Sainte-Soline : jugés en appel, les prévenus se disent simples « porte-parole »

Six heures d'audience à Poitiers le 27 mai, délibéré attendu le 1er juillet 2026 pour les quatre militants anti-bassines

Sainte-Soline : jugés en appel, les prévenus se disent simples « porte-parole »
Illustration Agnès Poirier / info.fr

Les quatre figures du mouvement anti-mégabassines poursuivies pour l'organisation de la manifestation interdite du 25 mars 2023 à Sainte-Soline ont comparu en appel devant la cour de Poitiers le 27 mai 2026. Refusant de répondre aux juges, ils ont nié toute responsabilité organisationnelle. L'avocate générale a requis les mêmes peines qu'en première instance.

L’essentiel

  • Audience : 27 mai 2026, cour d’appel de Poitiers, environ 6 heures de débats
  • Réquisitions : 6 mois de prison avec sursis pour Julien Le Guet, 3 mois avec sursis pour Benoît Feuillu, amendes pour Benoît Jaunet et Nicolas Girod - peines identiques à la première instance
  • Délibéré : fixé au 1er juillet 2026
  • Mobilisation : environ 200 militants rassemblés devant le palais de justice de Poitiers
  • Contexte : manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline, interdite par la préfecture, ayant fait plus de 200 blessés côté manifestants et 47 gendarmes blessés

Silence face aux juges, texte commun lu à la barre

Julien Le Guet (Bassines Non Merci), Benoît Feuillu (Soulèvements de la Terre), Benoît Jaunet et Nicolas Girod (Confédération paysanne) : les quatre prévenus ont fait face à la cour d’appel de Poitiers mercredi 27 mai 2026. Ils sont poursuivis pour avoir organisé la manifestation interdite du 25 mars 2023 contre les mégabassines à Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres.

Aucun n’a répondu aux questions des magistrats. Ils ont lu un texte commun, selon ICI (ex-France Bleu), niant toute fonction organisationnelle. Leur ligne de défense : ils ne sont que des « porte-parole » d’un mouvement à décisions collectives et à organisation horizontale. La responsabilité, disent-ils, est diffuse, partagée par des milliers de participants.

Benoît Feuillu est allé plus loin. Selon France 3 Régions, il a affirmé que les personnes réellement en cause sont « les organisateurs du dispositif brutal, mutilant du maintien de l’ordre ».

L’avocate générale : « Ce n’est pas le procès des anti-bassines »

Publicité

L’audience a duré environ six heures. L’avocate générale a rejeté la thèse de l’organisation horizontale. Elle a pointé la logistique déployée ce jour-là : repérage du terrain, présence de médecins, conseils juridiques préparés en amont. Pour le parquet, ces éléments signent une organisation structurée, pas une mobilisation spontanée.

Elle a tenu à cadrer les débats : « Ce n’est pas le procès des anti-bassines », a-t-elle déclaré selon ICI, mais celui de l’organisation d’une manifestation déclarée illégale par la préfecture.

Les réquisitions sont identiques à celles du procès de première instance : 6 mois de prison avec sursis pour Julien Le Guet, 3 mois avec sursis pour Benoît Feuillu, amendes pour Benoît Jaunet et Nicolas Girod.

Le parcours judiciaire de Julien Le Guet

Avant l’audience, Julien Le Guet avait déclaré à France 3 Régions : « Aujourd’hui, je vais vivre mon sixième procès, depuis le mois de décembre. » Il qualifie l’ensemble de la procédure de « procédure-bâillon » destinée à le réduire au silence.

En première instance, au tribunal correctionnel de Niort le 17 janvier 2024, les peines prononcées avaient été plus lourdes que les réquisitions actuelles : 1 an de prison avec sursis pour Le Guet, 6 mois avec sursis pour Feuillu, 1 000 € d’amende pour Jaunet et Girod, accompagnées d’interdictions diverses. Les quatre avaient fait appel.

Le mouvement anti-bassines suit de près ce dossier judiciaire emblématique, qui cristallise depuis plusieurs années les tensions autour de la gestion de l’eau en Nouvelle-Aquitaine.

Deux cents militants devant le palais de justice

À l’extérieur du tribunal, environ 200 sympathisants se sont réunis avec banderoles, stands et tracteurs, selon France 3 Régions. Le soutien au mouvement reste visible, trois ans après les faits.

Contexte dans les Deux-Sèvres

La manifestation du 25 mars 2023 à Sainte-Soline reste l’un des événements les plus marquants de la contestation rurale récente dans le département. Interdite par arrêté préfectoral, elle avait rassemblé selon les sources entre 6 000 et 8 000 personnes selon la gendarmerie, jusqu’à 25 000 à 30 000 selon les organisateurs, Ouest-France citant le chiffre de 10 000. Le bilan : plus de 200 manifestants blessés (dont une quarantaine grièvement), 2 dans un état très grave, et 47 gendarmes blessés selon Wikipedia citant diverses sources officielles.

Les Deux-Sèvres sont au cœur du conflit sur les réserves de substitution agricoles depuis plusieurs années. D’autres procédures judiciaires touchent le territoire : des bassines illégales en Charente-Maritime font l’objet de réquisitions de démolition, et des actes de sabotage ont été revendiqués dans les Deux-Sèvres et la Vienne. La Confédération paysanne, représentée par Nicolas Girod dans ce dossier, est également présente dans d’autres échanges institutionnels : le préfet de l’Ain l’a reçue récemment à la ferme Terres de Luisandre.

La cour d’appel de Poitiers rendra sa décision le 1er juillet 2026.

Sources

Agnès Poirier

Agnès Poirier

Agnès est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Deux-Sèvres (79), avec Niort pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale française des mutuelles d'assurance et Marais poitevin. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

Publicité
Lien copié !
×