Sabotage antimilitariste revendiqué après l’incendie d’une antenne relais au Vigen
Un bâtiment technique détruit le 7 mai au Vigen, la revendication publiée deux jours plus tard par un groupe se réclamant de la campagne « Guerre à la guerre »
Un incendie criminel a ravagé un transformateur TDF et une antenne relais Bouygues Télécom dans la commune du Vigen (Haute-Vienne) le 7 mai 2026. L'acte a été revendiqué le 9 mai par un groupe antimilitariste d'extrême gauche. BFM, RMC et Radio Espérance ont été perturbées localement.
Un incendie criminel a ravagé un transformateur TDF et une antenne relais Bouygues Télécom dans la commune du Vigen (Haute-Vienne) le 7 mai 2026. L’acte a été revendiqué le 9 mai par un groupe antimilitariste d’extrême gauche. BFM, RMC et Radio Espérance ont été perturbées localement.
L’essentiel
- Incendie : 7 mai 2026, vers 5h du matin, lieu-dit La Croix de l’Arbre, commune du Vigen (Haute-Vienne)
- Dégâts : bâtiment technique entièrement détruit (transformateur TDF + antenne relais Bouygues Télécom), pylône électrique endommagé
- Intervention : une vingtaine de sapeurs-pompiers de Haute-Vienne mobilisés
- Perturbations : diffusion de BFM, RMC et Radio Espérance coupée, réseau mobile Bouygues affecté localement
- Revendication : communiqué anonyme publié le 9 mai 2026 sur un site libertaire, dans le cadre de la campagne antimilitariste « La guerre n’est pas un accident »
5h du matin au lieu-dit La Croix de l’Arbre
Les faits sont établis par Le Populaire du Centre et corroborés par plusieurs médias régionaux. Vers 5 heures du matin le 7 mai 2026, un incendie se déclare au lieu-dit La Croix de l’Arbre, sur le territoire de la commune du Vigen, à une vingtaine de kilomètres au sud de Limoges. Le feu détruit entièrement un bâtiment technique abritant un transformateur exploité par TDF et une antenne relais Bouygues Télécom. Un pylône électrique adjacent est également endommagé.
Selon Flash FM, une vingtaine de sapeurs-pompiers de Haute-Vienne sont intervenus pour maîtriser l’incendie. France 3 Régions confirme leur mobilisation. Aucune victime n’est signalée.
Radios et mobile coupés dans la zone
Les conséquences sur les communications locales ont été immédiates. Selon Télésatellite et France 3 Régions, la diffusion des radios BFM, RMC et Radio Espérance a été interrompue dans la zone. Le réseau mobile Bouygues Télécom a également subi des perturbations autour du Vigen.
Selon Télésatellite, TDF a annoncé un rétablissement rapide via un pylône relais alternatif, sans préciser de date. L’enquête est conduite par la gendarmerie. Aucune arrestation n’a été rapportée à ce jour.
La revendication du 9 mai
Deux jours après les faits, le 9 mai 2026, un communiqué anonyme est publié sur le site libertaire attaque.noblogs.org. Le texte revendique l’incendie du Vigen au nom de la campagne antimilitariste intitulée « La guerre n’est pas un accident ».
Selon ce communiqué, l’infrastructure ciblée l’a été pour son lien avec l’industrie militaire : le texte met en cause Bouygues via sa filiale INEO Defense, présentée comme assurant des infrastructures de communication pour l’armée française. BFM et RMC sont également visées, accusées de diffuser des récits favorables aux guerres en cours.
Selon le seul communiqué disponible - publié sur attaque.noblogs.org et non corroboré par une source institutionnelle - , l’action coïnciderait avec des exercices militaires régionaux imminents présentés comme une « guerre psychologique ». Le texte évoque aussi l’usage de l’IA dans des opérations militaires, notamment en Palestine. Ces motivations relèvent de la revendication des auteurs présumés et n’ont pas été confirmées par les autorités.
La gendarmerie n’a pas, à ce stade, commenté publiquement le contenu de ce communiqué. Les auteurs restent inconnus.
Contexte dans la Haute-Vienne
Le Vigen compte environ 1 200 habitants selon les données INSEE. La commune fait partie de l’agglomération limougeaude, dans un département à dominante rurale qui a connu, ces dernières années, plusieurs épisodes de sabotage d’infrastructures télécom à connotation politique.
Le précédent le plus récent remonte à mars 2026 : selon France 3 Régions et Le Populaire du Centre, deux militants d’extrême gauche ont été jugés et condamnés à Limoges pour des actes similaires. Il leur était reproché l’incendie de véhicules Enedis en 2020 et l’incendie d’antennes relais TNT et 5G aux Cars en janvier 2021. Ces destructions avaient privé un million de personnes de diffusion pendant huit jours. Lors du procès, les prévenus avaient tenté de transformer l’audience en procès du numérique.
Ce contexte judiciaire récent donne une résonance particulière à l’événement du Vigen. Le sabotage des bassines dans le Poitou voisin illustre aussi la montée des actes de sabotage d’infrastructures revendiqués par des mouvances radicales dans la région. Plus généralement, les alertes répétées sur les vulnérabilités des infrastructures critiques rappellent que les attaques physiques sur les réseaux restent une menace concrète, en marge des cyberattaques.
Un mode opératoire reconnaissable
L’incendie du Vigen s’inscrit dans un mode opératoire documenté depuis plusieurs années en France : ciblage nocturne de sites télécom ou d’équipements énergétiques, destruction partielle ou totale, puis revendication différée sur des plateformes anonymes proches des milieux anarchistes ou antimilitaristes.
La campagne « La guerre n’est pas un accident » n’est pas nouvelle. Elle a déjà été invoquée pour d’autres sabotages en France ces dernières années, selon les observateurs des mouvances radicales. L’Observatoire de la violence politique a relayé la revendication sur X dès le 9 mai.
Le lien revendiqué entre Bouygues et INEO Defense n’a pas été commenté par le groupe. Info.fr a cherché à joindre Bouygues Télécom ; aucune réponse n’avait été obtenue au moment de la publication. La mention d’exercices militaires régionaux imminents, présente dans le communiqué, n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
Enquête en cours, rétablissement annoncé
La gendarmerie de Haute-Vienne conduit l’enquête. Aucune garde à vue ni mise en cause n’a été annoncée. TDF a indiqué, selon Télésatellite, travailler à un rétablissement du signal via un équipement relais de substitution. Les délais exacts n’ont pas été précisés.
Pour les élus locaux et riverains du Vigen, la question du rétablissement complet des services - radio et mobile - reste ouverte. La multiplication des actes visant des forces de l’ordre et des infrastructures publiques dans plusieurs départements français amène les parquets à traiter ce type d’affaire avec une attention croissante.
Sources
- Le Populaire du Centre : Incendie au Vigen : un transformateur et une antenne relais touchés
- Flash FM : Un incendie perturbe la diffusion de certaines radios
- Télésatellite : Encore un incendie sur un pylône télécom : radios et mobiles perturbés
- France 3 Régions Nouvelle-Aquitaine : Incendie dans une installation de communication : réseaux de téléphonie et fréquences radio perturbés