caen, le 18 avril 2026. Des insultes racistes et des saluts nazis auraient été observés en marge de l’événement, selon Ouest-France et le site ici.fr. Ces faits ont fourni un argument concret à ceux qui demandaient la déprogrammation de l’édition quimpéroise.
Les organisateurs du Canon français n’ont pas revendiqué ces comportements et les ont, selon les sources disponibles, condamnés. Leur position : des débordements en marge d’un événement ne justifient pas l’interdiction de celui-ci.
Contexte dans le Finistère
Quimper, préfecture du Finistère, compte 64 530 habitants en 2022 (INSEE), avec une croissance démographique de 0,3 % par an depuis 2016. La ville est la principale commune du département, centre administratif et culturel du pays bigouden et cornouaillais.
L’affaire s’inscrit dans un contexte breton plus large. En octobre-novembre 2025, trois banquets du Canon français avaient été annulés en Bretagne sous la pression d’activistes anonymes et d’une pétition réunissant 700 signataires, selon Le Figaro et Boulevard Voltaire. Le château des Pères, près de Rennes, avait notamment renoncé à accueillir l’événement. Le Finistère n’avait pas encore été directement touché par ces annulations.
La tension entre liberté d’association et maintien de l’ordre public autour des banquets du Canon français dépasse désormais le seul cas quimpérois : plusieurs villes françaises ont été confrontées au même bras de fer ces derniers mois.
Quelle suite juridique ?
Les organisateurs ont annoncé vouloir mobiliser tous les recours disponibles pour maintenir l’événement, sans préciser à ce stade quelle juridiction serait saisie ni selon quel calendrier. L’absence de notification officielle d’interdiction laisse la situation dans une zone d’incertitude.
Si aucun autre lieu n’accueille le banquet breton, la date du 5 décembre 2026 ne pourra pas être tenue à Quimper. Les organisateurs n’ont pas encore communiqué sur un éventuel site de repli dans le Finistère ou ailleurs en Bretagne.
Sources
- Le Figaro : «Il n'est pas question d'annuler» : les fondateurs du Canon français excédés après la déprogrammation annoncée de leur «banquet breton» à Quimper
- Le Télégramme : «On va en demander l'interdiction» : l'organisation d'un banquet du Canon français fait des remous à Quimper
- Ouest-France : Banquet géant annulé à Quimper : «lunaire» pour l'organisateur
- Le JDD : «On nous impose des luttes politiques qui ne nous intéressent pas» : à Quimper, le banquet du Canon français une nouvelle fois pris pour cible