Tavaux : l’usine Arkema adapte sa production aux normes européennes

Le site jurassien de 750 salariés s'inscrit dans la trajectoire de décarbonation du groupe Arkema, validée par le SBTi.

Tavaux : l'usine Arkema adapte sa production aux normes européennes
Illustration Anne Perrin / info.fr

L'usine chimique de Tavaux, dans le Jura, ajuste ses procédés de production pour répondre aux exigences environnementales européennes. Son propriétaire, Arkema, vise une réduction de 48,5 % de ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030.

Implantée à Tavaux depuis 1930, l’usine chimique du groupe Arkema emploie environ 750 personnes. Spécialisée dans la fabrication de polymères, elle figure parmi les sites industriels majeurs du Jura. Depuis plusieurs mois, ses procédés évoluent pour se conformer aux nouvelles normes environnementales européennes.

Des objectifs chiffrés et validés

Arkema a fait valider sa trajectoire climatique par le Science Based Targets initiative (SBTi). L’objectif : réduire de 48,5 % les émissions de gaz à effet de serre des scopes 1 et 2 d’ici 2030, par rapport au niveau de 2019. La cible pour le scope 3 est fixée à -54 %, selon le rapport annuel 2024 du groupe.

Les résultats 2024 montrent une progression. Les émissions scopes 1 et 2 d’Arkema ont atteint 2 145 kilotonnes de CO2 équivalent, contre 2 273 en 2023, soit une baisse de 5,6 %, toujours selon ce même rapport. Pour y parvenir, le groupe mise notamment sur l’utilisation de biométhane et l’optimisation des procédés. Un enveloppe de 400 millions d’euros est prévue pour la décarbonation de l’ensemble de ses sites d’ici 2030.

En janvier 2026, Arkema a conservé son score ‘A’ au CDP pour le Climate Change, selon l’annonce publiée par le groupe. Cette notation internationale évalue les efforts des entreprises en matière de transparence et de gestion des risques climatiques.

Un contexte national favorable

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Le site de Tavaux évolue dans un environnement réglementaire et financier qui pousse à l’accélération. En 2026, trente-deux contrats de transition écologique ont été signés dans le cadre du plan France 2030, ciblant les cinquante sites industriels français les plus émetteurs. Ces sites concentrent 55 % des émissions industrielles du pays. L’État y consacre 1,6 milliard d’euros d’aides publiques.

Par ailleurs, les matériaux biosourcés représentent désormais 10 % des revenus d’Arkema, une part qui contribue à l’allègement de l’empreinte carbone du groupe. Pour 2026, Arkema prévoit une légère croissance de son EBITDA à taux de change constants, avec des investissements globaux maintenus autour de 600 millions d’euros, selon les résultats annuels 2025 publiés en février 2026.

Aucune date précise d’inauguration ou de mise en service d’une installation spécifique à Tavaux n’a été communiquée à ce stade. Les adaptations s’inscrivent dans un cadre de projets structurants courant jusqu’en 2030.

Sources

Anne Perrin

Anne Perrin

Basée à Lons-le-Saunier, elle traite l'industrie du jouet, les tensions sur les forêts, l'agriculture comtoise et les débats sur les services publics ruraux. Formée à l'ESJ Lille, elle a commencé en agence. Ligne éditoriale : interroger les artisans, les forestiers, les élus, croiser les rapports de l'ONF avant de publier.

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