Tchernobyl 40 ans après : radioactivité persistante dans les Vosges, Alsace et Corse

L'ASNR confirme des niveaux de césium 137 plus élevés dans les sols et certaines denrées alimentaires des zones de rémanence élevée françaises.

Tchernobyl 40 ans après : radioactivité persistante dans les Vosges, Alsace et Corse
Illustration Marc Humbert / info.fr

Quarante ans après la catastrophe du 26 avril 1986, des régions françaises restent marquées par des niveaux de radioactivité supérieurs à la moyenne nationale. L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) l'a rappelé dans une note publiée le 23 avril 2026. Les Vosges, l'Alsace et l'est de la Corse figurent parmi les zones concernées.

Les retombées de Tchernobyl ne se lisent plus dans les manuels scolaires seulement. Dans les Vosges, l’Alsace et plusieurs autres régions françaises, elles s’observent encore dans les sols et dans l’assiette. L’ASNR parle de zones de rémanence élevée (ZRE) : des territoires où les concentrations de césium 137 et de strontium 90 restent supérieures à la moyenne nationale, selon la note officielle publiée pour le 40e anniversaire de la catastrophe.

Sols, lait, fromages et gibier dans le viseur

Dans ces ZRE, l’ASNR a constaté une présence de radioactivité plus élevée qu’ailleurs dans les sols, herbages et certaines denrées : lait, fromages, viande bovine. Les niveaux diminuent progressivement depuis plusieurs décennies - le césium 137 a une demi-vie de 30 ans - , mais restent mesurables et supérieurs au reste du territoire.

Le cas des denrées forestières est plus préoccupant. Selon France Info, les champignons et les viandes de gibier peuvent conserver des concentrations élevées de césium 137 pendant des années dans ces zones. Les seuils européens maximaux pour les aliments sont fixés à 370 Bq/kg : certains champignons prélevés dans les ZRE peuvent s’en approcher, selon le site Reporterre.

Les ZRE françaises ne se limitent pas au Grand Est. Selon Le Figaro, elles englobent aussi la vallée du Rhône, le Puy-de-Dôme, les Alpes-de-Haute-Provence et les Pyrénées-Atlantiques - territoires touchés à la fois par Tchernobyl et par les retombées des essais nucléaires atmosphériques menés entre 1945 et 1980. Pour en savoir plus sur la situation spécifique aux Vosges et à l’Alsace, voir notre article dédié à ces deux régions.

Pas d’alerte sanitaire, mais une surveillance maintenue

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L’exposition réelle des populations reste faible. Dans un rapport publié en 2025, l’ASNR évalue la dose efficace moyenne liée aux retombées de Tchernobyl à environ 1 microsievert par an pour un adulte vivant en ville - bien en dessous des seuils sanitaires réglementaires, selon Le Monde. Aucune mesure d’urgence n’a été annoncée pour 2026.

La contamination de l’air en France avait été maximale les 30 avril et 1er mai 1986, avec des retombées concentrées à l’est du pays, rappelle l’ASNR sur son site de référence. Quarante ans plus tard, la surveillance continue. L’autorité publie régulièrement des rapports de suivi, dont cette analyse ciblée sur les Vosges.

Sur le plan international, le site ukrainien de Tchernobyl fait par ailleurs l’objet d’importants travaux : 500 millions d’euros sont mobilisés pour réparer le dôme endommagé, fragilisé par des frappes de drones russes.

Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Correspondant à Épinal, suit la filière bois, les tensions sur les forêts, l'imagerie et les débats sur les services publics. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR vosgienne. Conviction : interroger les forestiers, les industriels du bois, les élus, vérifier les rapports de l'ONF avant de conclure.

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