Saint-Nazaire : drones autorisés pour surveiller la manif antimilitariste du 8 mai

La préfecture de Loire-Atlantique déploie deux drones ce vendredi pour encadrer un rassemblement non déclaré prévu place de l'Amérique latine.

Saint-Nazaire : drones autorisés pour surveiller la manif antimilitariste du 8 mai
Illustration Stéphane Joly / info.fr

La préfecture de Loire-Atlantique a pris deux arrêtés préfectoraux pour le 8 mai 2026 à Saint-Nazaire l'un autorise l'usage de drones de surveillance de 10h à 16h, l'autre interdit les rassemblements non déclarés à proximité du Monument aux morts. En cause une manifestation antimilitariste non déclarée attendant 2 000 à 3 000 participants.

La préfecture de Loire-Atlantique a pris deux arrêtés préfectoraux pour le 8 mai 2026 à Saint-Nazaire : l’un autorise l’usage de drones de surveillance de 10h à 16h, l’autre interdit les rassemblements non déclarés à proximité du Monument aux morts. En cause : une manifestation antimilitariste non déclarée attendant 2 000 à 3 000 participants.

L’essentiel

  • Arrêté n° CAB/SPAS/2026-517 : autorise la captation d’images par drones sur Saint-Nazaire le 8 mai 2026 de 10h00 à 16h00.
  • Deux drones actifs : immatriculés UAS-FR-539967 et UAS-FR-539968, plus un appareil en réserve, couvrant la place de l’Amérique latine et les rues environnantes.
  • 2 000 à 3 000 participants attendus, dont une centaine d’individus qualifiés de « radicalisés » selon l’arrêté préfectoral.
  • Interdiction de manifester dans un périmètre restreint autour du Monument aux morts, boulevard du Président Wilson, de 10h à 13h.
  • Cérémonie officielle à 11h : 81e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, présidée par le maire David Samzun.

L’arrêté et ses motifs

Signé le 6 mai 2026, l’arrêté préfectoral n° CAB/SPAS/2026-517 autorise « la captation, l’enregistrement et la transmission d’images au moyen de drones » sur la commune de Saint-Nazaire, selon le Recueil des actes administratifs n° 115 publié par la préfecture de Loire-Atlantique. La plage horaire retenue, 10h00-16h00, couvre l’intégralité de la matinée commémorative et l’après-midi.

Trois motifs sont avancés dans l’arrêté : risques de troubles à l’ordre public liés à la manifestation non déclarée, absence de déclaration préalable par les organisateurs, et insuffisance du réseau de vidéoprotection existant pour couvrir le secteur concerné.

La préfecture a publié l’annonce sur X le 7 mai :

Une manifestation non déclarée, un collectif structuré

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Le rassemblement est organisé par le collectif « A bas la guerre ! », issu de la coalition nazairienne « Guerre à la guerre ». Selon Ouest-France, ce collectif est né localement en opposition au Service national universel (SNU) et fédère une quinzaine de structures : CGT, FO, FSU, Solidaires, LFI, PCF, NPA, Attac et le Mouvement de la paix, notamment.

Le programme prévu : départ à 11h00 place de l’Amérique latine. Les organisateurs entendent protester contre la guerre, l’impérialisme, le fascisme, et plus spécifiquement contre la construction d’un nouveau porte-avions nucléaire à Saint-Nazaire. Ils contestent également ce qu’ils décrivent comme un budget Défense en hausse de 36 milliards au détriment des services publics, selon Ouest-France.

La mobilisation a été préparée de longue date. Lors du 1er mai 2026 à Saint-Nazaire - qui avait réuni environ 800 personnes selon Ouest-France - des militants distribuaient déjà des tracts pour ce rendez-vous du 8 mai :

Deux dispositifs préfectoraux distincts

Parallèlement à l’autorisation drone, un second arrêté interdit toute manifestation non déclarée dans un périmètre restreint autour du Monument aux morts, boulevard du Président Wilson, de 10h à 13h, selon Saint-Nazaire News. Cette interdiction vise à protéger la cérémonie commémorative du 81e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945, présidée par le maire David Samzun.

Les deux dispositifs se superposent géographiquement : la place de l’Amérique latine, point de départ prévu de la manifestation, se situe à proximité immédiate du boulevard du Président Wilson. Le périmètre sous surveillance drone inclut cette place et les rues environnantes, d’après l’arrêté.

À Tours, le préfet a également pris des arrêtés d’interdiction pour le 8 mai, illustrant une tendance nationale à la restriction préventive ce jour férié.

Contexte dans la Loire-Atlantique

Saint-Nazaire entretient un rapport particulier avec le 8 mai. La ville n’a pas été libérée le 8 mai 1945 : encerclée dans une « poche » de résistance atlantique, elle a capitulé le 11 mai 1945, trois jours après la signature de la reddition allemande, selon les archives du ministère de la Défense. La commémoration officielle y revêt donc une signification locale spécifique.

La ville est par ailleurs au cœur du débat sur la militarisation industrielle : les chantiers de l’Atlantique, implantés sur le territoire nazairien, sont impliqués dans la construction du futur porte-avions de nouvelle génération (PANG), ce qui explique en partie l’ancrage local du collectif antimilitariste.

Sur le plan des libertés publiques, le déploiement de drones pour surveiller les manifestations s’est fortement accéléré en France. La flotte nationale de police et gendarmerie a été portée à plus de 1 600 appareils, soit un triplement depuis 2020, encadré par un décret de 2023, selon Maire-info et Libération. Saint-Nazaire s’inscrit dans cette dynamique nationale.

Un week-end de mobilisation qui se prolonge

La journée du 8 mai n’est qu’un premier temps. Selon le site Nantes Indymedia, le collectif « Guerre à la guerre » a prévu un pique-nique le 9 mai à Indre à 12h30, suivi d’une soirée festive à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Ce week-end militant prolonge ainsi la mobilisation au-delà de Saint-Nazaire, dans un territoire Loire-Atlantique où les dynamiques politiques de gauche restent structurantes.

La préfecture de Loire-Atlantique n’a pas précisé si les images captées par les drones seraient conservées au-delà de la journée ni les modalités exactes de leur traitement. Le cadre légal applicable, issu du décret de 2023, prévoit des durées de conservation limitées et un usage strictement cantonné à la sécurisation de l’événement.

Prochaine étape

Le bilan de la journée - nombre de participants effectifs, incidents éventuels, usage réel des images captées - sera connu dans la soirée du 8 mai. La préfecture devra, le cas échéant, rendre compte des conditions d’utilisation des drones conformément au cadre réglementaire en vigueur.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Stéphane est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Loire-Atlantique (44), avec Nantes pour chef-lieu. Spécialité du département : chantiers navals (1ers d'Europe) et french tech Nantes. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Pays de la Loire.

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