Trump à Davos : 25% de droits de douane contre huit alliés européens
Le président américain menace le Danemark et sept pays européens de taxes massives pour leur refus de céder le Groenland
Après un retard de deux heures causé par un problème électrique sur Air Force One, Donald Trump a atterri mercredi 21 janvier à Zurich avant de rejoindre Davos en hélicoptère. Face aux élites économiques mondiales réunies au Forum économique mondial, le président américain a prononcé un discours offensif, affirmant que "l'Europe ne va pas dans la bonne direction" et menaçant d'imposer des droits de douane allant jusqu'à 25% à huit pays européens qui soutiennent le Danemark dans le dossier du Groenland. Cette visite, sa première à Davos depuis 2020, intervient dans un contexte de tensions transatlantiques sans précédent.
- Donald Trump est arrivé à Davos avec deux heures de retard le 21 janvier après un problème électrique sur Air Force One qui l'a contraint à changer d'avion
- Le président américain menace d'imposer des droits de douane de 10% dès février, atteignant 25% en juin, contre huit pays européens soutenant le Danemark sur le dossier du Groenland
- Trump a déclaré que "l'Europe ne va pas dans la bonne direction" et que certains pays comme la France sont "méconnaissables" à cause de l'immigration
- La France a demandé l'organisation d'un exercice de l'OTAN au Groenland en réponse aux menaces américaines, marquant une escalade diplomatique inédite
- Emmanuel Macron a appelé à ne pas se soumettre à "la loi du plus fort" tandis que l'Europe brandit la menace de représailles commerciales
À 14 heures précises ce mercredi, l’hélicoptère présidentiel américain s’est posé sur l’héliport de Davos sous les regards de centaines de curieux et d’un dispositif de sécurité sans précédent. Selon la Radio Télévision Suisse, jamais le Forum économique mondial n’avait connu une telle affluence pour un discours. Donald Trump arrivait avec près de trois heures de retard, après qu’un problème électrique mineur à bord d’Air Force One l’ait contraint à faire demi-tour 30 minutes après le décollage de Washington et à changer d’appareil.
Un discours qui fracture l’alliance transatlantique
« Je suis heureux d’être là pour parler devant de nombreux amis, et quelques ennemis aussi », a lancé Trump en ouverture de son intervention, déclenchant une ovation d’un public debout, téléphone à la main. Comme le rapporte RTL, le président américain a rapidement durci le ton, affirmant que « les États-Unis sont le moteur de l’économie mondiale » avant d’asséner que « l’Europe ne va pas dans la bonne direction ».
Le locataire de la Maison Blanche n’a pas hésité à cibler nommément certains pays européens. « Certains endroits en Europe sont méconnaissables, comme en France », a-t-il déclaré, dénonçant selon La Croix « les capitales européennes qui ont laissé l’immigration illégale massive entrer ». Pour Trump, le Vieux continent voit son « potentiel gâché » par l’immigration et la délocalisation industrielle.
« La mondialisation a échoué pour l’Occident et les États-Unis. C’est une politique qui a échoué », avait prévenu mardi le secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick devant un panel de Davos, selon L’Actualité.
L’escalade sur le Groenland atteint un point critique
La véritable bombe diplomatique est tombée avant même le départ de Trump pour la Suisse. Le président américain a menacé d’imposer des droits de douane débutant à 10% dès le mois prochain pour atteindre 25% en juin contre huit pays européens soutenant le Danemark dans son refus de céder le Groenland. D’après Le Dauphiné Libéré, cette menace vise directement des alliés de l’OTAN, une première dans l’histoire de l’alliance transatlantique.
« Ce sera un voyage intéressant », avait confié Trump aux journalistes mardi soir en quittant la Maison-Blanche. « Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer, mais vous êtes bien représentés. » Interrogé sur les limites qu’il était prêt à franchir pour s’emparer du Groenland, territoire autonome danois riche en minerais stratégiques, il a simplement répondu : « Vous verrez bien ».
Dans un texto révélé par L’Actualité et qui a circulé cette semaine parmi les responsables européens, Trump a même lié sa position agressive sur le Groenland à la décision de ne pas lui attribuer le prix Nobel de la paix l’an dernier. Dans ce message au premier ministre norvégien Jonas Gahr Støre, il a déclaré ne plus se sentir « tenu de penser uniquement à la paix ».
