Tingyapéo : le covoiturage s’organise dans les zones rurales de Mayotte

Le village de Chiconi intégré au futur réseau interurbain M'Safara, dont le lancement est prévu en mai 2026.

Tingyapéo : le covoiturage s'organise dans les zones rurales de Mayotte
Illustration Ahamada Abdallah / info.fr

À Tingyapéo, village rural de Chiconi, un réseau de covoiturage structuré se met en place. Il s'inscrit dans le Plan Global de Transports et Déplacements adopté en 2021, qui vise à réduire la part du véhicule individuel à Mayotte, aujourd'hui à 70 % des déplacements.

Tingyapéo n’est pas desservi par les grands axes. Ce village du centre-ouest de Mayotte, rattaché à la commune de Chiconi, concentre les difficultés de mobilité que connaissent la plupart des zones rurales de l’île : croissance démographique rapide, routes encombrées, peu d’alternatives à la voiture personnelle. Selon le site mayotte-bum.fr, ces défis sont directement liés à l’urbanisation non planifiée de ces dernières décennies.

Un cadre posé depuis 2021

Le Plan Global de Transports et Déplacements (PGTD), adopté en 2021 par les autorités mahoraises, fixe une trajectoire sur quinze ans. L’objectif : développer les transports collectifs et les modes actifs pour réduire la congestion. Le budget consacré aux transports collectifs représente une hausse de plus de 200 % par rapport aux investissements de 2015, selon le site mayotte-bum.fr.

Le covoiturage s’y inscrit comme un levier complémentaire. L’application GariCo’ Mayotte, lancée en 2021 et mise à jour en 2025, permet déjà de mettre en relation conducteurs et passagers sur l’île, avec une participation financière modeste. Elle cible particulièrement les zones rurales comme Tingyapéo.

M’Safara : le réseau interurbain arrive en mai

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En novembre 2025, l’Assemblée de Mayotte a délibéré pour définir le périmètre du réseau interurbain baptisé M’Safara. Ce réseau, qui intègre des options de covoiturage, doit desservir des villages ruraux dont Tingyapéo. Une mise en service progressive a débuté en mars 2026, selon Mayotte Hebdo.

Le coup d’envoi officiel est attendu en mai 2026, avec une intégration dans les pôles multimodaux prévue jusqu’en 2027. Une consultation publique sur l’identité du réseau s’est close le 7 février 2026, selon le site consultation.mayotte.fr.

« La question des mobilités a été un défi majeur pour Mayotte, lié à la croissance démographique et aux besoins croissants de déplacement entre nos communes », a déclaré Ali Omar, président de l’Assemblée de Mayotte, lors de la validation du projet en mars 2026, rapporte Mayotte Hebdo.

Des précédents qui tracent la voie

Ce n’est pas la première tentative. Dès 2018, une plateforme informelle de covoiturage avait été testée à Mayotte, avec une petite participation demandée aux usagers, selon La 1ère. L’objectif était déjà de formaliser le « taxi-brousse » clandestin, pratique courante dans les zones rurales.

Plus récemment, le projet Caribus - un busway urbain porté par la CADEMA autour de Mamoudzou-Dembéni - a démarré ses premiers trajets le 12 mai 2025. Son budget total atteint 245 millions d’euros, financé à 68 % par les fonds européens FEDER et React EU, selon le site touteleurope.eu. Des aires de covoiturage y sont intégrées dans les pôles d’échanges multimodaux.

Prochaine étape : le lancement officiel du réseau M’Safara est prévu dans le courant du mois de mai 2026, avec une montée en charge progressive des services de covoiturage structuré jusqu’en 2027.

Sources

Ahamada Abdallah

Ahamada Abdallah

Correspondant à Mamoudzou, suit les tensions sur l'immigration comorienne, les débats sur la départementalisation, les projets hospitaliers et les infrastructures. Formé à l'IUT info-com de La Réunion, il a grandi à Mayotte. Posture éditoriale : interroger les élus, les associations, les préfets, croiser les rapports de l'INSEE avant de publier.

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