Sénégal : Diomaye Faye apporte son soutien à Macky Sall pour l’ONU
Le président sénégalais officialise le soutien de Dakar à la candidature de son prédécesseur au secrétariat général des Nations unies, après des mois d'abstention.
Le 20 juillet 2026, Bassirou Diomaye Faye a rompu avec la position initiale du Sénégal en apportant le soutien officiel de Dakar à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. Ce revirement diplomatique fait suite à une rencontre cordiale au Palais de la République le 17 juillet.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le Sénégal a officialisé le 20 juillet 2026 son soutien à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU.
- Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall le 17 juillet 2026 au Palais de la République à Dakar pour trois heures d'entretien.
- Fin mars, une vingtaine d'États africains, dont le Sénégal, avaient refusé de soutenir cette candidature portée par le Burundi.
- Macky Sall affronte Michelle Bachelet, Rafael Grossi et Rebecca Grynspan pour succéder à António Guterres le 31 décembre 2026.
Le Sénégal mobilise désormais tout son appareil diplomatique pour promouvoir Macky Sall dans la course au secrétariat général des Nations unies. Selon le ministère des Affaires étrangères sénégalais, cette décision a été officialisée le 20 juillet 2026, trois jours après une audience entre l’ancien président et son successeur au Palais de la République à Dakar.
Un revirement diplomatique net
Ce soutien marque une rupture franche avec la position du Sénégal fin mars 2026. À l’époque, Dakar faisait partie d’une vingtaine d’États de l’Union africaine qui avaient refusé de soutenir la candidature de Macky Sall, alors portée par le Burundi dans le cadre de la présidence tournante de l’UA, selon TV5MONDE.
L’entrevue du 17 juillet a permis de lever ces réticences. Selon le communiqué officiel, Bassirou Diomaye Faye a reçu Macky Sall dans un climat apaisé, malgré les tensions politiques qui ont marqué la transition entre les deux présidences depuis l’élection de mars 2024.
Une course internationale serrée
Macky Sall affronte trois concurrents de taille pour succéder à António Guterres, dont le mandat s’achève le 31 décembre 2026. Parmi eux : Michelle Bachelet, ancienne présidente du Chili et ex-Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Rafael Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et Rebecca Grynspan, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, selon TV5MONDE.
Le soutien du Sénégal constitue un atout pour Macky Sall, qui peut désormais compter sur le réseau diplomatique de son pays d’origine. Le ministère sénégalais des Affaires étrangères a confirmé que l’ensemble du gouvernement et des représentations à l’étranger seront mobilisés pour défendre cette candidature.
Contexte au Sénégal
Ce geste intervient dans un contexte politique encore marqué par les séquelles de la transition de 2024. Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024 avec le soutien du parti Pastef, avait promis une rupture avec la gouvernance de Macky Sall. Plusieurs dossiers sensibles, dont les demandes de reddition de comptes formulées par des victimes de répressions sous l’ancien régime, restent en suspens.
Pourtant, le soutien à la candidature de Macky Sall est perçu par certains observateurs comme un acte de continuité républicaine. RFI a souligné que cette décision permet à Diomaye Faye de construire une coalition politique plus large, au-delà des clivages partisans nationaux.
Le Sénégal, pays de 18 millions d’habitants et membre fondateur de plusieurs organisations régionales dont la CEDEAO, dont Diomaye Faye préside actuellement la conférence des chefs d’État, pèse dans les équilibres diplomatiques ouest-africains. Le ralliement de Dakar pourrait influencer d’autres capitales africaines encore indécises.
Après Banjul, la mobilisation continue
Après avoir obtenu le soutien de Dakar, Macky Sall s’est rendu à Banjul le 17 juillet pour s’entretenir avec le président gambien Adama Barrow, selon Senego.com. Cette tournée régionale s’inscrit dans une stratégie de lobbying intensif auprès des chefs d’État africains.
Le choix du prochain secrétaire général se jouera dans les prochains mois au Conseil de sécurité des Nations unies, où les cinq membres permanents détiennent un droit de veto. La capacité de Macky Sall à fédérer un consensus africain sera déterminante face à des candidatures soutenues par d’autres blocs régionaux.