Thiviers : 18 M€ investis pour moderniser l’abattoir et pérenniser 100 emplois
Inauguré le 5 juin 2026, le site de Thiviers sort de trois ans de chantier avec une nouvelle porcherie, des chaînes renovées et des aides publiques de plusieurs millions d'euros.
L'abattoir de Thiviers, en Dordogne, a été inauguré le 5 juin 2026 après 18 millions d'euros de travaux menés sur trois ans. Le site, repris en 2020 par le groupe T'Rhéa suite aux difficultés d'Arcadie, emploie une centaine de salariés et traite environ 16 000 tonnes par an.
L’essentiel
- 18 M€ investis sur trois ans (2022-2025) pour moderniser l’abattoir SAT de Thiviers, filiale du groupe T’Rhéa / Carnivor.
- Inauguration le 5 juin 2026 en présence d’Alain Rousset (Région Nouvelle-Aquitaine) et Germinal Peiro (Conseil départemental de la Dordogne).
- Aides publiques mobilisées : FranceAgriMer 2,9 M€, Région NA ~1,2 M€, Département de la Dordogne 292 474 €, CC Périgord-Limousin 25 000 €.
- Site multi-espèces : ~16 000 t/an, ~100 salariés, 66 M€ de chiffre d’affaires.
Trois ans de chantier sans arrêt de production
Trois ans. C’est le temps qu’il a fallu pour transformer le site SAT de Thiviers tout en maintenant l’activité. Les travaux ont débuté en 2022 et se sont achevés en 2025. L’inauguration officielle a eu lieu le 5 juin 2026, selon France Bleu Périgord et le site ici.fr.
Le chantier a porté sur les chaînes d’abattage bœuf et porc, l’atelier triperie, l’atelier peaux et la construction d’une porcherie neuve de 700 places. Travailler en site actif a contraint les équipes à séquencer les interventions. Aucune interruption de production n’a été signalée par la direction.
France 3 Périgords a relayé l’enjeu central de cet investissement :
T’Rhéa reprend la main après les difficultés d’Arcadie
L’histoire récente du site est marquée par une reprise en urgence. En 2020, le groupe T’Rhéa, via sa filiale Carnivor, rachète l’abattoir après les difficultés financières du précédent exploitant, Arcadie. L’outil risquait la fermeture.
Depuis, la structure tourne à environ 16 000 tonnes par an, avec une centaine de salariés et un chiffre d’affaires déclaré de 66 millions d’euros. Le site traite plusieurs espèces, ce qui le distingue de nombreux abattoirs mono-filière de la région.
Ce type de reprise reste rare. Dans un secteur où les tensions économiques pèsent sur les territoires ruraux de Dordogne, maintenir un abattoir opérationnel représente un enjeu d’approvisionnement local direct pour les éleveurs.
Le financement : privé à 85 %, public en complément
Sur les 18 millions investis, la part publique représente une fraction significative mais minoritaire. FranceAgriMer a apporté 2,9 millions d’euros. La Région Nouvelle-Aquitaine a contribué à hauteur d’environ 1,2 million d’euros (FEADER inclus). Le Conseil départemental de la Dordogne a versé 292 474 euros, répartis entre une aide à l’investissement agroalimentaire (250 000 €) et une participation à la réhabilitation de friche (42 000 €). La communauté de communes Périgord-Limousin a complété avec 25 000 euros.
Le reste - soit l’essentiel - provient des fonds propres et de l’endettement du groupe T’Rhéa. La direction n’a pas détaillé publiquement la structure financière précise du projet.
Contexte dans la Dordogne
La Dordogne compte une tradition d’élevage bovins-viande ancrée dans son économie agricole. Les abattoirs y jouent un rôle de maillon critique entre producteurs et circuits de distribution. Plusieurs sites équivalents en Nouvelle-Aquitaine ont subi des fermetures ou des procédures collectives ces dernières années, selon les données sectorielles relayées par Réussir Bovins Viande.
Dans ce contexte, l’abattoir de Thiviers, bourgade de moins de 3 500 habitants au nord du département, constitue un employeur significatif. Ses 100 postes et ses 66 millions d’euros de chiffre d’affaires en font un acteur hors norme pour une commune de cette taille. La préfecture de la Dordogne, Périgueux, est distante d’une quarantaine de kilomètres.
Germinal Peiro, président du Conseil départemental, était présent à l’inauguration du 5 juin. Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, avait également fait le déplacement, signe de l’intérêt institutionnel pour le dossier.
Une controverse protocolaire en marge de l’inauguration
L’événement n’a pas été exempt de friction. La députée Florence Joubert a signalé sur X une controverse d’ordre protocolaire lors de la cérémonie du 5 juin. Elle n’a pas précisé la nature exacte du différend dans son message public.
La direction de T’Rhéa et les services du Conseil régional n’avaient pas répondu à cette mise en cause au moment de la publication de cet article.
Un secteur sous pression nationale
L’abattoir de Thiviers n’est pas un cas isolé dans ses difficultés passées. En France, le nombre d’abattoirs a fortement diminué depuis les années 1990, sous l’effet des normes sanitaires, du coût du travail et de la concentration industrielle. Plusieurs fermetures ont eu lieu en Nouvelle-Aquitaine ces dernières années. L’investissement de 18 millions d’euros à Thiviers s’inscrit dans une logique inverse : consolider un outil existant plutôt que construire ex nihilo.
La modernisation des chaînes doit permettre d’améliorer les cadences et les conditions de travail, sans que des objectifs chiffrés de production supplémentaire n’aient été annoncés publiquement par la direction à ce stade.
Les prochains mois permettront de mesurer si la montée en puissance de la nouvelle porcherie 700 places se traduit par un renforcement du volume traité sur site.
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Sources
- Réussir Bovins Viande : Dordogne : 18 millions d'investissement pour la modernisation de l'abattoir de Thiviers
- ici.fr / France Bleu : 18 millions d'euros d'investissements pour rénover l'abattoir de Thiviers et éviter sa fermeture
- France 3 Périgords (X) : Tweet France 3 Périgords sur l'abattoir de Thiviers
- Florence Joubert, députée (X) : Tweet Florence Joubert sur la controverse protocolaire à l'inauguration