Saint-Ouen : la mairie remplace les blocs de béton par des pots de fleurs géants contre Master Poulet
Après une condamnation judiciaire, la municipalité installe 11 bacs orange pour bloquer la terrasse du fast-food, déclenchant une nouvelle saisine du tribunal.
À Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), le conflit entre la mairie et le restaurant Master Poulet prend un tour absurde. Condamnée à retirer ses blocs de béton, la municipalité a installé ce 24 avril 2026 onze pots de fleurs géants pour empêcher l’accès à la terrasse. L’avocat de l’enseigne a saisi le tribunal en référé-liberté.
Des blocs de béton aux pots de fleurs : l’escalade
Le restaurant Master Poulet, ouvert le 11 avril 2026 rue Albert Dhalenne à Saint-Ouen, est au cœur d’un bras de fer avec la mairie depuis son implantation. La municipalité, dirigée par le maire PS Karim Bouamrane, a d’abord installé des blocs de béton le 14 avril pour bloquer l’accès à sa terrasse-véranda, jugée non autorisée. Une mesure prise après 14 contrôles policiers et sanitaires en trois jours, selon Le Parisien.
Le tribunal administratif de Montreuil a condamné la mairie le 18 avril à retirer ces blocs sous 48 heures, estimant l’entrave « illégale ». Master Poulet s’est engagé à démonter la véranda litigieuse, mais la municipalité a contre-attaqué ce 24 avril en installant 11 pots de fleurs géants orange devant la terrasse. Selon un constat d’huissier cité par BFMTV, ces bacs contiennent un fertilisant dégageant une « odeur fétide ».
Une guerre de communication et de droit
Le maire justifie ces actions par sa lutte contre la « malbouffe » et le refus de voir se développer ce type d’enseignes dans sa ville. « Nous faisons respecter la puissance publique », a-t-il déclaré à BFMTV. De son côté, Master Poulet a affiché des banderoles accusant la mairie de « méthodes de cow-boy », poussant la municipalité à déposer plainte pour diffamation le 14 avril.
L’avocat de l’enseigne, Me Sefen Guez Guez, a réagi en saisissant le tribunal administratif en référé-liberté ce 24 avril pour exiger le retrait des pots de fleurs. « Une escalade absurde », a-t-il dénoncé sur X. Le préjudice financier pour Master Poulet est estimé à 25 000 euros, incluant la perte de marchandises périssables.
Un conflit dans la lignée des politiques locales
Ce bras de fer s’inscrit dans une politique plus large de Karim Bouamrane, en place depuis 2020, contre la gentrification et la malbouffe. La mairie a déjà refusé des ouvertures similaires par le passé, comme le rappelle l’évolution politique récente de Plaine Commune, où les tensions entre le PS et LFI ont marqué l’actualité locale.
La prochaine étape judiciaire est attendue dans les prochains jours, avec une audience en référé-liberté pour statuer sur le retrait des pots de fleurs. En attendant, les riverains assistent à une guerre d’usure entre une municipalité déterminée et un commerce qui refuse de plier.
Sources
- Le Parisien : Après les blocs de béton, les pots de fleurs géants : un nouvel épisode de la guerre entre Saint-Ouen et Master Poulet
- BFMTV : Blocs de béton, banderoles, pots de fleurs... La mairie de Saint-Ouen engagée dans un bras de fer avec l'enseigne Master Poulet
- Actu.fr : Master Poulet VS Saint-Ouen : la justice donne raison au fast-food et le libère de sa cage en béton
- X : Tweet de Me Sefen Guez Guez sur la saisine en référé-liberté