Senlis : le militant anti-chasse à courre Broniszewski condamné à 2 000 € d’amende
Le fondateur du collectif AVA a été reconnu coupable d'avoir organisé une manifestation non déclarée lors du défilé des 90 ans du musée de la vénerie en juin 2025.
Le tribunal correctionnel de Senlis a condamné le 1er juin 2026 Stanislas Broniszewski, porte-parole du collectif AVA, à 2 000 € d'amende et 6 600 € de dommages et intérêts. Il a fait appel du jugement.
L’essentiel
- Condamnation : 2 000 € d’amende (dont 1 000 € avec sursis) prononcée par le tribunal correctionnel de Senlis le 1er juin 2026.
- Dommages et intérêts : 6 600 € à verser aux quatre parties civiles (Fédération des chasseurs de l’Oise, Société de vénerie, Association des amis du musée de la vénerie, Mairie de Senlis).
- Les faits : organisation d’un rassemblement non déclaré le 14 juin 2025, lors du défilé des 90 ans du musée de la vénerie à Senlis.
- Peine complémentaire : interdiction de port d’arme pendant 3 ans ; inscription au casier judiciaire maintenue.
- Suite judiciaire : appel interjeté, audience prévue à Amiens.
Un jugement rendu le 1er juin 2026
Le tribunal correctionnel de Senlis a rendu son délibéré lundi 1er juin 2026. Stanislas Broniszewski, fondateur et porte-parole du collectif AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), a été déclaré coupable d’organisation d’une manifestation non déclarée. La peine : 2 000 € d’amende, dont la moitié avec sursis. Le tribunal a également prononcé une interdiction de porter une arme pendant trois ans et refusé la non-inscription de la condamnation au casier judiciaire.
Le collectif AVA a réagi sur X :
Les faits : le 14 juin 2025 à Senlis
Le 14 juin 2025, la ville de Senlis organisait le défilé des 90 ans du musée de la vénerie. Un événement de référence pour les acteurs de la chasse à courre dans l’Oise. Ce jour-là, selon les éléments retenus par le tribunal, Broniszewski a mobilisé ses réseaux via des vidéos et des appels sur les réseaux sociaux pour organiser un rassemblement de militants anti-chasse non déclaré en préfecture, perturbant le déroulement du défilé.
C’est sur la base de ces faits que la Fédération des chasseurs de l’Oise, la Société de vénerie, l’Association des amis du musée de la vénerie et la Mairie de Senlis se sont constituées parties civiles. Le tribunal leur a accordé au total 6 600 € de dommages et intérêts, selon France 3 Hauts-de-France.
La réaction de Broniszewski : appel annoncé
Interrogé par France 3 après l’audience, Stanislas Broniszewski a indiqué qu’il ne serait pas surpris par le verdict. Il a annoncé faire appel du jugement. L’audience se tiendra à la cour d’appel d’Amiens, dont la date n’a pas encore été communiquée. Le collectif AVA a par ailleurs lancé une souscription pour financer ses futures actions judiciaires, notamment contre des violences liées à la chasse à courre, selon le site Actu.fr.
Contexte dans l’Oise
L’Oise est l’un des départements les plus concernés par la chasse à courre en France. La forêt de Compiègne, la forêt d’Halatte et les massifs environnants accueillent de nombreuses équipages. Le musée de la vénerie de Senlis, installé dans le château royal, est l’un des rares musées entièrement dédiés à cette pratique en Europe. Il constitue un symbole fort pour ses défenseurs.
Le collectif AVA a été fondé fin 2016 dans la région de Compiègne. Depuis plusieurs années, il multiplie les actions de terrain pour perturber ou documenter les chasses à courre dans l’Oise et les départements voisins, générant des tensions récurrentes avec les milieux veneurs. Ce type de contentieux judiciaire entre militants et acteurs de la vénerie est devenu plus fréquent ces dernières années. Senlis fait régulièrement l’actualité judiciaire de l’Oise.
Un débat qui dépasse le tribunal
La condamnation de Broniszewski s’inscrit dans un contexte de crispation nationale autour de la vénerie. Les partisans de l’abolition de la chasse à courre réclament une modification du code de l’environnement depuis plusieurs années, sans succès législatif à ce stade. Les défenseurs de la pratique, eux, s’appuient sur son caractère traditionnel et sa reconnaissance patrimoniale pour en assurer la pérennité. Des tensions comparables ont donné lieu à des mobilisations citoyennes dans d’autres villes sur des sujets de société distincts.
La procédure en appel à Amiens permettra de savoir si le jugement de Senlis est confirmé ou revu. La date de l’audience n’a pas été précisée par les parties.
Sources
- France 3 Hauts-de-France : Le militant anti-chasse à courre reconnu coupable par le tribunal de Senlis
- Actu.fr : Chasse à courre : un militant d'AVA condamné pour manifestation non déclarée dans l'Oise
- Oise Hebdo : Stanislas Broniszewski condamné à 2 000 € d'amende après la manifestation anti-chasse à courre de Senlis