Sainte-Soline : Julien Le Guet condamné à 6 mois de bracelet électronique en appel

La cour d'appel de Poitiers alourdit la peine du porte-parole de Bassines Non Merci, absent de poursuites côté forces de l'ordre

Sainte-Soline : Julien Le Guet condamné à 6 mois de bracelet électronique en appel
Illustration Camille Bodin / info.fr

Le porte-parole du collectif Bassines Non Merci, Julien Le Guet, a été condamné le 6 mai 2026 par la cour d'appel de Poitiers à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique. La peine alourdit les amendes prononcées en première instance à Niort. Le militant dénonce un traitement judiciaire asymétrique face à l'absence de poursuites pour les violences policières de Sainte-Soline.

Le porte-parole du collectif Bassines Non Merci, Julien Le Guet, a été condamné le 6 mai 2026 par la cour d’appel de Poitiers à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique avec exécution provisoire. La peine alourdit les amendes prononcées en première instance à Niort. Le militant dénonce un traitement judiciaire asymétrique face à l’absence de poursuites pour les violences policières lors des manifestations contre la méga-bassine de Sainte-Soline.

L’essentiel

  • Condamnation : 6 mois de détention à domicile sous bracelet électronique avec exécution provisoire, prononcée le 6 mai 2026 par la cour d’appel de Poitiers.
  • Faits retenus : dégradations, vol et participation à un mouvement appelant à la violence lors des manifestations d’octobre 2022 à Sainte-Soline (Deux-Sèvres).
  • Interdiction de séjour : 3 ans d’interdiction de paraître à Sainte-Soline et Mauzé-sur-le-Mignon ; relaxé pour un tag à l’encre effaçable.
  • Classement sans suite : en décembre 2025, le parquet de Rennes a classé sans suite les plaintes pour violences policières sur quatre manifestants grièvement blessés en mars 2023 (selon Le Monde).
  • Prochaines audiences : procès à Paris le 21 mai 2026 et appel le 27 mai 2026 pour d’autres dossiers liés à Sainte-Soline.

Une peine alourdie en appel

La cour d’appel de Poitiers a rendu son verdict le 6 mai 2026. Julien Le Guet, porte-parole de Bassines Non Merci depuis 2020, est condamné à six mois de détention à domicile sous bracelet électronique pour des faits commis lors des manifestations contre la méga-bassine de Sainte-Soline en octobre 2022 : dégradations, vol, et participation à un mouvement appelant à la violence, selon France 3 Régions et La Nouvelle République.

En première instance à Niort, il n’avait écopé que d’amendes. La cour d’appel aggrave donc substantiellement la sanction. La peine est assortie de l’exécution provisoire, ce qui signifie qu’elle s’applique immédiatement, sans attendre un éventuel pourvoi en cassation. Julien Le Guet est par ailleurs relaxé pour un tag réalisé à l’encre effaçable sur un bâtiment public, mais interdit de paraître à Sainte-Soline et à Mauzé-sur-le-Mignon pendant trois ans, selon France 3 Régions.

« Je suis sous le choc, on veut me réduire au silence »

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Julien Le Guet a réagi immédiatement après l’audience. « C’est très violent », a-t-il déclaré à Ouest-France. Il dénonce un « deux poids deux mesures » entre sa condamnation et l’absence de toute poursuite pour les violences commises par les forces de l’ordre lors des mêmes événements.

La manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline avait rassemblé 30 000 personnes et s’était soldée par plus de 100 blessés graves du côté des manifestants, selon Wikipedia et plusieurs médias. En décembre 2025, le parquet de Rennes avait classé sans suite les plaintes pour violences policières déposées par quatre manifestants grièvement blessés, invoquant un « contexte ultraviolent », selon Le Monde. Une enquête sur des « tirs tendus » de grenades reste toutefois ouverte.

Un dossier judiciaire qui s’accumule

Ce n’est pas la première condamnation liée aux événements de Sainte-Soline. En janvier 2023, quatre militants avaient déjà été condamnés à Niort à des peines de prison avec sursis allant jusqu’à six mois pour participation à des groupements en vue de violences, selon Le Monde et BFMTV. En février 2026, la cour d’appel de Poitiers avait condamné quatre militants anti-bassines - dont Julien Le Guet - à trois mois de sursis et 300 euros d’amende pour organisation d’une manifestation illégale à Sainte-Soline en octobre 2022, allégeant dans ce cas les peines de première instance, selon Ouest-France.

La décision du 6 mai 2026 porte sur un dossier distinct : celui des dégradations commises lors de cette même mobilisation d’octobre 2022. Les modalités de la détention à domicile doivent encore être précisées lors d’un rendez-vous avec le juge d’application des peines (JAP), selon Ouest-France.

Deux autres échéances judiciaires attendent le militant : un procès à Paris le 21 mai 2026 pour une plainte déposée par l’ex-préfète des Deux-Sèvres, et un appel le 27 mai 2026 concernant l’organisation de la manifestation dite « Sainte-Soline 2 ». Sur les questions de traitement judiciaire des militants et de libertés publiques, d’autres affaires font également débat en France en 2026.

La méga-bassine de Sainte-Soline : un projet déclaré illégal

La réserve de substitution de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, vise à stocker 628 000 mètres cubes d’eau pour l’irrigation agricole - l’équivalent d’environ 250 piscines olympiques. Elle fait partie d’un ensemble de 16 bassines projetées sur la Sèvre niortaise et le marais poitevin, selon Le Monde et France Nature Environnement (FNE).

En décembre 2024, quatre de ces autorisations, dont celle de Sainte-Soline, ont été déclarées illégales par la justice pour atteinte à des espèces protégées, dont l’Outarde canepetière, selon FNE et Les Soulèvements de la Terre. Le collectif Bassines Non Merci, actif depuis 2020, a contribué à ces recours judiciaires aboutissant à ces annulations.

Contexte dans l’Indre-et-Loire

La mobilisation contre les méga-bassines dépasse largement les Deux-Sèvres. En Indre-et-Loire, les questions d’accès à l’eau, de prélèvements agricoles et de préservation des nappes phréatiques font partie des débats environnementaux récurrents dans le Val de Loire, territoire classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et soumis à des étiages de plus en plus sévères en été. Des associations ligériennes ont participé aux mobilisations de 2022 et 2023 à Sainte-Soline, à deux heures de route de Tours. La réaction du compte @ToursInsoumis, élu tourangeau, témoigne de l’écho local de la condamnation du 6 mai. La tension autour du partage de l’eau agricole dans le grand Ouest concerne directement les bassins versants de l’Indre-et-Loire, où les arrêtés de restriction sont devenus annuels depuis plusieurs années. Sur le plan judiciaire, les débats sur la proportionnalité des peines traversent plusieurs affaires en France cette année.

Prochaine étape

Julien Le Guet doit se présenter devant le juge d’application des peines pour définir les modalités concrètes de sa détention à domicile. Deux audiences l’attendent ensuite : Paris le 21 mai, puis Poitiers le 27 mai 2026. Le collectif Bassines Non Merci a indiqué poursuivre ses actions sur les usages de l’eau malgré la condamnation de son porte-parole.

Sources

Camille Bodin

Camille Bodin

Camille est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Indre-et-Loire (37), avec Tours pour chef-lieu. Spécialité du département : châteaux de la Loire UNESCO et viticulture. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Centre-Val de Loire.

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