Tunisie : grève générale des taxis et louages lundi, la mobilité à l’arrêt

Faute de revalorisation tarifaire promise, tout le transport public non régulier cesse le travail lundi de 5h à 21h

Tunisie : grève générale des taxis et louages lundi, la mobilité à l'arrêt
Illustration Sami Gharbi / info.fr

Taxis, taxis collectifs, louages et transport rural l'ensemble du secteur du transport non régulié tunisien observera une grève nationale lundi 13 juillet 2026. Les professionnels dénoncent des promesses ministérielles non tenues, en pleine saison touristique.

L’essentiel

  • Date et horaires : grève nationale le lundi 13 juillet 2026 de 5h00 à 21h00
  • Secteurs concernés : taxis individuels, collectifs, touristiques, louages interrégionaux et transport rural
  • Motif : non-respect par le ministère d’un engagement écrit de juin 2026 sur la révision des tarifs
  • Échéance ignorée : l’apurement des dossiers administratifs promis pour le 31 août 2026
  • Confirmation : Moez Salami, vice-président de la Fédération nationale du transport (UTICA), a maintenu l’appel le samedi 11 juillet 2026

À Tunis comme dans les régions, l’annonce a circulé toute la semaine sur les réseaux et dans les médias locaux : lundi 13 juillet 2026, de 5h00 à 21h00, l’ensemble des chambres syndicales du transport public non régulier de personnes cesse le travail. Taxis individuels, taxis collectifs, taxis touristiques, louages qui assurent les liaisons entre régions, et transport rural sont tous appelés à s’arrêter, selon La Presse de Tunisie et Webdo.tn.

La décision a été actée lors d’une convention des présidents de chambres syndicales, réunis au siège de l’UTICA sous l’égide de la Fédération nationale du transport. Le vice-président de cette fédération, Moez Salami, a confirmé le maintien du mouvement samedi 11 juillet, écartant tout report de dernière minute, rapporte la Radio Nationale tunisienne.

Ce qui s’est passé

Le mouvement n’est pas une surprise totale. Un protocole d’accord écrit avait déjà permis, quelques semaines plus tôt, de suspendre un précédent appel à la grève. Ce texte engageait le ministère de tutelle sur deux points précis : une révision à la hausse de la tarification des courses au cours du mois de juin 2026, et l’apurement de l’ensemble des dossiers administratifs en suspens avant le 31 août 2026, selon La Presse de Tunisie.

Pour les professionnels du secteur, ni l’un ni l’autre de ces engagements n’a été tenu dans les délais. C’est ce décalage entre la parole donnée et son application qui a fait basculer les chambres syndicales vers un nouvel appel à la grève, cette fois sans condition de suspension.

Pourquoi les tarifs sont au cœur du conflit

La revendication centrale porte sur la tarification des courses, jugée obsolète par les chauffeurs face à la hausse de leurs charges. Business News rappelle que la révision des tarifs est présentée par les professionnels du secteur comme un impératif, pas une simple demande d’ajustement. C’est ce point précis qui avait justifié l’engagement écrit du ministère en juin, engagement que les syndicats jugent aujourd’hui non honoré.

À cela s’ajoute le dossier administratif : renouvellements de licences, régularisations diverses, dont le traitement traînerait selon les chambres syndicales, malgré l’échéance du 31 août fixée dans l’accord initial.

Consigne claire aux propriétaires de licences

L’UTICA a diffusé une consigne sans ambiguïté : les propriétaires de licences sont exhortés à laisser leurs véhicules au garage lundi, afin d’éviter d’être considérés comme des briseurs de grève, selon des informations relayées par Maglor.fr. Cette formulation, courante dans les mouvements sociaux tunisiens, vise à garantir une adhésion la plus large possible et à dissuader toute reprise isolée de l’activité durant la journée de grève.

Un impact attendu en pleine saison estivale

Le timing n’est pas anodin. La grève tombe en pleine saison touristique, période où les louages et les taxis assurent une part importante des déplacements entre les régions côtières, l’intérieur du pays et les aéroports. Webdo.tn souligne que le mouvement risque de fortement perturber les déplacements de la population locale, mais aussi ceux de la diaspora tunisienne, nombreuse à rentrer au pays durant l’été pour les vacances.

Radio Express FM a également relayé l’appel à cette grève générale dans le secteur du transport public non régulié, confirmant la mobilisation à l’échelle nationale et non limitée à Tunis ou aux grandes villes.

Contexte dans le paysage social tunisien

Le secteur du transport non régulié occupe une place particulière dans l’économie tunisienne : il emploie un nombre important de chauffeurs indépendants, souvent propriétaires de leur licence, et constitue pour beaucoup de familles une source de revenu directe, sensible à la moindre variation du prix du carburant ou des charges d’entretien. Les mouvements de grève dans ce secteur ne sont pas rares en Tunisie ces dernières années, la Fédération nationale du transport ayant déjà négocié à plusieurs reprises avec le ministère de tutelle sur la question tarifaire.

Pour un lecteur français, cette grève rappelle par certains aspects les mobilisations de taxis ou de VTC observées en France ou ailleurs en Europe autour de la question tarifaire, à ceci près qu’en Tunisie, le poids économique du tourisme rend ces arrêts de travail particulièrement sensibles en période estivale, un peu comme les tensions autour de la mobilité qui touchent d’autres pays du bassin méditerranéen en cette même saison, à l’image du Portugal confronté à sa propre crise estivale.

Prochaine étape

La grève est fixée au lundi 13 juillet 2026, de 5h00 à 21h00. Aucune reprise de négociation n’a été annoncée à ce stade par les sources consultées ; la suite dépendra de la réponse, ou de l’absence de réponse, du ministère de tutelle dans les jours suivant le mouvement.

Sami
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Sources

Sami Gharbi

Sami Gharbi

Sami Gharbi est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Tunis. basé sur place, Il couvre l'actualité de la Tunisie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays,...

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