Sainte-Sigolène inaugure sa maison de santé face au désert médical

La commune de Haute-Loire a ouvert le 5 avril une structure pluridisciplinaire pour améliorer l'accès aux soins de proximité.

Sainte-Sigolène inaugure sa maison de santé face au désert médical
Illustration Valérie Roche / info.fr

Sainte-Sigolène a inauguré le 5 avril 2026 sa maison de santé pluridisciplinaire. Un équipement attendu dans un département où la désertification médicale s'étire depuis plus de quarante ans.

La Haute-Loire manque de médecins. C’est un constat ancien, documenté, que les élus et l’Agence régionale de santé (ARS) tentent de contrer projet par projet. Sainte-Sigolène a posé sa pierre le 5 avril 2026, avec l’ouverture d’une maison de santé pluridisciplinaire installée dans une ancienne école publique reconvertie.

Le chantier n’a pas été sans surprises. Comme le signalait une élue locale sur X, la découverte de deux nids d’hirondelles dans le bâtiment avait modifié le calendrier des travaux pour ne pas perturber les oiseaux. Une contrainte inattendue, mais assumée.

Un département en tension depuis quatre décennies

La densité de médecins généralistes en Haute-Loire reste inférieure à la moyenne nationale, selon La Montagne. Les zones rurales comme le secteur de Sainte-Sigolène sont particulièrement touchées. Pour y répondre, le Département a lancé en 2024 le Plan Santé 43, doté de 40 000 € pour faciliter le recrutement de praticiens. Résultat concret : un médecin s’est installé à Saugues en 2025, selon La Commère 43. Le Département a également adhéré au GIP régional « Ma région, ma santé » porté par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

En janvier 2026, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes a lancé le réseau France Santé en Haute-Loire. Dans la foulée, neuf maisons de santé pluriprofessionnelles du département ont été labellisées « France Santé », selon Zoomdici.

Une dynamique qui s’étend à d’autres communes

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Sainte-Sigolène n’est pas seule. À Pont-Salomon, commune voisine, une maison de santé validée en 2025 doit ouvrir avant fin 2026, selon La Commère 43. Plus loin, la maison de santé de Craponne-sur-Arzon fait figure de précurseur depuis 2018, accueillant plusieurs professionnels de santé, rappelle La Montagne.

Le département teste aussi d’autres formats. Un médicobus circule depuis le 20 avril 2026 sur le territoire de la communauté de communes de Cayres, pour une offre de médecine générale itinérante, selon l’ARS. En parallèle, le projet expérimental ESS Cardio +, lancé en novembre 2024 et actif jusqu’en 2026, cible spécifiquement la désertification en cardiologie, selon L’Éveil de la Haute-Loire.

Ces structures sont financées par le Département, la Région et l’État. Si elles améliorent l’accès aux soins à court terme, leur capacité à résoudre durablement le déficit médical reste posée, comme le soulignait déjà La Montagne en évoquant un « pansement plus que solution ».

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Correspondante au Puy-en-Velay, elle suit le tourisme religieux, l'élevage, les tensions sur les services publics et les débats sur l'éolien. Diplômée de l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR auvergnate. Ligne de travail : interroger les agriculteurs, les hôteliers, les élus, croiser les données de pèlerinage avant de publier.

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