Trump ordonne de couper le commerce avec l’Espagne

A Ankara, le president americain a demande a son secretaire au Tresor de cesser tout echange avec Madrid

Trump ordonne de couper le commerce avec l'Espagne
Illustration Clara Moreno / info.fr

Reuni au sommet de l'OTAN a Ankara le 8 juillet 2026, Donald Trump a ordonne a Scott Bessent de couper le commerce avec l'Espagne, qu'il juge trop peu engagee dans la defense de l'Alliance.

L’essentiel

  • Fait 1 : Le 8 juillet 2026 a Ankara, Donald Trump a ordonne a son secretaire au Tresor Scott Bessent de couper immediatement tout commerce avec l’Espagne.
  • Fait 2 : Trump reproche a Madrid son refus de viser 5 % du PIB pour la defense d’ici 2035 et son refus d’ouvrir bases et espace aerien contre l’Iran.
  • Fait 3 : C’est la deuxieme fois que Trump donne cet ordre a Bessent, une premiere directive similaire ayant ete formulee en mars 2026 sans effet direct, selon Japan Today.
  • Fait 4 : Le Premier ministre Pedro Sanchez repond que la politique commerciale releve de la seule competence de l’Union europeenne.
  • Fait 5 : Le secretaire general de l’OTAN Mark Rutte a rappele que l’Espagne a porte ses depenses de defense a 2 % de son PIB l’an dernier.

La scene s’est jouee en marge du sommet de l’OTAN, a Ankara, le 8 juillet 2026. Donald Trump s’en est pris publiquement a l’Espagne, la qualifiant de « terrible partenaire » et de « cause perdue » au sein de l’Alliance atlantique. Sa phrase, rapportee par Reuters, ne laissait aucune place a l’ambiguite : « Coupez tout commerce avec l’Espagne, y compris les visites. » L’ordre visait directement Scott Bessent, son secretaire au Tresor.

Le club a reagi sur X, ou la sequence a rapidement circule parmi les correspondants presents au sommet :

Ce qui s’est passe a Ankara

Selon Reuters, l’annonce est intervenue en pleine reunion des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN. Deux griefs cristallisent la colere du president americain. D’abord, le refus espagnol d’ouvrir son espace aerien et ses bases militaires a des operations americaines visant l’Iran, un point que Reuters presente comme le declencheur immediat de la sortie de Trump. Ensuite, le refus de Madrid de s’engager sur le nouvel objectif de l’Alliance : consacrer 5 % du PIB a la defense d’ici 2035, une cible evoquee par Politico.

Time rappelle que Trump avait deja utilise ce registre par le passe envers des allies juges trop peu depensiers en matiere militaire. Cette fois, la sanction evoquee n’est plus seulement rhetorique. D’apres Reuters, l’administration americaine etudierait une liste de produits espagnols susceptibles d’etre cibles par un embargo, en s’appuyant sur la loi IEEPA, qui encadre les pouvoirs presidentiels en matiere d’urgence economique internationale.

Une premiere directive restee sans suite

Ce n’est pas la premiere fois que Donald Trump donne cet ordre a Scott Bessent. Selon Japan Today, une directive similaire avait deja ete formulee en mars 2026, sans traduction concrete a ce jour. La repetition de la menace, quelques mois plus tard et sur un ton plus dur, marque toutefois un changement de registre : cette fois, l’ordre a ete donne publiquement, lors d’un sommet international, devant les autres allies de l’OTAN.

Les marches espagnols deja touches

Les consequences se sont fait sentir sans attendre une decision formelle. Des le 8 juillet, les actions et les obligations espagnoles ont enregistre les effets de l’annonce, avant meme qu’un quelconque texte juridique ne soit publie. Pour un investisseur ou une entreprise francaise exposee au marche iberique, ce type de reaction immediate illustre la sensibilite des places financieres a la parole presidentielle americaine, independamment de sa mise en oeuvre reelle.

La reponse de Pedro Sanchez

Le gouvernement espagnol a choisi la voie de l’apaisement institutionnel plutot que de la confrontation directe. Selon Georgia Today, le Premier ministre Pedro Sanchez a rappele que la politique commerciale exterieure n’est pas une prerogative nationale, mais une competence exclusive de l’Union europeenne. Concretement, Madrid ne peut pas negocier seule un accord ou une sanction commerciale avec Washington : toute mesure de retorsion, ou toute negociation, passerait necessairement par Bruxelles.

Sanchez a par ailleurs defendu le bilan espagnol au sein de l’OTAN, affirmant que le pays remplit ses engagements sans sacrifier son Etat-providence. Cette position est corroboree par le secretaire general de l’Alliance, Mark Rutte, qui a tente de desamorcer la crise en soulignant, selon Reuters, que l’Espagne avait porte ses depenses de defense a 2 % de son PIB l’annee derniere, un seuil longtemps considere comme la reference minimale au sein de l’Alliance.

Contexte dans l’OTAN et l’Union europeenne

Cette passe d’armes s’inscrit dans un debat plus large qui traverse l’Alliance depuis plusieurs annees : celui du partage du fardeau financier entre allies. La cible historique de 2 % du PIB, deja consideree comme ambitieuse par plusieurs Etats membres il y a une decennie, est aujourd’hui depassee par une nouvelle exigence americaine fixee a 5 % d’ici 2035, selon Politico. L’Espagne n’est pas le seul pays a temoiser sur ce point, mais elle se retrouve visee frontalement par le president americain, qui a fait de la pression budgetaire sur les allies l’un des marqueurs recurrents de sa politique etrangere.

Pour un lecteur francais, la situation eclaire aussi les limites de la marge de manoeuvre nationale face a une menace commerciale americaine : comme l’Espagne, la France ne negocie pas seule ses relations commerciales avec Washington, la competence appartenant a la Commission europeenne. Un embargo cible contre Madrid, si Bessent devait effectivement l’appliquer, poserait donc une question institutionnelle a l’ensemble des Vingt-Sept, et pas uniquement a l’Espagne.

Une application juridiquement incertaine

Sur le plan strictement juridique, la portee reelle de l’ordre presidentiel reste floue. La loi IEEPA permet au president americain d’agir unilateralement sur certains flux commerciaux en cas d’urgence economique declaree, mais son usage contre un allie de l’OTAN et membre de l’Union europeenne constituerait un precedent inedit. Reuters note que l’administration en est encore au stade de l’etude d’une liste de produits vises, sans annonce de mesures concretes a ce jour.

Du cote europeen, aucune reaction officielle de la Commission n’a ete rapportee dans les sources disponibles a ce stade. La question de savoir si Bruxelles serait amenee a repondre, en tant qu’autorite commerciale competente, reste ouverte.

Prochaine etape : les prochains jours diront si l’ordre de Trump se traduit par une liste officielle de sanctions commerciales, ou s’il reste, comme en mars 2026, une declaration sans suite concrete.

Clara
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Sources

Clara Moreno

Clara Moreno

Clara Moreno est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondante à Madrid. basée sur place, Elle couvre l'actualité de l'Espagne pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Elle pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et...

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