L’Europe se mobilise et brandit la menace de représailles
Face à cette offensive américaine, la réaction européenne ne s’est pas fait attendre. Le président français Emmanuel Macron, intervenant au forum avant l’arrivée de Trump, a lancé un avertissement solennel sans nommer directement son homologue américain. « Il est clair que nous entrons dans une période d’instabilité et de déséquilibres, tant du point de vue de la sécurité et de la défense que du point de vue économique », a-t-il déclaré, exhortant ses homologues à refuser de se soumettre à « la loi du plus fort ».
L’Élysée a franchi un cap symbolique mercredi matin en annonçant que la France demandait l’organisation d’un exercice de l’OTAN au Groenland et se déclarait prête à y contribuer. Le ministre espagnol de l’Économie Carlos Cuerpo a de son côté prôné « la fermeté » et « l’unité » face à Trump, évoquant selon RTL « la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale » du Groenland.
« L’Union européenne et les États-Unis ont conclu un accord commercial en juillet dernier. En politique comme en affaires, un accord est un accord. Et quand des amis se serrent la main, cela doit avoir une signification », a rappelé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à Davos, selon L’Actualité.
Un bilan économique contesté et des marchés nerveux
Dans son discours, Trump s’est largement félicité du bilan de sa première année de second mandat. « Il y a un an, nous étions le pays le plus mort du monde. Aujourd’hui, les États-Unis vont avoir deux fois plus de croissance que ce que le FMI avait prévu », a-t-il affirmé. Le président américain prétend que la croissance passerait de 1,6% à 4%, évoquant selon La Croix « une croissance inattendue, comme personne ne l’a vu dans l’histoire ».
Pourtant, Wall Street a connu des fluctuations mardi, les investisseurs évaluant nerveusement les nouvelles menaces tarifaires et l’escalade des tensions avec les alliés européens. Comme l’analyse Antoine Silacci, chef de la rubrique internationale TV à la RTS : « C’est un moment de tension que le WEF, le monde et les relations transatlantiques n’ont jamais connu. Nous avons le président de la plus grande puissance mondiale, garant depuis 1945 de la sécurité européenne et pilier de l’OTAN, qui menace ouvertement d’annexer un territoire d’un de ses plus vieux et fidèles alliés. »
Davos comme théâtre d’un nouveau rapport de force mondial
Au-delà des tensions européennes, Trump a utilisé la tribune de Davos pour redéfinir la vision américaine de la mondialisation. Fustigeant la « misère » qui existait sous l’ère Biden, il a vanté ses politiques protectionnistes et sa fermeture des frontières. « Quelques décennies en arrière, les capitales européennes ont laissé l’immigration illégale massive, les industries sont parties », a-t-il martelé devant un parterre de dirigeants politiques et économiques médusés.
Le président américain a également évoqué le Venezuela, saluant « la coopération qu’il y a eu après l’attaque », référence à l’intervention américaine dans le pays début janvier. « C’est exactement cet exemple que les autres pays devraient suivre », a-t-il ajouté, dessinant les contours d’une diplomatie américaine de plus en plus unilatérale.
Cette visite à Davos, la première depuis 2020, marque un tournant dans les relations transatlantiques. Entre menaces tarifaires, convoitises territoriales et remise en cause de l’ordre mondial établi depuis 1945, Donald Trump redéfinit les règles du jeu diplomatique. Les prochaines semaines diront si l’Europe saura maintenir son unité face à cette offensive américaine sans précédent, ou si les fissures apparaîtront dans un bloc occidental déjà fragilisé par les crises successives. La menace des droits de douane à 25% prévue pour juin constitue désormais une échéance cruciale pour l’avenir des relations commerciales entre les deux rives de l’Atlantique.
Sources
- L'Actualité (21 janvier 2026)
- RTL.fr (21 janvier 2026)
- RTS.ch (21 janvier 2026)
- Le Dauphiné Libéré (21 janvier 2026)
- La Croix (21 janvier 2026)
- France Info (21 janvier 2026)